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Full text of "Choffat P. 1879 Esquisse Du Callovien Et De L' Oxfordien Dans Le Jura Occidental Et Méridional"

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MÉMOIRES 

DE LA 



SOCIÉTÉ D'ÉMULATION 

DU DOUBS 

CINQUIÈME SÉRIE 

TROISIÈME VOLUME 



1878 




BESANÇON 

IMPRIMERIE DODIVERS ET C ie , 
Grande- Rue. 87. 



1879 



ÉTUDES GÉOLOGIQUES SUR LA CHAINE DU JURA 



ESQUISSE 

DU 

CALL0V1EN ET DE L'OXFORDIEN 

DANS LE JURA OCCIDENTAL ET LE JURA MÉRIDIONAL 

SUIVIE D'UxN supplément 

AUX COUCHES A AMMONITES ACANTHICUS DANS LE JURA OCCIDENTAL 

PAR 

M. Paijl CHOFFAT 



(avec une carte et un profil géologique) 



Séance du 9 février 1878. 



INTRODUCTION 



La chaîne du Jura s'étend de Dielsdorf , dans le canton de 
Zurich, à Voreppe près de Grenoble. Elle a pour limites na- 
turelles : au nord et à l'est, la plaine suisse et son prolonge- 
ment par Saint-Julien, Rumilly, Ghambéry, Saint-Laurent- 
du-Pont et Voreppe (0; à l'ouest, les Dombes et la Bresse; 
au nord-ouest, une ligne facultative traversant les collines de 
la Haute-Saône, et au nord le pied des Vosges et de la Forêt- 
Noire. 

Thurmann l'a divisée en quatre régions : Jura oriental, 
limité à l'ouest par une ligne Ferrette-Soleure ; Jura central, 
depuis cette ligne à la ligne Yverdon- Besançon ; Jura occi- 
dental , jusqu'à la ligne Perte-du-Rhône-Bourg-en-Bresse; et 
Jura méridional, au sud de cette ligne. 

M. Marcou a proposé une division basée sur la constitution 
géologique. Il trace une ligne passant approximativement par 
Bourg, Ghampagnole , Saint-Imier, Soleure et Ferrette. Ge 
qui est au nord-ouest de cette ligne forme sa région franc- 
comtoise, ce qui est à Test sa région argovienne, et ce qui est 
au sud-est sa région vaudoise. 

On devrait s'attendre à ce que les géologues aient étudié 
les rapports qui existent entre la région franc-comtoise et la 
région vaudoise avant de pouvoir paralléliser les strates des 



(1) Lory, Description géologique du Dauphiné, II e partie, 1861, 

6 



— 82 — 

environs de Besançon avec celles des contreforts des Alpes. 
Les discussions qui depuis dix ans agitent ce sujet font toutes 
voir qu'elles pèchent par la base : la connaissance du Jura. 
En parcourant ces nombreux écrits, on est involontairement 
amené à se dire que la tendance générale est d'atteindre le 
but sans parcourir la distance qui en sépare. 

Ce n'est que par un grand nombre de monographies locales 
que l'on pourra arriver à une connaissance approfondie du 
Jura. Il faut pour cela des observateurs locaux, mettant à 
part tout ce qui s'éloigne du point pris pour centre et surtout 
séparant rigoureusement les observations des comparaisons 
et des déductions. Ce n'est que par de pareilles monographies 
que l'on pourra établir la paléontostatique du Jura , cette 
grande œuvre entrevue par Thurmann et Etallon, prélimi- 
naire à la reconstitution de la physionomie du sol du Jura 
aux différents moments de sa formation. 

La présente notice n'a pas la prétention de remplacer ces 
études locales, mais au contraire d'en faire ressortir la néces- 
sité. Ce n'est qu'une esquisse faite à gros traits et contenant 
bien des lacunes; j'espère pourtant qu'elle sera de quelque 
utilité aux observateurs locaux et qu'ils apporteront les com- 
pléments et les rectifications que leurs recherches rendront 
nécessaires. 



Dans le Jura, les terrains jurassiques présentent deux faciès 
principaux qui ont reçu le nom de faciès anglo- français ou sep- 
tentrional et de faciès méditerranéen ou méridional. Ces ex- 
pressions ne sont pas d'une clarté suffisante ; car elles n'in- 
diquent pas un type que l'on puisse étudier avec certitude; 
les deux faciès se trouvent en partie dans le bassin anglo- 
français, le faciès méridional est principalement développé 
dans le Jura argovien, et le nom de faciès méditerranéen est 
plus particulièrement appliqué au faciès alpin. J'emploierai 
les expressions dont s'est servi Gressly, lorsqu'il donna la 



- 83 - 

première description des faciès géologiques (i) : faciès franc- 
comtois et faciès argovien. 

La limite entre les deux faciès varie pour chaque étage; le 
type du faciès franc-comtois se trouvera pourtant toujours de 
la Haute-Saône jusqu'à Porrentruy; la partie sud-est de la 
Franche-Comté appartient par contre généralement au faciès 
argovien. 

Le faciès argovien a son type dans le canton d'Argovie. Il 
comprendra en général non-seulement le Jura oriental, mais 
de plus, pour certains étages, s'étendra dans la région vau- 
doise. Les terrains jurassiques supérieurs de cette dernière 
contrée présentent en outre des faciès qui ne se trouvent pas 
en Argovie ; lorsque j'aurai à m'en occuper, je proposerai la 
désignation de faciès bugésien. 

Je n'ai, en général, donné que peu de mots sur le faciès 
franc-comtois; des études détaillées seraient fort désirables, 
mais la place que je puis lui réserver dans cette esquisse ne 
me permet pas d'ajouter beaucoup à ce qui est déjà connu. 

La chaîne du Jura affectant plus ou moins la forme d'un 
croissant dont le côté concave est tourné vers les Alpes, on 
peut parler d'un côté interne et d'un côte externe. Les lignes 
indiquant la limite des différents faciès étant en général plus 
ou moins parallèles au côté concave de la chaîne, l'aire occu- 
pée par chaque faciès pourra aussi être partagée en une partie 
interne et une partie externe, et au besoin une partie médiane, 
c'est-à-dire en bandes dont l'une sera plus ou moins rappro- 
chée de la limite interne de la chaîne, dont l'autre en sera 
plus éloignée et dont la troisième sera située entre les deux. 

J'ai apporté le plus grand soin dans l'étude de la synonymie 
stratigraphique ; en outre des ouvrages traitant la partie du 
Jura dont je m'occupe, j'y ai fait entrer les principales des- 
criptions du reste du Jura et les ouvrages ayant une valeur 



(1) Observations géologiques sur le Jura soleurois. (Mém. de la Soc. 
helvét. des sciences natureltes f 1838.) 



— 84 - 

particulière au point de vue des discussions de parallélisme. 
Les premiers sont imprimés en capitales. 

La confusion qui règne dans cette synonymie constitue une 
des grandes difficultés de la stratigraphie. On craint généra- 
lement de créer de nouveaux noms, et il n'est du reste pas 
facile de trouver une bonne dénomination. Dès qu'un pareil 
terme est employé avec succès par un auteur, d'autres géo- 
logues s'empressent de s'en servir pour désigner une couche 
plus ou moins analogue, soit dans son aspect, soit dans sa 
position stratigraphique. Do précis, ce terme sera devenu in- 
certain, souvent même un tel sujet de confusion qu'il devien- 
dra nécessaire de lui en substituer un autre. 

Je me suis servi des noms existants, chaque fois qu'ils ne 
prêtent pas matière à une fausse interprétation : les uns sont 
tirés de localités types, d'autres de fossiles, d'autres enfin des 
caractères pétrographiques. Il est certes fort regrettable que 
la nomenclature géologique présente une pareille bigarrure, 
mais je crois que les essais d'unification 'n'auront de chance 
de succès que lorsque les connaissances stratigraphiques se- 
ront beaucoup plus avancées qu'elles ne le sont aujourd'hui. 

Quant aux noms tirés de fossiles, il est bien entendu qu'ils 
conservent leur valeur quand bien même le fossile pris pour 
type passe par exception dans les couches supérieures ou infé- 
rieures. Il s'agit en général de zone de plus grande extension 
et non de présence exclusive ; ils ne fournissent qu'une dé- 
nomination et non une détermination des couches auxquelles 
ils donnent leur nom. 

Je fais une distinction dans la valeur des termes : horizon, 
zone, couche et niveau. Le premier comprend toute l'exten- 
sion horizontale de la zone que l'on a en vue, quels que soient 
les différents faciès qu'elle présente. Zone et couche sont en gé- 
néral considérés comme synonymes et employés pour dési- 
gner un faciès particulier. Le niveau est une subdivision ver- 
ticale de la zone. Par exemple, Y horizon de V Ammonite ma- 
crocephalus présente deux faciès dans le Jura, les couches à 



- 85 — 

(ou zone de 1') Am. macrocephalus et les couches de la dalle 
nacrée ou dalle nacrée. Le Gallovien supérieur comprendra 
deux niveaux, celui de l'Ain, anceps et celui de l'Am. athleta, 
les caractères qui les distinguent n'étant pas assez tranchés 
pour en faire deux zones différentes. 

Des recherches subséquentes apporteront sans doute beau- 
coup de changements à mes listes de fossiles : ce seront sur- 
tout des faits nouveaux quant à la dispersion des espèces; 
mais je ne crois pas qu'ils modifieront beaucoup les résultats 
que j'ai obtenus. Pendant les quatre semestres que j'ai con- 
sacrés à parcourir le Jura, j'ai voué une attention toute spé- 
ciale au Callovien et à l'Oxfordien : il y a donc bien peu de 
chances que les espèces fréquentes aient pu m 'échapper ; c'est 
ce qui m'a porté à indiquer le degré de fréquence lorsque j'ai 
cru pouvoir le faire. J'ai adopté l'échelle proposée par M. le 
professeur G. Mayer : * présence constatée sans indication du 
degré , 1 très rare, 2 rare, 3 ni rare ni commun, 4 commun, 
5 très commun. 

La faune de cette contrée demanderait une révision dé- 
taillée, analogue aux monographies entreprises depuis quel- 
ques années par M. de Loriol. Ne pouvant le faire en ce mo- 
ment, j'ai indiqué les affinités ou les doutes que présente la 
détermination de quelques espèces ; je me suis abstenu de 
décrire les nombreuses espèces nouvelles que je possède, mais 
ai par contre ajouté quelques mots sur des espèces mal con- 
nues ? quoique d'une grande importance stratigraphique, et 
sur celles qui paraissaient donner lieu à différentes interpré- 
tations. 

M. de Loriol a eu l'obligeance d'examiner tous les Oursins 
cités dans cette notice et m'a en outre donné son avis sur dif- 
férents mollusques. Les Belemnites ont été déterminées par 
M. le professeur C. Mayer, et les Polipiers par M. le profes- 
seur Koby. Je prie ces messieurs d'agréer mes sincères re- 
mercîments pour leur précieux concours. 

Je saisis cette occasion d'exprimer ma reconnaissance aux 



^ 86 — 

géologues du Jura occidental et du Jura méridional pour 
l'excellent accueil que j'ai toujours reçu d'eux, dès l'époque 
où ils dirigèrent mes premières courses dans les environs de 
Besançon. 

Mes meilleurs remercîments, enfin, à la Société d'Emula- 
tion du Doubs qui a bien voulu me faire profiter de l'avan- 
tage de sa publicité, et surtout à son secrétaire, M. Castan, 
qui m'a fait l'honneur de présenter mon travail à la Société. 



Zurich, le 21 février 1878. 



Liste des auteurs cités en abrégé. 



Bonjour 1863. — Géologie stratigraphique du Jura. (Annales de la 
Société industrielle de Lyon.) 

Choffat. — Corallien. 1875. — Le Corallien dans le Jura occiden- 
tal. (Archives des sciences. Genève.) 

— 1875. — Sur les couches à Ammonites acanthicus dans le 

Jura occidental. (Bullet. Soc. géol. de France.) 

— 1877. — Lettre relative à ses recherches géologiques en 

1876. (Bull, de la section du Jura du Club alpin français.) 

— 1878. — Die Paléontologie. (Baie.) 

Desor et Gressly 1859. — Etudes géologiques sur le Jura neuchâ- 
telois. (Mémoires Soc. se. nat. Neuchâtel.) 

Ebray 1863. — Sur le terrain jurassique des environs de la Ver- 
pillière. (Bull. Soc. géol., 2 e série, t. XX.) 

— 1865. — Sur la stratigraphie du système oolitique inférieur 

des environs de Saint-Rambert. (Caen.) 
Etallon 1857. — Esquisse d'une description géologique du Haut- 
Jura. (Annales de la Société d'agriculture de Lyon.) 

— 1858. — Etudes paléontologiques sur le Haut-Jura. Mo- 

nographie du Corallien. (Mémoires de la Société d'Emu- 
lation du Doubs, 1858 et 1861.) 

— 1858. Spongiaires. — Sur la classification des spongiaires 

du Haut-Jura et leur distribution dans les étages. (Actes 
de la Société jurassienne d'Emulation.) 

— 1860. — Paléontostatique du Jura. Jura graylois. (Société 

d'agriculture de Lyon.) 

— 1862. — Etudes paléontologiques sur le Jura graylois. (Mé- 

moires de la Société d'Emulation du Dotibs, 1864.) 
(xreppin 1867. — Essai géologique sur le Jura suisse, (Delémont.) 

— 1870. — Description géologique du Jura bernois. (Maté- 

riaux pour la carte géologique de la Suisse.) 

Falsan 1873. — Faisan et Dumortier. Note sur les terrains subor- 
donnés aux gisements de poissons et de végétaux fos- 
siles du Bas-Bugey. (Lyon.) 

E. Favre 1875. — Description des fossiles du terrain jurassique de 
la montagne des Voirons. (Mém. Soc. paléont. suisse.) 
_ 1876. — Description des fossiles du terrain oxfordien des 
Alpes fribourgeoises. (Loc. cit., vol. III.) 



— 88 - 



Fromentel 1864. — Polypiers coralliens des environs de Gray. (Mé- 
moires de la Société linnéenne de Normandie.) 

Jacgard 1869. — Description géologique du Jura vaudois et neu- 
châtelois. (Matériaux pour la carte géologique de la Suisse.) 

Lory 1860 à 1864, — Description géologique du Dauphiné. 

Margou 1846. — Recherches géologiques sur le Jura salinois. (Mé- 
moires de la Société géologique de France.) 

— 1856. — Lettres sur les roches du Jura. (Paris, 1858.) 
Moesch 1857. — Das Flœzgebirge im Kanton Aargau. (Mémoires 

Soc. helvét. se. nat.) 

— 1367. — Der Aargauer Jura. (Matériaux pour la carte géo- 

logique de la Suisse.) 
Mousson 1847. — Bemerkungen iïber die natiïrlichen Yerhseltnisse 

derBaeder von Aix in Savoyen. (Mém. Soc. helv. se. nat.) 
Ogérien 1867. — Histoire naturelle du Jura. (Paris.) 
Oppel 1856 à 1858. — Die Juraformation Englands, Frankreichs 

und des Sùdwestlichen Deutschlands. (Wûrtembergische 

naturwissenschaftliche Jahreshefte.) 

— 1863. — Palaeontologische Mittheilungen, III, 2 e p. 

— 1866. — Ueber die Zone des Ammonites transversarius. 
Parandier 1840. — Résumé d'une description géognostique et pa- 

léontologique du Gornbrash dans les environs de Be- 
sançon. (Congrès scientifique de France.) 

Studer. — Géologie der Schweiz. 1851 et 1853. 

Thirria 1830. — Notice sur le terrain jurassique du département 
de la Haute-Saône. (Mémoires de la Société d'histoire na- 
turelle de Strasbourg.) 

— 1833. — Statistique ininéralogique et géologique du dépar- 

tement de la Haute-Saône. 
Thurmann 1832. — Essai sur les soulèvements jurassiques du Por- 
rentruy. 

Tribolet 1873. — Recherches géologiques et paléontologiques dans 
le Jura neuchâtelois. (Mém. Soc. se. nat. Neuchâtel.) 
— 1875. — Sur quelques gisements calloviens du Jura neu- 
châtelois et vaudois. (Bull. Soc se. nat. de Neuchâtel.) 

Vézian 1860. — Réunion extraordinaire de la Société géologique 
de France à Besançon, (Bull. Soc. géol.) 

Waagen 1864. — Der Jura in Schwaben und der Schweiz. (Mun- 
chen ) 



ESQUISSE 

DU 

CALLOVIEN ET DE L'OXFORDIEN 

DANS LE JURA OCCIDENTAL ET LE JURA MÉRIDIONAL 



I re PARTIE 

STRATIGRAPHIE ET PARALLELISME. 



CHAPITRE I 
ÉTAGE CALLOVIEN. 



« nT . ( II. Horizon des Ammonites anceps et athleta. 
Callovien j r TT . , „ a . 1 

( I. Horizon de 1 Ammonites macrocephalus. 

CALLOVIEN I. 
HORIZON DE L'AMMOMTES MACROCEPHALUS. 

Cet horizon présente deux faciès : a) Dalle nacrée ou faciès 
à affinités bathoniennes et b) faciès à oolites ferrugineuses ou 
couches à Am. macrocephalus. 



a) DALLE NACRÉE (l). 
Synonymie. 

Dalle nacrée, Thurmann, 1832. Parandier, 1840. 
Cornbrash (pars), Marcou, 1846. 



(1) La dalle nacrée étant considérée par Thurmann comme la partie 
supérieure du bathonien, plusieurs auteurs ont cru pouvoir donner ce 
nom au bathonien supérieur, pour peu qu'il eût une ressemblance 



- 90 - 

Calcaires de Palente (couches supérieures), Marcou, 1856. 
Dalle nacrée (pars), Desor et Gressly, 1859. 
Bathonien (pars sup.). Bonjour, 1863. 
Dalle nacrée. Ogérien, 1867. Jaccard, 1869. 
Won dalle nacrée. Etallon, 1857, Falsan, 1873. 

Description. — Calcaire gris, gris-jaunâtre ou roux, noir- 
bleuâtre à l'intérieur, formé de fragments spathiques, de dé- 
bris de crinoïdes ou d'oolites fines colorées extérieurement 
par un dépôt ferrugineux. Quelquefois calcaires marneux 
subooli tiques avec marnes. Bancs minces. 

Le type de la dalle nacrée de Thurmann se trouve dans le 
Jura bernois et neuchâtelois, où il présente des calcaires en 
dalles généralement minces composés de fragments de cri- 
noïdes donnant à la roche un aspect nacré ou du moins mi- 
roitant. 

La dalle nacrée diminue d'épaisseur vers l'ouest, en pré- 
sentant des bancs de calcaire marneux ou de marne, et dispa- 
raît vers le sud pour être remplacée par le faciès ferrugineux. 
Le même fait a lieu vers le nord et vers Test. 

Dans les environs de Besançon ces couches ont une grande 
analogie avec celles du Jura bernois. A Palente, elles ne sem- 
blent composées que de calcaires, tandis qu'une couche mar- 
neuse fossilifère se trouve à peu de distance, au Vernois. 

Elles reposent sur les calcaires du Cornbrash dont elles se 
distinguent généralement par leur structure spathique. La 
séparation ne peut se faire qu'au moyen des fossiles lorsque 
l'on a une roche marno-calcaire. 

On peut observer plusieurs affleurements entre Epeugney 
et Gléron (S.-E. de Besançon) et dans les environs d'ÛRNANS 
(Puits de la Brème). 

La dalle nacrée y présente encore les calcaires à crinoïdes, 
mais ils contiennent des marnes très fossilifères à leur base 



pétrographique ou même lorsqu'il ne présentait aucun rapport. Je n'en- 
tends sous ce terme que la dalle nacrée telle que l'a établie Thurmann 
pour le Jura bernois ou sa continuation vers l'ouest. 



et à leur partie moyenne. Au Puits de la Brème, la dalle na- 
crée est peu épaisse et les bancs de marne minces et ne conte- 
nant que des fossiles écrasés; à deux kilomètres d'Epeugney, 
par contre, au bord de la route, les marnes ont 50 centimètres 
d'épaisseur et présentent une grande abondance de fossiles 
bien conservés. (Voir le tableau des fossiles.) 

On peut évaluer sa puissance à 8 ou 10 mètres. 

La zone des Am. anceps et athleta y forme la limite supé- 
rieure comme dans les environs de Besançon. 

Vis-à-vis de la tuilerie de Clucy et dans le dessus de la cas- 
cade de Gouaille près Salins, j'ai relevé la coupe suivante en 
compagnie de mon ami M. Boyer. 

Gallovien IL Oolite ferrugineuse à Am. anceps, etc. 
Gallovien I. Marno-calcaires gris avec nombreux débris de fos- 
siles, la plupart indéterminables. 0 m 50 

Waldheimia ind, Pentacrinus Nicoleti Des. 

Serpuîa socialis Schl. Heteropora conifera Lamour. 

Gornbrash. Calcaires jaunes à oolites fines 4 m 

Rhync. concinnoides d'Orb. Echinobrissus clunicularis 

d'Orb. 

Calcaire gris subcompacte. 10 m 

Dans les environs de Champagnole , la dalle nacrée repose 
sur une couche de marne formant la partie supérieure du ba- 
thonien et contenant une faune assez riche, ce qui permet 
une séparation très nette. (Voir la coupe de Ghâtelneuf.) 

Une belle coupe est visible à deux cents pas avant le kilo- 
mètre 72 entre Gize et la Billode; les marnes bathoniennes 
se trouvent dans le fossé de la route. La dalle nacrée n'y a 
qu'une épaisseur de 1 à 2 mètres; elle est formée par un cal- 
caire oolitique avec débris de crinoïdes qui prennent le des- 
sus à la partie supérieure. Je n'ai pu en déterminer que : Li- 
thodomus inclusus Phill.; Limea duplicata Mu.; Avicula Muns- 
îeri Gdf.; Pecten fibrosus Sow.; P. v'agans Sow.; P. cf. Rhy- 
pheus d'Orb. ; P. cf. Luciensis d'Orb ; Serpula conformis Gdf. 

Au sud de Champagnole , les environs de Cl air vaux ne 



— 92 - 

nous présentent plus le faciès marno-calcaire , mais le faciès 
ferrugineux. Si par contre nous nous dirigeons vers le S.-O , 
nous retrouvons le premier faciès , mais plus marneux, avec 
des céphalopodes assez nombreux, sinon en espèces, du moins 
en individus, en un mot avec une faune plus analogue à celle 
du faciès ferrugineux, comme le fait voir le tableau des fos- 
siles. 

Ces couches sont bien visibles entre Augisey et Gressia 
(S.-E. de Beaufort) et à Loisia (5 kilom. S.). Un autre gise- 
ment à faciès analogue se trouve beaucoup plus au sud, au 
bord occidental de la chaîne, à Meillonnas près Treffort. 
La partie inférieure en est marno-calcaire, la partie supé- 
rieure ferrugineuse, quoique contenant la même faune. Je 
manque d'observations suffisantes entre ce point et les envi- 
rons de Saint-Rambert en Bugey, où Ton a un magnifique 
développement du faciès ferrugineux. 

b) FACIÈS A OOLITES FERRUGINEUSES. 

Symonitmie. 

Zone de VAm. macrocephalus, Oppel, 1857; Ebray, 1855; Mœsch, 1867; 

Greppin, 1870. 
Callovisn Falsan, 1873. 

Confondu avec le reste du Callovien par la plupart des auteurs. 
Hou couches h Am. mncrocephalus, Tribolet, 1875. 

Description. — Dans les environs de Glairvaux , au Mont 
Varet et à Prénovel, la partie supérieure du bathonien pré- 
sente des marnes identiques à celles de la Billode près Cham- 
pagnole; mais au lieu d'être recouvertes par la dalle nacrée, 
elles sont surmontées par des couches marno-calcaires grises 
avec oolites calcaires peu discernables mélangées d'oolites 
ferrugineuses et contenant beaucoup de fossiles. Le tableau 
fait voir que la faune est analogue à celle des couches de 
même âge du Bugey et du Mont du Chat, autrement dit des 
couches à Arn. macrocephalus de l'Argovie ou de la Souabe. 



- 93 - 

Ces couches sont comprises entre la marne batkonienne de 
la Billode et les couches à Am. anceps et athlela. La dalle na- 
crée étant comprise entre les mômes couches, cette position 
suffît pour établir leur parallélisme; il est de plus confirmé 
par l'analogie des faunes, comme nous le verrons plus loin (l). 
(Voir les coupes.) 



Billode. Prénovel. 



Oolites ferrugineuses à Am. anceps et ornatus. 



Dalle nacrée. 



OoL ferr. à Am. macrocephalus. 



Marnes bathoniennes à Phol. Murchisoni , etc. 



A Saint-Claude-sur-Bienne , ces couches ne sont pas aussi 
facilement discernables qu'à Prénovel; les fossiles y sont rares 
et mal conservés. J'y ai recueilli à côté du chemin de Vau- 
cluse : Am. bullatus, coronatus; Panopœa Jurassi; Terebr. clor- 
soplicata; Rhync. varians; Echinobrissus clunicularis. Je n'y 
ai pas trouvé le W. digona si fréquent à Prénovel ; on verra 
plus loin que ce fossile manque aussi à Saint-Rambert, qui 
présente par contre le Rh. varians. 

C'est sans doute grâce à la présence des oolites ferrugi- 
neuses que les couches de Prénovel ont été considérées comme 
calloviennes par tous les géologues qui les ont étudiées; la 
faune est en somme un passage entre la faune à caractère 
bathonien de 3a dalle nacrée et la faune callovienne typique 
des environs de Saint-Rambert. 

Ici nous avons une oolite ferrugineuse sans mélange de 
calcaires, contenant une quantité de fossiles d'une bonne con- 
servation et bien connus par les publications de d'Orbigny. 



(I) M. Ebray, 1S63, p. 301, admet aussi le parallélisme des couches à 
Am. macrocephalus et de la dalle nacrée. 



— 94 - 

A Lupieu, la couche n'a qu'une épaisseur de l m 10 ; elle re- 
pose sur des marno-calcaires en couches minces, de couleur 
grisâtre et ne m'ayant fourni que le Phol. Murchisoni. Elle 
est recouverte par des marnes grises avec rares oolites ferru- 
gineuses, qui, à ce que je crois, font déjà partie de la zone à 
Am. anceps. (Voir les coupes de Lupieu et d'Indrieu.) 

Nous n'y trouvons plus comme guide le W. digona , mais 
un autre brachiopode, le Rh. varians, qui est très fréquent 
dans cette contrée et semble y occuper un niveau constant. 

Au Mont du Chat, j'ai pu observer quatre affleurements 
de callovien. La célèbre localité de Chanaz m'a fourni un 
certain nombre de fossiles dans un commencement de galerie 
au-dessus du village ; mais je ne puis pas les prendre en con- 
sidération , car il ne m'a pas été possible d'y étudier leur po- 
sition exacte. 

Une bonne coupe est visible au bord de la route de Lucey 
à Puthod. 

Couches de Birmensdorf. 

Callovien II. Marno-calcaires avec nids d'oolite ferrugineuse l m 05 
Faune riche, espèces de la zone supérieure; absence de Rhync. 
varians. 

Callovien I. Marnes grises et marno-calcaires gris, légèrement 
ferrugineux. A la partie supérieure : Rhync. varians, Stein- 
beisii; Holectypus depressus. 

Coupe prise au bord de la routo de Chevelu au Bourget. 

Couches de Birmensdorf. 

Callovien II. 4. Couche marno-calcaire blanche , avec rares 

oolites ferrugineuses formant quelques nids. Belemnites indét. 0 m 25 

3. Couche plus ferrugineuse, très fossilifère. 0 45 

2. Marno-oalcaire gris sans oolites ferrugineuses. 0 15 

Callovien I. Calcaire compacte, dur. , 0 30 

A une centaine de pas au nord de cette coupe, une exploi- 
tation m'a permis de recueillir quelques fossiles dans le cal- 
caire compact inférieur : Am. funatus et Rhync. varians. La 
couche ferrugineuse est plus épaisse qu'au bord de la route, 



- 95 — 

elle a O m 90 et m'a fourni une grande quantité de fossiles 
appartenant au Callovien supérieur de Lucey, sauf le Rhync. 
varians qui passerait ici dans le Callovien supérieur. 

Le Callovien du Mont du Chat diffère donc de celui de 
Saint-Rambert; la couche à Am. macrocephalus y est peu 
ferrugineuse, peu fossilifère, et c'est au contraire le Callovien 
supérieur qui contient le fer et les nombreux fossiles. 

La chaîne du Mont du Chat ayant sa continuation dans 
celle du Grand-Colombier, la chaîne du Reculet est plus orien- 
tale; je n'ai pas pu y distinguer les couches à Arn. macroce- 
phalus et renvoie plus loin l'étude de son Callovien. 

Faune de l'horizon de l'Ammonites macrocephalus (1). 



Les trois premières colonnes donnent la faune de la dalle nacrée : 
Epeugney, Augisey et Meillonnas ; les trois dernières la faune du faciès 
ferrugineux : Prénovel, Saint-Rambert et Lucey. 





E. 


A. 


M. 


P. 


R. 


L, 


Belemnites hastatus Blainv. 




* 










— subhastatns Ziet. 










+ 




Ammonites hecticus Rein. 










2 




— bullatus d'Orb. 










2 




— Herveyi Sow. 










3 




— macrocephalus Schl. 








3 


4 




— funatus Opp. 

— curvicosta Opp. 










* 


¥ 










4 




— anceps Rein. 










4 




Ancyloceras calloviensis Morris. 










* 




Pleurotomaria cf. cyprea d'Orb. 




* 




* 






Gastéropodes non déterm. 










5 




Pleuromya elongata Mu. 




3 




3 






Panopea Jurassi Ag 








* 






Isocardia minima Sow. 








* 






Limea duplicata Mu. 


* 






* 






Avicula Munsteri Gdf. 


* 






* 


¥ 




Pecten demissus Bean. 










¥ 




— vagans Sow. 


3 






3 


* 




— fibrosus Sow. 


* 













(1) Voir plus haut l'explication des degrés de fréquence. 



- 96 - 





E. 


A. 


M. 


P. 


R. 


L. 


Pecten aff. peregrinus M. et L. 


-* 












— afî. Luciensis d'Orb. 


* 












Plicatula subserrata Gdf. 














Ostrea Sowerbyi M. et L. 0. acuminata var.) 


5 












— costata Sow. 














— rastellaris Mu. 








* 


+ 




— Marshi Sow. 














Terebratula Saemanni Opp. 
— dorsoplicata Suess. 




5 




4 


2 




2 


1 




4 


5 


* 


— subcanaliculata Opp. 








* 


* 




— longiplicata Opp. 










2 




— coarctata Park. 


4 


3 




2 


2 




Waldheimia digona Sow. 


5 


5 




5 






— biappendiculata Desl. 




1 






2 




— pala Bueh. 










5 




— subrugata Desl. 








2 






RhynchoneLla concinna Sow. 




+ 




* 






— Royeriana d'Orb. 


4 


4 




4 






— Ferryi Desl. 




1 


* 


4 


2 




— Fiscneri Rouill. 


* 




* 




1 




— varians Schl. 










5 


3 


— funiculata Desl. 










2 




— Steinbeisii Qu. 






* 




3 




— minuta Buv. 


1 








3 




Collvrites ovalis Leske. 




2 


3 


4 






— elliptica Desm. 






o 




1 




— pseudo-ringens Gott. 




1 








Pygurus depressus Ag. 


1 










Echinobrissus clunicularis Lhw. 




3 




4 






Holectypus depressus Leske, 




3 




5 


1 




— punctulatus Des 








4 






Acrosalenia spinosa Ag. 


3 






2 






Gidaris bathonica Gott. 


4 












Pentacrinus Nicoleti Des. 


■¥ 












Serpula conformis Gdf. 


3 












— socialis Gdf. 














Heteropora contfera Lamouroux. 


5 




* 








Sparsispongia tuberosa d'Orb. 


4 













Si la position stratigraphique des deux faciès de la dalle 
nacrée ne suffisait pas pour établir leur parallélisme, on en 
trouverait la preuve dans l'étude de leur faune. Sur 35 es- 
pèces du premier faciès, 22 passent dans le deuxième qui 
présente 41 espèces. 

Jura bernois et neuchâtelois. — Le même parallélisme 
existe dans la contrée où la dalle nacrée présente le plus beau 



— 97 — 

développement , le Jura neuchâtelois et la partie sud-occi- 
dentale du Jura bernois. Elle manque dans la partie septen- 
trionale et la partie orientale du Jura bernois qui, en com- 
pensation, présentent les couches à Am. macrocephalus, qui se 
maintiennent à travers le Jura oriental jusqu'en Souabe. Ces 
couches sont comprises entre le calcaire roux sableux et la 
zone à Am. anceps et athleta; lorsqu'elle existe, la dalle na- 
crée occupe la môme position. 

Leur parallélisme est indiqué dans la phrase suivante de 
MM. Desor et Gressly, p. 24 : « La couche à Am. macroce- 
phalus : qui est représentée chez nous par la dalle nacrée, etc. » 
M. Waagen la aussi admis en se basant sur l'étude précitée 
(tableau n° 111). 

En 1867, M. Greppin avait établi ce parallélisme (p. 50); 
puis en 1870 il émit une autre opinion et réunit la dalle na- 
crée au calcaire roux sableux, et les marnes à Am. macroce- 
phalus au Callovien supérieur, en disant que ces marnes re- 
posent parfois sur la dalle nacrée (p. 54), mais ne donnant 
pas de coupes pour le prouver et n'indiquant même pas de 
localité où l'on puisse voir ces deux assises. 11 en existe ce- 
pendant, mais dans ce cas les couches à Am. macrocephalus 
sont au-dessous de la dalle nacrée. 

M. F. Mathey a découvert à Esserfallon (Jura bernois) une 
assise marneuse d'environ 1 mètre d'épaisseur qui sépare la 
dalle nacrée du calcaire roux sableux et qui contient en grande 
quantité le W. subrugaia et le Mespilocrinus macrocephalus. 

Si la deuxième de ces espèces n'a pas une grande valeur 
stratigraphique, il n'en est pas de même du W. subrugata(l) 
qui, du Handen au département de l'Ain, se trouve soit dans 
la zone de l'Am. macrocephalus, soit dans le Callovien supé- 
rieur. Sa présence en grande abondance au-dessous de la dalle 



(i) Malgré la grande différence qui existe entre le W. digona et le 
W. subrugata, quelques exemplaires de Prénovel semblent montrer 
que le premier a donné naissance au second* 

7 



— 98 - 

nacrée vient donc corroborer les déductions tirées de la posi- 
tion stratigraphique. 

Lors du percement des tunnels de Glovelier et de Mal vie 
près Saint- Ursanne (9 kilom. N.-E. d'Esserfallon), ce même 
géologue m'a fait voir qu'entre la dalle nacrée et le calcaire 
roux sableux se trouve un banc marneux d'environ 6 mètres 
d'épaisseur. Il y a recueilli : Am. macrocephalus , Herveyi; 
Moorei, funatus, curvicosta, et sulciferus. 

M. de Tribolet (1875) a cherché à démontrer que les couches 
à Am. macrocephalus existent dans le canton de Neuchâtel. 
Si Ton compare ses listes de fossiles à celles des autres parties 
du Jura, on voit que son Callovien inférieur, au lieu de con- 
tenir la faune des couches à Am. macrocephalus, correspond 
au niveau de l'Am. anceps, et son Callovien supérieur au ni- 
veau de l'Am. alhleta. 

Gomme il arrive souvent dans le canton de Neuchâtel que 
cette couche supérieure repose immédiatement sur la dalle 
nacrée, cette dernière, au lieu de ne s'y déposer que pendant 
la formation de la zone à Am. macrocephalus, a continué à 
se former pendant qu'une grande partie des couches à Am. 
anceps et athleta se déposaient dans d'autres contrées. 

Ce parallélisme de la dalle nacrée et de la zone à Am. ma- 
crocephalus explique la rareté de ce fossile dans le callovien 
des contrées où existe la dalle nacrée. Cette rareté a été men- 
tionnée par M, Marcou en 1848. 11 y a, en effet, quelques 
rares exemplaires d'Am. macrocephalus qui passent dans la 
zone de l'Am. anceps; j'en ai trouvé un exemplaire à Dour- 
non, on n'en connaît aussi qu'un exemplaire du Jura argo- 
vien W. 

Dans la note précédemment citée, M. de Tribolet ne men- 
tionne pas YAm. macrocephalus ; dans uue note antérieure (2), 



(1) Mqesch, Anhang zur IV Lieferung der Beitrœgc zur geologîschen 
Karte der Schweiz, 1875. 

(2) Notice géologique sur le cirque de Saint-Sulpice, 1872. 



— 99 - 

le même auteur en cite trois exemplaires trouvés dans le can- 
ton de Neuchâtel. L'un est mentionné dans le Tableau syn- 
chronistique des terrains jurassiques de M. C. Mayer; le se- 
cond, cité par M. Waagen (p. 105), provient de la dalle na- 
crée ; le troisième, qui se trouve dans la collection de M. Jac- 
card, n'est pas un Am. macrocephalus , mais appartient au 
sous-genre Oppelia. Je dois ajouter que M. Jaccard ne l'a 
jamais considéré comme un Am. macrocephalus. 

Dans la faune qui nous occupe se trouvent deux espèces 
jouant un grand rôle dans les considérations sur le Batho- 
nien ; ce sont le Rh. varians et le W. digona. (0. 

En 1856, Oppel divisa le bathonien en deux groupes; il 
nomma le groupe inférieur « zone du W. digona » et le groupe 
supérieur « zone du W. lagenalis. » 

Le W. lagenalis est, en effet, fréquent dans le Bathonien 
supérieur du Jura oriental (couches à Rhynchon. varians de 
M. Mœsch = calcaire roux sableux de Thurmann). 11 est 
rare dans le Jura bernois et occupe encore le même niveau 
dans les environs de Belfort. Je ne le connais pas du Jura 
franc-comtois. 

Nous avons vu que le calcaire roux sableux est recouvert 
soit par la dalle nacrée, soit par les couches à Am. macroce- 
phalus. Je ne connais que deux exemplaires de W. digona 
provenant du Jura suisse; l'un m'a été communiqué par 
M. Jaccard et provient de la dalle nacrée de Maison-Monsieur 
près Ghaux-de-Fonds. Le deuxième exemplaire m'a été remis 
par M. Lindharner, ancien élève de l'Ecole polytechnique de 
Zurich; il l'a recueilli dans les couches à Am. macrocephalus 
de Bourrignon près Delémont {V. M. Parisot m'en a montré 
plusieurs exemplaires provenant des mêmes couches des en- 
virons de Belfort. 



(1) Voir dans la II e partie les détails sur cette espèce. 

(2) Depuis cette époque, j'ai eu l'occasion de constater qu'il y est 
fréquent» 



— 100 — 

Comme nous l'avons vu plus haut, le prolongement occi- 
dental de la dalle nacrée contient une grande quantité de 
W. digona, de même que les couches à Am. macrocephalus 
des environs de Clairvaux. 

Dans la chaîne du Jura, cette espèce occupe par conséquent 
un niveau supérieur à celui du W. lagenalis (1). Oppel cite 
aussi le W. obovata comme caractéristique du niveau supé- 
rieur; le Jura franc-comtois présente encore une superposi- 
tion opposée. 

La deuxième espèce, généralement considérée comme ba- 
thonienne, est le Bhync. varians. 11 caractérise, par sa grande 
abondance, le Bathonien du Jura oriental et du Jura bernois, 
semble complètement manquer dans le Jura bisontin et la 
Haute-Saône, tandis qu'il se maintient dans le Bathonien du 
bord intérieur de la chaîne : dans le Jura neuchâtelois, les 
environs de Champagnole , de Saint-Claude, de Saint-Ger- 
înain-de-Joux et au Mont-du-ChaL Dans cette dernière con- 
trée, il se trouve à deux niveaux P) : le Bathonien et les cou- 
ches à Am. macrocephalus. A l'ouest, dans les environs de 
Saint-Ram bert en Bugey, il occupe encore cette seconde po- 
sition. 

(1) D'après M. Desloxgchamps, le niveau principal du W. digona en 
Normandie serait dans le bathonien, mais il s'en trouverait aussi quel- 
ques exemplaires dans le callovien. (Etudes sur les étages jurassiques 
inférieurs de Normandie, 18G4, p. 143. 

(2) M. Moi sson fait déjà remarquer en 1847 ce mélange de fossiles 
bathoniens et de fossiles calloviens, 



- 101 - 



CALLOVIEN II. 
HORIZON DE L'AM. ANCEPS ET DE L'AM. ATHLETA. 

Synoititmie. 

Fer sous-oxfordiex ou Kellovien, Marcou, 1846. 

Fer de Clucy, Marcoo, 1856. 

Callovien (pars), Etallon, 1857; Bonjour, I8'i3. 

Marnes a Am. anceps , Ebray, 1865. 

Calcaire ferrugineux (pars), Ogérien, 1867. 

Etage gallovien, Jaccard, 1869; Tribolet, 1875. 

Calcaire oxfordien inférieur, Falsan, 1873. 

La séparation do la zone de VAm. anceps de celle de VAm. 
alhlela telle que l'avait proposée Oppel n'est pas applicable à 
la chaîne du Jura. M. Mœsch a déjà fait voir que la plupart 
des fossiles soi-disant caractéristiques de ces horizons passent 
de l'un à l'autre dans le Jura argovien. Il en est de même 
dans le Jura occidental, où l'Am. anceps descend même dans 
les couches à Am. macrocephalus. Il est cependant impor- 
tant de distinguer la partie supérieure de la partie inférieure, 
malgré leur analogie, elle contient une série d'espèces plus 
récentes, telles que les Am. tortisulcatus , Lamberti et orna- 
lus, elles passent dans les marnes à Am. Renggeri, sauf cette 
dernière qui pourrait donner son nom à ce niveau si elle n'a- 
vait déjà été employée pour désigner la totalité clu Gallovien 
supérieur. 

NIVEAU DE L' AMMONITES ANCEPS. 

Syn. — Zone de VAm. anceps. Oppel 1857. 
Callovien II a. Mayer 1864. 

Marnes ou calcaires marneux gris ou jaunes , empâtant 
souvent des oolites ferrugineuses dont la quantité varie au. 
point de composer presque exclusivement la roche. 

On a généralement considéré le Gallovien comme n'étant 



— 102 — 

représenté dans les environs immédiats de Besançon que par 
un mince placage ferrugineux reposant sur la dalle nacrée. 
Une rectification de la route de Palente a découvert une marne 
pauvre en oolites ferrugineuses, mais contenant la faune du 
callovien supérieur. Cette faune a été recueillie par M. le 
docteur Cavaroz, médecin-major à Besançon, qui a bien 
voulu me faire voir les échantillons récoltés. J'en donne les 
espèces principales dans le tableau des fossiles; d'autres es- 
pèces sont indéterminées. 

A Ornans, Epeugney, les environs de Salins et de Cham- 
pagnole, on a un marno-calcaire jaunâtre ne contenant par- 
fois que peu de fer, en contenant dans d'autres localités en 
quantité assez grande pour avoir été exploité comme minerai. 
(Voir les coupes de Dournon et de Châtelneuf, II e partie.) 

Dans les environs de Clairvaux, on a un calcaire marneux 
plus foncé, plus compact et moins riche en fer. (Coupe de 
Prénovel, II e partie.) 

A Cressia, Loisia, Valfin-sur-Valouse près Arinthod, 
Meillonnas et Confranchette près Pont-d'Ain, on n'a plus 
de fer (ou très peu : Loisia), mais un marno-calcaire gris 
beaucoup plus épais et très fossilifère. La faune se compose 
de Céphalopodes, de Brachiopodes et de Lamellibranches ; ces 
derniers et l'absence de fer lui donnent un caractère tout 
particulier. 

Coupe prise à Valfin-sur-Valouze (Chemin neuf derrière l'église). 

Marnes a Ammonites Renggeri. 
Niveau de l'Am. athleta. 

4. Marnes grises sèches avec une mince couche à fossiles phos- 
phatés. Bel. hastatus, Bel. Clucyensis (5), Aptycus Berno-jurensis (4) 3 m 
Niveau de l'Am. anceps. 

3. Marnes et calcaires rognonneux fossilifères l m 
2. Marno-calcaires blanchâtres avec intercalation de bancs cal- 
caires. A la base, couche de 0 m 2 avec fossiles nombreux. 7 ra 

Am. punclatus, coronatus, Herveyi, Fraasi ; Pleuromya sùuiosa; 
Gresslya cf. excavata-, Goniomya Irapezicosta-, Cardium-, Pecten 



— 103 — 



sabfibrosus ; Terebr. aff. Sœmanni (5); T. dorsoplkata: Rhync. 
Royeriana; Rh. Ferryi; îlolectypus depresms. 

Dans les environs de Saint-Rambert, le niveau de TAm. 
anceps est encore plus puissant qu'à Valfin; il est par contre 
moins fossilifère, mais se rattache pourtant au même faciès. 
(Voir les coupes d'Indrieu et de Lupieu.) 

Au Mont du Chat, il présente au contraire plus d'analogie 
pétrographique avec celui des environs de Salins; mais la 
faune s'en distingue par la présence de plusieurs Ammonites 
du sous-genre Phylloceras , qui dans les autres localités se 
trouve principalement au niveau de l'Ain, athleta. Je n'ai 
pas pu y faire la séparation des deux horizons; je crois pour- 
tant qu'elle y serait possible si l'on pouvait étudier des coupes 
mieux découvertes. (Voir ci-dessus les coupes de Lucey et de 
Chevelu.) 

Faune du niveau de l'Ain, anceps. 

Abréviations. — Be. Besançon; E. Epeugney, D. Dournon; Cl. Glucy; 
Bi. Billode-, P. Prénovel; Y. Valfin-sur-Velouze; N. Nantua; R. Saint- 
Rambert; Ch. Mont-du Chat. — Les espèces se trouvant déjà dans la 
zone de l'Am. macrocephalus sont précédées d'un astérisque. 

Belemnites GIncyensis May. — E, D, Cl, Bi, V, 

» hastatus Blainv. — D, Bi, R. 

» snbhastatns Ziet. — D, R, Ch. 
Nautilus cf. calloviensis Opp. — D. 
Ammonites Goliathus d'Orb. — Cl, Ch. 

» tortisulcatns d'Orb. — P. Ch. 

» saxonicus Neum. — Ch. 

» flabellatum Neum. — Ch. 

* » hecticus Rein. — D, P, R. 

» punctatus Stahl. — Partout. 

» Brighti Pratt. — E. 

» bicostatus Stahl. — Be, D. 

n coronatus Brng. — Partout. 

* » macrocephalus Schl. — D. 

* » Ilerveyi Sow. — Bi, P, V. 
» calloviensis Sow. — D. 

» Jason Rein — Be, Bi, P. 
» Pottingeri Sow. — D, Cl, Bi 



— 104 - 



* Ammonites curvicosta Opp. — D, Cl, Bi, Ch. 

» sulciferus Opp. — Be, D, V, N, R. 
» Orion Opp. — Cl, Ch. 
» Mocrvi Opp. — Be, Cl. 
» Athleta Phill. — D. P. 

* » anceps Rein. — Be, D. Bi, P. 

» Fraasi Opp. — Be, E, D, P, V, N, R. 
» Greppini Opp. — R. 

* Pleurotomaria cf. cyprea d'Orb. — D, Bi. 
Pleuromya tenuistria Ag. — D. 

» sinuosa Roe. — V. 
Goniomya trapezicosta Pusch. sp. — V. 
Pholadomya ovulum Ag. — Cl. 

« Escheri Ag. — Bi. 

* » Murchisoni Sow. — Be. 
Trigonia interlaevigata Qu. — D, Cl, Bi. 
Arca subdecussata Gdf. — CL 

» concinna Phill. — R. 

* Avicula Munsteri Gdf. — Bi, V. 
Pecten subfibrosus Sow. — Y. 

* » demissus Bean. — Bi, R. 

* Terebratula dorsoplicata Suess. — Partout. 

* » Saemanni Opp. — Bi, V, Cl. 

* Waldheimia pala Buch, - E, D, Bi, Ch, Cl. 

* » biappendiculata Desl. — V. 

* Rhynchonella Royeriana d'Orb. — D, V. 

* » Ferryi Desl. — D, V. 

* y> fumculata Desl. — Bi, V. 

* » minuta Buv. — E, Y. 

* » varians Schl. — Ch. 

» spathica Lam. — E, D, Cl. 

Dysaster Mœsohi Des. — R- 

* Collyrites elliptica Desm. — Ch. 

* » ovalis Leske. — Bi, Ch. 

* Holectypus depressus Leske. — Bi, Y. 

* » punctulatus Des. — Ch. 

NIYEAU DE L'AMMONITES ATHLETA. 

Synonymie. — Zone de V Ammonites athleta. Oppel, 1857. 
Oallovien II b. Mayer 1864. 

Au-dessus du Callovien II a se trouve une couche généra- 
lement plus riche en fer et moins compacte. Elle est surmontée 



— 105 - 

par une couche de marne sans oolites ferrugineuses réduite 
quelquefois à un simple lit de fossiles appartenant aux mêmes 
espèces, mais présentant une couleur grise ou gris-jaunâtre 
avec un éclat luisant qui rappelle celui des fossiles du Gault; 
comme ces derniers , ils contiennent une certaine quantité de 
phosphore. Ce caractère se rencontre dans toute la chaîne du 
Jura; j'ai rencontré ces fossiles phosphatés dans le Jura ar- 
go vien, le Jura bernois, à Baume-les-Dames, à Ornans, à la 
Grange des Viouses près Salins, au pied du Vaulion et de 
l' Aiguille de Beaulmes (Vaud), à Prénovel près Clairvaux, 
à Valfin-sur-Valouze, à Nantua, à Gonfranchette près Pont- 
d'Ain et à Lupieu près Saint-RamberL 

Le Callovien II b est recouvert par les marnes à Am. Reng- 
geri ou par les couches de Birmensdorf dans les contrées où ces 
marnes ne se sont pas formées. 

Paléontologiquement , le Callovien II b se distingue par 
une grande abondance de : Belcmn. latesulcatus , B. Clucyen- 
sis et Aptijchus Bcrno-jurensis 0); par plusieurs Ammonites, 
dont quelques-uns passent dans les marnes à Am. Renggeri 
et dont d'autres sont propres à ce niveau, du moins dans la 
partie du Jura qui nous occupe, tels que : Am. omatusi?) et 
Am. subcostarius ; par quelques Rostellaires et souvent par 
plusieurs Encrinites dont le plus répandu est le Mespilocri- 
nus macrocephalus. 

Il est probable que ce niveau existe aussi à Besançon; la 
collection de M. Cavaroz renferme un exemplaire d'Am. or- 
natus à test pyriteux, tandis que les autres Ammonites sont 
calcaires (3). 

Les coupes de Dournon et de Prénovel en montrent la 
composition dans ces deux localités. Dans les environs de 



(1) Voir Ile partie, ch. ni 

(2) En Argovie, cette espèce se trouve aux deux niveaux. 

(3) La couche B des carrières Jacky près la Chaux-de-Fonds (voir 
Tribolet, 1875) correspond au Callovien II b\ il est donc inulile de dire 
que je n'admets pas ses déductions de la page 11. 



- 106 - 

Saint-Claude, le Callovien supérieur est plus compacte qua 
Prénovel, les deux niveaux en sont moins distincts, mais 
partout discernables. A Pontet, le niveau supérieur m'a fourni 
TAm. punctatus et l'Am. cordatus, à Vaucluse l'Am. ornatus, 
l'Am. meditcrraneus et le Mespilocrinus macrocephalus. Ce 
niveau est bien visible entre Nantua et la Latte; ses fossiles 
jaunes tranchent sur les fossiles gris des couches inférieures. 
A Gonfranghette près Pont-d'Ain, les fossiles présentent 
des traces incontestables d'usure et de brisure avant la fossi- 
lisation ; cette localité m'a fourni quelques dents de Lamna. 
Dans le Bugey, ce niveau est formé d'un banc à oolites fer- 
rugineuses surmonté d'un lit à fossiles phosphatés. (Voir les 
coupes de Lupieu et d'Indrieu.) 

Faune du niveau de l'Am athleta. 

Abréviations. — G. Granges des Yiouses; P. Prénovel; St. Saint- 
Claude-, Y. Yaliin-sur-Yalouse ; N. Nantua; Go. Confranchette; R. Lu- 
pieux près Saint-Rambert ; Praz, les Praz aux Gîtes — L'astérisque 
indique les espèces provenant du niveau précèdent. 

Belemnites latesulcatus d'Orb. — G, Go, R. 

* » Clucyensis May. — G, Y, Go. 

» hastatus Rlainv. — Y, R, Praz. 
» Sauvanausus d'Orb. — Praz. 
Aptychus Berno-jurensis Th. — G, Y, R. 
Ammonites Mariée d'Orb. — R, Praz. 

» Lamberti Sow. — P, N, Go, R, Praz. 
» cordatus Sow. — St, Praz. 

* » tortisulcatus d'Orb. — N, Go, R, Praz. 
» mediterraneus Neum. — St. 

* » punctatus Stahl. — St, N, Go, R, Praz. 

* » Brighti Pratt. — R. 

* » bicostatus Stahl. — N. 

» subcostarius Oppel. — P, N, Go. 

» superba Waagen. — P. 

» Arolicus Opp. — Praz. 

* » coronatus Brug. — N, R, Praz. 
» ornatus Schl. — Partout. 

* » Jason Rein. — St, R. 

* » sulciferus Opp. — N, Go, R. 



— 107 — 



Ammonites Arduennensis d'Orb. — R. 

* » athleta Phill. — G, Co, R. 

* » anceps Rein. — Go, R, Praz. 

* » Fraasi Opp. — Praz. 
Gastéropodes indét. 

* Terebratula dorsoplicata Suess. — Partout. 

* Waldheimia pala Buch. — P, St. 

* » subrugata Desl. — R. 

* Rhynchonella minuta Buv. — P, R. 

)> triloboides Qu, — R. 

Mespilocrinus macrocephalus Qu. — N, R. 
Millericrinns granulosus Et. — R, Go. 

Il me reste à parler de trois localités dont le Callovien ne 
rentre pas dans les cadres précédemment tracés. La première 
est située au pied sud de l'Aiguille de Beaulmes (canton de 
Vaud), sur le chemin neuf qui relie lks Praz aux Gîtes. 

Couches de Birmensdorf. Spongiaires et faune ordinaire. 7 ,n 
Niveau de l'Am athleta. 

3. Marnes grises avec quelques rognons calcaires. 1 
Bel. Sauvanaiisus , llel. hastalus, Am. tortisulcatus (phosphaté). 

1. Marne avec oolite ferrugineuse, eu partie fine, en partie en 
très gros grains. 0 10 

Am. Lamberti, coî'dakts, Marùe, Arolicus, punctatus, corona- 
tus, anceps, Fraasi. 

Niveau de l'Am. anceps. 

Calcaire gris-jaunâtre, avec quelques oolites ferrugineuses à la 
partie supérieure visible sur 2 

Am, Fraasij Am. Jason. 

La différence n'est pas très considérable : les couches 2 et 3 
présentent bien la faune du Callovien II b\ pourtant les 
formes des couches supérieures y sont plus fréquentes que 
ce n'est généralement le cas, et de plus on y voit pour la pre- 
mière fois l'Amm. Arolicus à un niveau aussi bas, tandis 
que l'Amm. Fraasi les rattache au contraire à la couche in- 
férieure. 

Les deux autres localités sont dans la Chaîne du Re- 
culet. 



— 108 - 



Fontaine Napoléon entre Gex et la Faucille. 

4. Marnes grises sèches. 2 01 
Couches de Buuiensdoh^. 3. Bancs compactes avec marnes ver- 

dàtres intercalée*. Spongiaires rares. 2 50 

Gallovien. 2. Calcaire dur, compacte avec petits grains de glau- 
come. A la partie supérieure, ces grains deviennent plus fré- 
quents, ils sont mélangés de grains de limonite qui forme aussi 
quelques nids. 0 50 

Bel. hastalus, Am. cf. puncïatus, Pleur oiomaria, sp. inch 

1. Marnes gréseuses, bleues intérieurement, gris-jaune par alté- 
ration. 

La couche 2 semble appartenir au Gallovien IL b; la cou- 
che 1 n'a par contre pas l'aspect callovien, je n'y ai pas trouvé 
cle fossiles. Une coupe analogue se trouve plus au sud, dans 
la combe au-dessous du Montrond. 

La route d'Entremont, vis-à-vis du Fort de l'Ecluse près 
Bellegarde, m'a présenté les couches de Birmensdorf très 
puissantes (environ 40 m ) et riches en Spongiaires. Au seul 
point où il m'a été possible de voir leur superposition, elles 
reposent directement sur un calcaire gris, jaunâtre par alté- 
ration, compacte, sans trace d'oolites et très dur. Je n'y ai 
trouvé qu'une Avicole et un Pecten indéterminables. Tout à 
côté, un tas de pierres m'a fourni quelques morceaux d'un 
calcaire compacte, dur, contenant de nombreuses oolites dont 
la couche extérieure est ferrugineuse et le noyau calcaire. 
Un de ces morceaux contient un fragment de fossile que je 
crois appartenir au Lima pectiniformis Schl., et un autre, un 
fragment très net de VAm. Brighli Pratt. 

Il n'y a donc pas de doute que ces fragments soient les re- 
présentants du Gallovien ; mais comme l'affleurement n'en 
présente pas de trace, il est probable qu'ils n'existent que par 
nids, fait qui n'est ni nouveau ni rare. L'identité de la roche 
empâtant les oolites et de la roche en place, qui n'en contient 
pas, exclut l'idée que ces nids oolitiques se soient déposés 



- 109 - 

dans des anfractuosités d'un étage plus ancien. Une certaine 
quantité de calcaire gris devra donc être considérée comme 
déposée en même temps que le callovien d'autres localités. 

Considérations sur l'ensemble du Callovien. — Nous avons 
vu que la couche à Am. macrocephalus est intimement liée 
au Bathonien; elle n'est pas moins intimement liée aux cou- 
ches qui la surmontent. Nous voyons 7 de ses Céphalopodes 
(sur 10 que je mentionne) passer dans le Callovien supérieur, 
10 de ses Brachiopodes (17) et k de ses Oursins (9). 

La liaison entre le Callovien II a et le Callovien II b n'est 
pas moins intime; sur 30 espèces déterminées de ce dernier 
niveau, 16 se trouvent déjà dans les couches inférieures. 
D'un autre côté, il n'est souvent pas possihle de tracer une 
ligne de démarcation entre le Bathonien et le Callovien (Dalle 
nacrée, chaîne du Reculet, etc.). 

Dans la division des terrains jurassiques en sous-systèmes 
ou groupes d'étages, il sera donc préférable de grouper le 
Callovien avec le Bathonien (Quenstedt, Mœsch) que de le 
réunir à TOxfordien (Oppel, Mayer, Renevier); soit que l'on 
divise les terrains jurassiques en trois ou en quatre sous-sys- 
tèmes : Lias, Dogger et Malin, ou Lias, oolite inférieure, oolite 
moyenne et oolite supérieure. La réunion en sous-systèmes a 
surtout de l'importance au point de vue des cartes géolo- 
giques; dans toute la chaîne du Jura, le Callovien II b peut 
servir de ligne de démarcation entre Toolite inférieure et 
Toolite moyenne (ou Dogger et Malm), tandis que toute autre 
limite aura le désavantage de placer les zones inférieures 
tantôt dans un groupe, tantôt dans l'autre, suivant les régions 
où l'on se trouvera. 



CHAPITRE II 

ÉTAGE OXFORDIEN. 



Eu 1875, je ne connaissais pas le parallélisme des couches 
à Ara. macrocephalus et de la dalle nacrée, je ne connaissais 
pas non plus la constance du niveau de l'Amm. athleta dans 
toute Tétendue du Jura. Je croyais alors à la possibilité d'é- 
tablir un grand groupe oxfordien comprenant le Callovien et 
l'Argovien, analogue à l'Oxfordien de MM. Marcou, Etallon, 
Renevicr, etc. C'est une des raisons qui m'avaient porté à 
ranger les couches à Am. Renggeri dans le Callovien, ainsi que 
le font MM. Greppin et Mayer. 

Dans le Jura, les couches à Am. Renggeri ont une faune 
présentant une grande analogie avec celle du Callovien et 
n'en présentant que peu ou point avec celle de l'Argovien. 
Dans une excellente notice sur le Callovien et l'Oxfordien du 
versant méditerranéen de la Côte-d'Or (l), M. J. Martin fait 
voir qu'il n'en est pas de même partout, et que les environs 
de Dijon présentent le fait contraire. Il attaque vivement la 
réunion des couches à Am. Renggeri au Callovien, réunion 
à laquelle je renonce pour les motifs exprimés ci-dessus. 

M. Martin attaque aussi l'expression d'Argovien comme ne 
désignant qu'un faciès particulier et faisant double emploi 
avec celui d'Oxlbrdien. L'étude des faciès étant le point le 
plus important de la stratigraphie actuelle, je crois qu'une dé- 
signation spéciale est loin d'être inutile. L'expression ù!Argo- 
vien a pourtant des désavantages : l'interprétation générale 
ne comprenant que les couches de Birmensdorf, d'Effmgen et 
du Geissberg, tandis que M. Marcou y comprenait aussi les 



(1) Bull Soc, géol, t. Y, 1877» 



couches à Pholadomya exaltata (0 qui appartiennent au faciès 
franc-comtois. Un autre inconvénient de ce terme est que 
plusieurs auteurs s'obstinent à ranger dans l'Argovien le 
faciès à Spongiaires de l'Astartien, parce que M. Marcou l'a 
compris dans sa synonymie. Il est pourtant bien clair qu'en 
créant des termes dans une description du Jura salinois , 
M. Marcou avait en vue le Jura salinois et non des contrées 
incomplètement connues et dont il ne donnait qu'une syno- 
nymie plus ou moins hasardée. 
L'étage oxfordien comprendra donc : 



Faciès franc-comtois. 

Couches à Phol. exaltata. 
Couches à Ara. Renggeri. 



Faciès argovien. 

Couches du Geissberg. 
Couches d'Efflngcn. 
Couches de Birmensdorf. 



Dans les localités où les deux faciès se trouvent réunis, le 
deuxième est au-dessus du premier, comme on le verra plus 
loin. 

Pour éviter d'allonger mes phrases, je m'abstiendrai de dire 
faciès argovien de l'oxfordien; à moins d'indication spéciale, 
ce ne sera que cet étage que j'aurai en vue dans ce chapitre, 
lorsque je parlerai de faciès argovien. 



(2J Marcou, 1846, p. 8G et suiw, 185G, p. 37. 



— 112 — 



COUCHES A AMMONITES RENGGERI (i). 

Synonymie. 

Marnes oxfordiennes, Marcou, 1846 et 1856; Etallon, 1857; Vézian, 

1860; Résal , 1864. 
Marnes oxfordiennes a fossiles pyriteux, Etallon, 1860; Bonjour, 

1863. 

Marnes a Am. grenatus , Ogérien, 1867. 

Marnes sous-oxfordiennes pyriteuses, ou marnes calloviennes , Greppin, 
1867. 

Marnes à fossiles pyriteux, Greppin, 1870. 
Marnes oxfordiennes (niveau inférieur), Falsan, 1873. 
Marnes calloviennes ou oxfordiennes a fossiles pyritedx , Ghoffat, 
1875. 

J'ai fréquemment pu me convaince que les termes de marnes 
à fossiles pyriteux et de marnes oxfordiennes sont une cause 
de confusion, ces termes étant aussi employés pour les couches 
d'Effingen qui contiennent des fossiles présentant le même 
état de conservation. Parmi les noms tirés de fossiles, on a 
proposé les Am. biarmatus, Lamberti et cordatus; ces trois 
Ammonites se trouvent dans le Callovien, et le dernier est 
très fréquent dans les couches à Phol. exaltata et se trouve 
aussi dans les couches de Birmensdorf. Ogérien a reconnu 
la valeur de FAin. Renggeri, qu'il nomme crenatus ; quelques 
rares exemplaires passent aux couches à Phol. exaltata. 

Description. — Marnes noires ou d'un bleu noirâtre prises 
à de grandes profondeurs, jaunes ou bleuâtres après l'expo- 
sition à l'air. Contiennent toujours une grande quantité de 
fossiles, généralement à l'état de moules pyriteux. 

Ces marnes reposent toujours sur le Callovien II b avec le- 
quel elles ont de grands rapports paléontologiques ; leur limite 
supérieure est par contre sujette à des variations. Dans le Jura 



(1) Voir cette espèce dans la II e partie. 



central et l'ouest du Jura occidental et du Jura méridional, 
elles passent insensiblement anx couches à Phol. exaltata, 
tandis qu'elles sont directement recouvertes par les couches 
de Birmensdorf un peu plus à l'est et qu'elles manquent com- 
plètement vers le bord, intérieur de la chaîne, où les couches 
de Birmensdorf reposent directement sur le Callovien II b. 

Les localités suivantes peuvent servir à fixer leur limite ho- 
rizontale : 



Présence. 

Hasenmatte (canton de Soleure;. 
Reuehenette près Bienne. 
Maison-Monsieur. 

Mont-Pelé près Pontarlier. 
Boujailles. 

Entre-Côtes près les Planches. 

Prénovel. 

Molinges. 

Apremont près Oyonnax. 
Gourrerie (S. de Nantua). 
Tenay (Bugey). 
Lompnaz. 



Absence. 



Chasserai. 

Ghaux-de-Fonds. 

Pont de la Hoche (Morteau). 

Larmont. 



Morez. 

Saint-Claude. 
Crêt de Chalam. 
Fort de l'Ecluse. 

Ghanaz, Chevelu. 



La planche I montre cette limite, tracée d'après ces loca- 
lités et le plus ou moins de puissance des couches. 

Faune. — Dans la chaîne du Jura, la faune des marnes à 
Am. Renggeri est essentiellement composée de Céphalopodes 
qui, par leur grande abondance et leur mode de fossilisation, 
ont de tout temps attiré l'attention. Les Ammonites étant gé- 
néralement de petite taille et rarement adultes, leur détermi- 
nation est souvent très incertaine; c'est surtout le cas pour les 
Périsphinctes que d'Orbigny a réunis sous le nom d'Am. pli— 
catilis. En brisant de gros échantillons de Périsphinctes du 
Callovien, ou peut s'assurer que dus espèces très différentes à 
lage adulte peuvent être identiques dans le jeune âge. 

En outre des Céphalopodes se trouvent quelques Gastéro- 
podes et quelques Lamellibranches de petite taille* Ce sont 

8 



— 114 — 

principalement des Nucules et des Arches dont le test à l'état 
calcaire est très rarement conservé. 

Les Brachiopodes ne sont pour ainsi dire représentés que 
par une grande quantité de Terebr. dorsoplicata et par le 
Waldh. impressa et le Rhync. Thurmanni en moins grand 
nombre. Si l'on ajoute à cela un ou deux rares Echinides, on 
aura l'aspect de cette faune (0. Pour compléter cet aspect, il 
faut y ajouter quelques fruits appartenant à des plantes ter- 
restres, fait qui pourrait être pris comme preuve d'un conti- 
nent septentrional. 

Les différences de faunes entre la partie occidentale et la 
partie orientale de cette zone portent surtout sur le sous-genre 
Phylloceras. Dans les environs de Besançon , où ces marnes 
présentent une richesse extraordinaire, ce sous-genre semble 
faire défaut, ou du moins ne présente que de rares exem- 
plaires ; à partir de Salins, l'Ain, tortisulcatus se rencontre 
assez fréquemment, il devient même commun vers leur limite 
orientale. D'autres Phylloceras se trouvent à partir de Cham- 
pagnole, ce sont les Amm. ziguodianus d'Orb.; flabellatum 
Neum. et d'autres espèces indéterminées. L' Ammonites sca- 
phytoides appartient aussi à cette même coutrée, ainsi que 
Ta fait remarquer M. Coquand. 

Un fossile très répandu dans ces couches, le Waldh. im- 
pressa, a causé de nombreuses confusions dans les syncbro- 
nismes par suite de sa présence à un second niveau, les cou- 
ches d'Efrlngen; je reviendrai plus loin sur ce sujet. 

Sur 50 espèces citées, 12 se trouvaient déjà dans le Callo- 
vien (astérisque avant le nom), 18 sont propres à ces couches 
et 28 passent dans les couches supérieures (astérisque après 
le degré de fréquence). 



(1) Gomme on le voit, elle ne présente guère de ressemblance avec 
celle de la Gôte-d'Or qui, d'après la liste de M. Martin, renferme une 
grande quantité de Gastéropodes, de Lamellibranches, de Brachio- 
podes et d'Echinodernes. 



— 115 — 



Faune des couches à Ammonites Renggeri. 



? Sphenodus longidens Ag. 


2 




* Belemnites hastatus Blainv. 


4 


* 


» pressulus Qu. 


4 


* 


* » Glucyensis May. 


1 




? Nautilus Calloviensis Opp. 


1 




Aptychus latus Park. 


3 


* 


* Ammonites cordatus Sow. 


5 


* 


f » Lamberti Sow. 


2 


* 


* » Mariai d'Orb. 


3 




» Sutherlandiae Murch. 


1 




* » tortisulcatus d'Orb. 


2 




» Zignodianus d'Orb. 


1 




» alï. flabellatum Neum. 


i 




» Henrici d'Orb. 


l 




» Eucharis d'Orb. 


3 




» Hersilia d'Orb. 


1 




* » punctatus Stahl. 


4 




* » Brighti Pratt. 


3 




» lunula Ziet. 


5 




» scabridus Opp. 


3 




» Suevicus Opp. 


5 




» denticulatus Ziet. 


4 




» oculatus Bean. 


2 




» Renggeri Opp. 


3 




» Ghappuisi Opp. 


2 




» scaphytoides Coq. 


2 




» spec. indet. (Perisphinc). 


5 




» perarmatus Sow. 


4 




» Babeanus d'Orb. 


1 




» Eugenii Rasp. 


3 




» Arcluennensis d'Orb. 


2 




Gerithium Russiense d'Orb. 


5 




Turbo Meriani Gdf. 


4 


* 


Alaria Gagnebini Th, 


3 




» Danielis Th. 


2 




Astarte percrassa Et. 


3 




Nucula Electra d'Orb. 


5 




» Oppeli Et. 


5 




Arca cf. subdecussata Mu. 


4 




Avicula aff. Munsterii Gdf. 


3 




* Pecten subfibrosus d'Orb. 


3 




Plicatula subserrata Gdf. 


3 





— 116 - 



* Terebratula dorsoplicata Suess. 5 * 

Waldheimia impressa Broun. 3 * 

Rhynchonella Thurmanni Voltz; 4 * 

» minuta Buv. 1 * 

Pseuclodiadema superbum Ag. 1 * 

Gidaris Hugii Des, 1 *• 

Pentacrinus pentagonalis G-df. 5 * 

» cingulatus Mu. 1 * 

Serpula lineata Mu. 1 

Trochocyathus (?) Pelemontanus Th. sp. 2 

» » Erguelensis Th. sp. t- 

Plantes. 

Gycadeospermum Ghoffatianum Heer. 1 



COUCHES A PHOLADOMYA EX ALT AT A. 



Synonymie. 

Argile a Madrépores avec ch aillés (pars), Thirria, 1830. 

Terrain à chailles (pars), Thurmann, 1$33. 

Argile avec chailles, Thirria, 1833. 

Argovien (partie inférieure), Marcou, 184G et 1S5G- 

Terrain a chailles , Etallon , 1858. 

Calcaire a Pholadomyes et terrain a chailles (pars), Vezian, 1860. 
Pholadomyen, Etallon, 1860 et 1862. (Pour le Jura graylois.) 
Oxfordien (partie supérieure). Calcaire marneux avec chailles, Fro- 
mentel, 1864. 

Rognons oxfordiens et terrains a chailles, Résal, 1864. 

Marnes a Phol. exaltata, Ogérien, 1867. Pour le Bas-Jura. (Dans le 
Haut-Jura, Ogérien a confondu ces couches avec celles du Geissberg, 
c'est pour cette raison qu'il les place à la partie supérieure de l'Ox- 
fordien.) 

Terrain à chailles marno-calcaire , Greppin, 1867 et 1870. 
Couches de passage, Choffat. Corallien (Coupe du Mont-Rivet). 
Argovien, Choffat. Corallien (Coupe de Nans-sous-Sainte-Anne). 
Non terrain a chailles. Auct. 

]%on Pholadomyen, Jaccard, 1869; Tribolet, 1873. 

En abordant le sujet si différemment interprété de la posi- 
tion du terrain à chailles, je crois devoir sortir des limites 
tracées et commencer par l'étude de la contrée où fut pris 
le type du terrain à chailles, la Haute-Saône. On peut l'étu- 
dier à une faible distance du département du Doubs, dans 
deux localités qui se complètent mutuellement : la route de 
Chassey à Eprels et les tranchées du chemin de fer près de la 
gare de Fontenois-les-Montbozon ; j'ai eu l'avantage de lés 
étudier pendant la construction de la ligne. 



Coupe de Chassey et de Fontenoisles-Montbozon. 

7. Calcaire à oolites milialres, moins compactes que 6. 4 ra 
6. Calcaire à grosses oolites. Exploité dans plusieurs carrières. Ces 
couches s'observent dans les deux localités, j'en réunis la 
faune : 9 



— 118 - 



Nerinm aff. ornala d'Orb. 4 Pecten inlertextm Bœ. 2 

Cerithium tortite H. et D. 4 Hemicidaris intcrmedia F. 

Turbo giobatus d'Orb. 3 Cidaris cervicalis Ag. 

Dentatium jurense Et. 2 Pentacrinites astralis Qu. 

Pecten Beaumontianus Buv. 4. 

5. Ooolites calcaires désagrégées ou reliées par un ciment ne rem- 
plissant pas les intervalles. Le grand diamètre des oolites atteint 
jusqu'à 6 c. il est en général le double du second. 5 m 

Quelques fossiles des couches supérieures. 

4. Couche à polypiers siliceux. ? 1 

Heliastrea Lifoliensis E. et H. Isastrea explanata Gdf. sp., 

Stylina granulosa From. Astrocœnia pentagonalis 

Gdf. sp. 

Terrain a ch ailles. 

3. Marno-calcaire siliceux, grenu, contenant des lits de chailles 
géodiques remplies de silice pulvérulente et de chnilles à inté- 
rieur compacte (sphérites). Fossiles siliceux, renfermés dans les 
chailles et dans la matière ambiante. A la partie supérieure, 
plaquettes couvertes de trigonies. 30 

Belemnites pressulus; Am. Eugenii, ï\enggeri> cordatus, Lam- 
berti, Suevicus; Trochus Hethis d'Orb.; Cerithium sp. nov ; 
Dentalium jurense Et.; Lucina circumcisa Z. et G.; Cardium 
integrum Buv., Trigonia perlata Ag.; Tr. aspera Lam. 5, 
Collyrites bicordata Lesk. 4. 

2, Banc de grosses sphérites compactes, à cassure esquilleuse, 
noyées dans une pâte marno-calcaire grenue alternant avec des 
bancs de marne feuillette grise ou gris-noirâtre. Fossiles sili- 
ceux ou calcaires, aussi bien à la partie supérieure qu'à la base. 20 
Bel pressulus ; Phol. lineata-, Goniomya constricta: Gervilia 

angustata; Hinnites velatus; Terebratula Galliennei; Waldh. 

Parandierî; Rhync. Thurmanni ; Mitlericrinus echinatus; 

Serpula gordialis. 

Marnes a Ammonites Renggeri. 
Forment la combe de Sorans. Faune habituelle de ces marnes. 



La présence des Am. Eugenii, cordatus, Lamberti, Suevicus 
et Renggeri jusqu'à la partie supérieure des chailles de la 
Haute-Saône ne laisse pas de doute sur la place que Ton doit 
leur assigner. Etallon les range du reste déjà dans FOxfor- 
dien (1858, 1860 et 1862), au-dessous de son Glypticien, repré- 



— 119 — 

senté par la couche 4 ; M. de Fromentel fait aussi cette sépara- 
tion (J864). Les environs de Besançon présentent des strates 
analogues, 

Coupe de la marnière de Patente au sommet de la colline 

5, Ghailles géodiques. (Fossés du fort.) 

Terebr. Galliennei 5; Waldh. Parandieri 5 ; Rhijnch. Thurmanni 5; 
ColUj rites bicordala 5. 

4. Calcaires marneux avec quelques fossiles calcaires. 

3. Bancs de marno-calcaires jaunes empâtant des sphérites compactes 
et des cha.ill.es géodiques remplies de silice pulvérulente et conte- 
nant beaucoup de fossiles. 

Bel. hastatu.s, pressulus; Ani. cordatus, planuL sp. ind.; Astarieper- 
crassa-, Opis fragilis Mœsch.-. Area continua; Peclen subflbrosus-, 
Ostrea spiralis; Terebr. Galliennei-, Rhync. Thurmanni; Colly- 
riles bicordala ; Serpula gordialis } Thirriai. 

2. Marnes grises avec bancs de sphérites; fossiles calcaires ou pyri- 
teux. 

Bel. pressulus; Am. cordalus. oculatus-, Turbo Meriani; Phol. li- 
neala-, Pleurom. varians; Osl. percrassa: Arca continua; Penlacr. 
penlagonalis. 

Marnes a Ammonites Renggeri. 

Torpes est depuis longtemps réputé pour l'abondance de 
ses fossiles. Les plus fréquents sont : Tercb. Galliennei, Waldh. 
Parandieri, Rhync. Thurmanni et M Mer ic ri mis echinalus aux- 
quels se joignent quelques radioles de Gidaris cervicalis et 
de Gid. Blumenbachi, ainsi que le Collyrites bicordala et le 
Dysasler granulosus. 

Le parallélisme de Torpes et de Palente n'offre pas de dif- 
ficulté ; il n'en est pas de même de Fontain où la position 
stratigraphique n'est pas visible et où Ton a une faune d'échi- 
nides, principalement le Cidaris florigemma , avec un grand 
nombre de tiges d'Encrines (je n'y ai trouvé qu'un calice : 
Millericrinus Duboisianus) et quelques rares Hemicidaris 
crenularis et Glypticus hierogliphycus. 

M. Vôzian a donné une courte description de l'Oxfordien 
des environs de Besançon (1860). Il range le terrain à chailles 



— 120 — 

dans le Corallien et semble le faire commencer avec la pré- 
sence des fossiles siliceux. Les coupes de Fontenois et de Pa- 
tente font voir que la présence de la silice est complètement 
indépendante de la faune, et que ces deux stations appartien- 
nent à l'Oxfordien. Il est, par contre, probable que Fontain 
appartient au Glypticien d'Etallon, soit à l'horizon de l'Ara, 
bimammatus. 

Les chailles géodiques s'avancent jusqu'à la frontière du 
Jura bernois (Damvant). A l'est de cette localité, on ne trouve 
plus que des rognons calcaréo-siliceux auxquels Thurmann 
donna le nom de sphérites. Ce géologue nomma terrain à 
chailles les strates comprises entre les marnes à Am. Reng- 
geri et le calcaire corallien, c'est-à-dire les couches à Phol. 
exaltata et la zone de l'Am. bimammatus qui n'est souvent 
représentée que par des couches marno-calcaires de peu d'é- 
paisseur et ne contenant ni chailles ni sphérites. Lorsque les 
géologues suisses scindèrent ces deux zones, ils portèrent gé- 
néralement le nom de terrain à chailles à la zone supérieure, 
ce qui est précisément contraire à la signification que Thirria 
avait donnée à ce terme. 

Etallon a déjà protesté contre ce fait en 1858 (p. 406), 1860 
et 1862, et a montré que le terrain à chailles appartient à 
l'Oxfordien et est inférieur à l'horizon de l'Am. bimammatus 
qu'il divise en deux niveaux : le Glypticien et le Zoauthai- 
rien. M. de Fromentel (1864) a aussi rangé le terrain à chailles 
dans l'Oxfordien, en le séparant de la zone à Am. bimamma- 
tus Il semble réellement inconcevable qu'après des explica- 
tions aussi précises aue celles données par Etallon, on ait con- 
tinué à se servir du terme de terrain à chailles et surtout que 
Ton ait pu le donner comme synonyme de Glypticien! Cette 
confusion provient peut-être de ce qu'Etallon conserva dans 
le Lethea Bruntrutana la classification de Thurmann, lais- 
sant le terrain à Chailles dans le groupe corallien sous le nom 
à'Hypocorallien, mais le séparant pourtant de son Glypticien 
qu'il range dans l&jone corallienne. 



— 121 — 

Dans ses études sur le Jura graylois, Etallon donne une 
description détaillée de l'Oxfordien et crée le nom de Phola- 
domyen pour le terrain à chailles. En 1860, il ne se "borne pas 
au Jura graylois, mais introduit dans ses considérations l'Ox- 
fordien de la Haute-Marne et du Haut-Jura qui présente le 
faciès argovien. Il en résulte naturellement une grande con- 
fusion; il parle de la partie supérieure de leur Oxfordien, soit 
des couches du Geissberg, sous le nom de Pholadomyen, d'où 
il s'ensuit qu'il range les couches de Birmensdorf au-dessous 
du terrain à chailles, tandis que nous verrons plus loin qu'elles 
le recouvrent. En 1862, il semble avoir partiellement reconnu 
son erreur, car il borne ses considérations au Jura graylois, 
pour son Pholadomyen du moins. 

Quoiqu'il en soit, c'est pour les couches à Phol, exaltaîa que 
fut créé le nom de Pholadomyen, c'est à ces couches qu'il 
devrait être appliqué; on s'en est au contraire généralement 
servi pour désigner les couches du Geissberg; ce nom ne peut 
par conséquent plus être employé sans confusion. 

La limite inférieure des couches à Phol. exaltata est géné- 
ralement très peu nette; les marnes à Am. Renggeri alternent 
à leur partie supérieure avec des bancs de sphérites marno- 
calcaires, contenant des fossiles calcaires dont une partie ne 
se trouve pas dans les couches inférieures, tandis que les 
marnes intercalées présentent encore quelques formes des 
marnes à Am. Renggeri à l'état pyriteux. Ces fossiles pré- 
sentent pourtant quelques variations qui permettent généra- 
lement de les distinguer des individus de même espèce pro- 
venant des marnes h Am. Renggeri. Telles sont les variétés 
d'Am. cordatus que je décris dans la IP partie; ces formes 
sont fréquentes, aussi bien dans les environs d'Andelot que 
dans ceux d'Arinthod. 

Les bancs de sphérites se rapprochent de plus en plus, tout 
en devenant de moins en moins marneux, les fossiles pyriteux 
disparaissent ; vers la partie supérieure on a un marno-cal- 
caire siliceux, jaunâtre ou bleuâtre contenant encore des 



- 122 - 

espèces oxfordiennes. L'apparition des polypiers siliceux de 
la zone à Am. Bimammatus forme leur limite supérieure; 
tel est le cas à Ornans, à Fertans, à Eternoz et à Nans-sous- 
Sainte-Anne. Dans ces diverses localités, les couches à Pliol. 
exaltata ont une puissance de 30 à 40 m . La limite supérieure 
est beaucoup plus confuse dans les environs de Besançon et 
dans la Haute-Saône, comme l'a fait remarquer Etallon. 

Dans la partie intérieure de leur aire, les couches à Phol. 
exaltata sont recouvertes par les couches de Birmensdorf ou 
leur passage aux couches à Am. bimammatus. Dans ces deux 
cas, leur limite supérieure est parfaitement tranchée, autant 
par le caractère pétrographique que par le changement de 
faune. Les couches à Phol. exaltata n'y étant qu'incomplè- 
tement déposées n'y présentent que les caractères de leur 
partie inférieure. Nous reviendrons plus loin sur ce sujt. 

Les couches à Phol. exaltata ont encore une épaisseur de 20 
à 30 m dans les localités où elles sont recouvertes par le pas- 
sage des couches de Birmensdorf aux couches à Am. bimam- 
matus. Leur épaisseur est à peu près la même à Arc-sous- 
Montenot, elle n'est plus que de 13 m à Andelot, de 4 à 5 au 
Mont Rivel, et elles n'existent plus à Cize et à la Billode. 

Au sud du département du Jura, on retrouve ces couches 
à l'ouest de l'Ain ; comme les couches de Birmensdorf ne s'y 
sont pas formées, elles sont recouvertes par celles d'Efïingen. 
J'ai constaté leur présence h Gevingey, entre Andelot-lez- 
Saint-Amour et Morval, à Savigna et à Valfin-sur-Valouse ; 
cette contrée demanderait à être étudiée avec plus de soins. 

A Apremont (Petit Vallon), ces couches n'ont qu'une épais- 
seur de 1 a 2 m , tandis qu'elles paraissent beaucoup plus puis- 
santes à la Late et à la Gourrerie entre Nantua et Brenod. 
On peut leur attribuer de 3 à 6 m dans les environs de Saint- 
Rambert. 

Les localités suivantes peuvent servir à fixer leur limite sud 
et sud-ouest : 



- 123 - 



Présence. 



Absence. 



Montoz (Jura bernois). 



Reuchenette, 

Maison-Monsieur. 

Pont de la Roche près Morteau. 

Larmont près Pontarlier. 



Consolation. 

Haute-Pierre près Mouthier. 
Sept-Fontaines. Bouj ailles. 
Champagnole. 

Gevingey près Lons-le-Saunier. 

Savigna (N. d'Arinthod). 

Apremont. 

Gourrerie. 

Tenay. 



Mont-Varet près Glairvaux. 
Saint-Claude. 



Gize. Billode. 



Mont du Chat. 



Faune. — J'ai porté la faune dans trois colonnes, la pre- 
mière comprend Palente, Torpes et Fortans, c'est-à-dire des 
localités à faciès franc-comtois; la deuxième comprend les 
localités où ces couches sont recouvertes par le passage des 
couches à Am. bimammatus aux couches de Birmensdorf : 
Dournon, Bief des Laizines; la troisième, enfin, les localités 
où ces couches sont recouvertes par les couches de Birmens- 
dorf : Andelot, Supt, Mont-Rivel, Arc-sous-Montenot. La plus 
grande partie des fossiles provient d' Andelot où ces couches 
sont bien découvertes par suite des travaux du chemin de fer. 
Les colonnes I et S indiquent les espèces qui se trouvent déjà 
dans les couches inférieures ou qui passent dans les couches 
supérieures. Dans cette dernière colonne, les espèces qui pas- 
sent dans les couches de Birmensdorf typiques portent le 
signe *, celles qui se trouvent dans les couches supérieures 
sans se trouver dans les couches de Birmensdorf, le signe f . 



Faune des couches à Pholadomya exaltata. 



I. 



3 



S. 



Belemnites pressulus Qu. 




5 



» hastatus Blainv. 
Aptychus latus Park, 
Ammonites cordatus Sow. 



3 
5 



3 
5 



— 124 — 





I. 


l 


2 


3 


S' 


Ammonites cordât us var. 






5 


5 




» Suther landitB jMurch. 


* 




1 






» tortisulcatus d'Orb. 


* 






* 


* 


» Delemontanus Opp. 






4 


4 




» lunula Ziet. 






'i 


4 




» punctatus Stahl. 


* 






1 




» hispidus Opp. 








1 




» oculatus Bean. 


* 


* 


2 


2 




» Renggeri Opp. 






î- 


î 




» Christoliî Beaud. 








1 




» spçc. indet. (Pcrisphinctes) 






5 


5 


* 


» Schilli Opp 








1 




» perarmatus Sow. 


* 




3 


3 




» OEgir Opp. 




¥■ 


3 


3 


* 


Alaria Gagnebini Th. 








l 




Turbo Meriani Gdf. 




*■ 


o 


2 


+ 
i 


Pleurotomaria Mun^teri Rœ. 








î 


t 


» Bouchana d'Orb. 








1 


Pleuromva variant Ag. 




* 


3 


4 




w sinuosa Ag. 






3 


1 


t 


Pholadomya exaltata Ag. 




* 


2 


1 


» paucicosta Rce. • 




¥■ 


2 


1 


+ 


» canalîciilata Roc. 








3 


+ 
i 

+ 


» hemicarrtia Rœ. 






3 


3 


» lineata Gdf. 




f- 






j 


Thracia incerta Desh. 




* 






f 


Unicardium globosum. Ag. sp. 






3 


3 


Astarte percrassa Et. 




■k 


5 


5 


+ 
t 


Trigonia monilifera Ag. 






3 


3 


+ 


Arca concinna Phill. 




5 


5 


5 


+ 
i 


Lima Halleyana Et. 








l 


j 


» duplicata Sow. sp. 






4 


4 




Pecten subfibrosus d'Orb. 






4 


\ 




Plicatula subserrata Gdf. 








4 




Ostrea Blandina d'Orb. 








2 


* 


D Tinna Gflf 

)' 1 L <X L J t l V J U I . 


* 






3 




Terebratula dorsoplicata Suess. 




* 


4 


4 




« Galliennoi d'Orb. 




5 


5 


5 


+ 


AValdheimia împressa Brom. 








2 


+ 


» Parandieri Et. 




5 








Rhvnchonella Thurmanni Voltz. 


* 




3 


3 




i> minuta Buv. 






5 


5 


| 


» triloboides Qu. 








1 




» triplicosa Qu. 








2 


+ 
i 


» senticosa Schl. 






4 


4 


+ 


Dysastsr granulosus Ag. 




1 








Gollyrites bicordata Leske. 




5 






+ 
i 


Pseudodiadema superbum Des. 






2 


2 


Rabdocidaris cf. maxima Mu. 








ï 


* 


Asterias jurensis Gdf. 










* 


Millericrinus echinatus d'Orb. 




5 


3 


1 


t 


» . Richardiànus d'Orb. 






1 






Balanocrinus subteres Gdf. 








2 


* 


Pentacrinus pentagonaliis Gdf. 


* 


* 






t 



— 125 — 



Serpula alligata Et. 

» Thirriai Et. 

» gordialis Schl. 
Nullipontes Hechingensis Qu. sp. 



Sur 61 espèces citées, 27 existaient déjà dans les couches 
antérieures, 17 passent dans les couches de Birmensdorf typi- 
ques, et 23 passent dans les couches supérieures à celles de 
Birmensdorf sans sa trouver dans ces dernières, ou ne s'y 
trouvent qu'à Arc-sous-Montenot où le faciès à Spongiaires 
est mélangé ,d'autres espèces. 

Quatre espèces appartenant à la faune des couches de Bir- 
mensdorf se trouvent dans les couches à Phol. exaltata recou- 
vertes par les premières, sans se trouver daus les autres loca- 
lités,. Ce. sont : A m. hispidus, Schilli; Rhync. triloboicleç et Ba- 
lancier inus subteres. 

Les espèces propres à cçs couches sont peu nombreuses ; les 
principales sont : A,m._ Delemontanus , Am. ChristQlii, Pleura- 
raya vqrians et Phol. exaltata 0). 

Les. couchas à Phol. exaltata étant recouvertes par les cou- 
ches à. Am. himammatus dans les contrées à faciès franc- 
comtois, on les a considérées comme parallèles aux couches 
du Geissberg, soit la partie supérieure de l'Oxfordien à faciès 
argovien. On avait été frappé de l'absence des Am. Delemon- 
tanus et cordatus, du Pleuromya varians, du Phol. exaltata 
et du Rhync. Thurmanni dans les couches du Geissberg, 
malgré leur fréquence dans les couches, qui étaient sensées 
leur être parallèles ! La connaissance de la véritable position 



(1) Dans le Jura, je ne connais le Phol. exaltata que de ce niveau. 
M. Mœsch le cite par contre du Gallovien de la Souabe et du Kimmé- 
ridgien des Alpes bernoises. Moesch, Monographie der Pholadomyen, 
(Mém. de la Soc. palcont. suisse, 1874). 



— 126 — 

des couches à Phol. exaltata fait voir que cette absence est 
toute naturelle. 

C'est par suite de cette confusion qu'Ogérien place diverses 
espèces de ces couches, et en particulier le Phol. exaltata, 
à la partie supérieure de l'Oxfordieu à faciès argovien. 

Un autre auteur, M. de Tribolet, cite le Phol. exaltata et 
le Pleur, vanans dans les couches du Geissberg (1873, p. 14). 
Les échantillons sur lesquels cette citation est basée font 
partie de la collection Jaccard, où ils sont encore munis de 
leurs étiquettes. J'ai pu constater qu'ils n'appartiennent nul- 
lement à ces espèces ; c'est probablement leur mauvais état 
de conservation qui aura induit en erreur M. de Tribolet. 

Dans son mémoire sur les Pholadoinyes , M. Moesch cite 
le Phol. exaltata des couches du Geissberg de Gunsberg. Cette 
citation se base probablement sur trois beaux exemplaires 
déposés sous cette désignation au musée de Soleure. 

Ces échantillons présentant l'aspect des fossiles des couches 
à Phol. exaltata du Fringeli et non celui des couches du 
Geissberg, leur vue me lit douter de l'exactitude de l'indica- 
tion du lieu de provenance (U. J'ai visité minutieusement 
l'affleurement de Gunsberg ainsi que la continuation de ses 
couches du côté de Krutlisberg et au nord et au sud du 
Roethifluh. Ces affleurements ne m'ont pas montré la 
moindre trace du Pholadomya exaltata, quoiqu'ils soient riches 
en Phol. paucicosta, canaliculata, lineata et hemicardia. 

11 y a au Gunsberg de même qu'au Geissberg des Phol. 
paucicosta avec de fortes stries d'accroissement, mais ils ne 
sont pas à confondre avec le Phol. exaltata, car ils ont au 
plus cinq côtes dont trois sont fortement marquées et dont 
deux le sont à peine. Ces côtes sont anguleuses et espacées, 
tandis que le Phol. exaltata est orné de neuf à dix côtes 
arrondies et ne laissant qu'un faible espace entre deux. 

Je ne sais si ce sont ces exemplaires ou ceux du musée de 



(1) Une partie du musée de Soleure provient d'anciennes collections; 



— 127 - 

Soleure qui ont porté M. Waagen à citer le Phol. exaitata au 
Gunsberg, mais il est à remarquer que M. Lang ne cite pas 
ce fossile dans son esquisse des environs de Soleure. 

S'il y avait un passage direct entre les couches à Phol. 
exaitata et les couches du Geissberg, il devrait surtout se faire 
remarquer dans la chaîne du Graitery et du Probstenberg, 
qui est au nord de celle du' Weissenst'ein et par conséquent 
plus rapprochée du faciès franc-comtois. Les couches du 
Geissberg y sont aussi riches qu'à Gunsberg mais ne m'ont 
pas davantage fourni le Ph. exaitata. Il est donc probable 
que le Jura seleurois ne fait pas exception à ce que j'ai observé 
dans le Jura occidental et le Jura central. 



M. Mœsch (18G7, p. 87) a déjà fait voir que l'on ne peut pas accorder 
toute confiance à ses désignations de localités et de niveaux. 



— 128 — 



COUCHES DE BIRMENSDORF^ 

Synonymie, 

Marnes et calcaires de Birmensdorf. Mousson, 1840 (1). 
Argovien (pars), Margou, 1846 et 1856. 

Spongitien. Etallon, 1857. Bonjour, 1863. Jaccard, 1869. Tribolet, 
1873. 

Calcaire a scyphies. Desor et Gressly, 1859. Falsan, 1873. 
Calcaire marneux grumeleux. Lory, 18C0. 
Zone de V Ammonites transversarius (pars). Oppel, 1863. 
Zone de U Ammonites transversarius, Oppel, 1866. 
Couches de Birmensdorf. Mœsch, 18ô7. Choffat, 1875. 
Calcaires marneux a spongiaires. Ogérien, 1867. 

L'expression de Spongitien présente les mêmes inconvé- 
nients que celle de Corallien; suivant les contrées, elle est 
appliquée à des bancs de Spongiaires d'âges différents; elle 
n'est de plus que la traduction de Spongiten — ou Scyphia- 
Kalke, expression que M. Quenstedt applique à un niveau 
bien supérieur aux couches de Birmensdorf, les couches de 
Baden. La localité de Birmensdorf est du reste classique et 
son nom adopté par la généralité des géologues. 

Description. — Calcaires et calcaires marneux, gris, gris- 
jaunâtres, rugueux, avec nombreuses irrégularités, alternant 
avec de minces lits de marne. 

Fossiles très nombreux dans les marnes et dans les cal- 
caires. La faune est celle des bancs d'Hexactinellides*^) : des 
Céphalopodes, des Brachiopodes , des Echinodermes et des 
Spongiaires. Ces derniers sont généralement en nombre con- 
sidérable et quelques espèces présentent un diamètre qui peut 
dépasser 50 centim. Etallon en cite 29 espèces des environs 



(1) Mousson. Geologische Skizze der Umgebungcn von Baden* 

(2) V. II e partie. 



— 129 — 



de Saint-Claude. Si je n'ai que peu d'espèces à citer, cela pro- 
vient de ce que je les ai considérées eu bloc, vu le peu d'im- 
portance spécifique qu'elles avaient jusqu'à ce jour 0). 

Ces couches existent parfois sans Spongiaires (v. plus loin). 

Les couches de Birmensdorf forment généralement un bour- 
relet à la surface du terrain, lorsqu'elles sont comprises entre 
deux assises marneuses; ce bourrelet peut être reconnu à de 
grandes distances. 

Les couches de Birmensdorf reposent sur les couches à 
Phol. exalfata dans la partie extérieure de leur aire; sur les 
marnes à Am. Renggeri, dans la partie médiane, et sur le 
Callovien II b dans la partie interne. 

Etallon (1857) dit qu'elles reposent parfois sur le batho- 
nien, mais ne cite pas de localités ; je ne connais que le Fort 
de l'Ecluse qui pourrait donner lieu à cette confusion. (Voir 
plus haut.) 

La limite horizontale du banc d'Hexactinellides peut être 
tracée d'après les localités suivantes : 



La ligne cl d de la pl. I représente la limite N,-0. du banc 
d'Hexactinellides; il est à remarquer que le reste de la faune 
des couches de Birmensdorf s'étend un peu au dehors de cette 
ligne et vient à recouvrir les ligues a et 6, principalement 
vers l'est. 



Présence. 



Absence. 



Chasserai. 

Col des Roches. 

Larmont. 

Boujailles. Arc-sous-Montenot. 

Yalempoulières. 

Saint-Claude. 

Ap rem on t. ■ 

Confranchette. 



Reuchenette. 

Maison-Monsieur. 

Morteau à Remonot (?). 

Sept-Fontaines. 

Dournon. 

Billode. 

Prénovel. 

Saint-Romain-de-Roches. 
Ceyzériat (?) 



(1) V. IP partie. 



9 



- 130 — 

L'épaisseur du banc de Spongiaires est sujette à de grandes 
variations. Elle augmente en générai avec l'âge des couches 
sur lesquelles il repose et avec sa distance de la limite exté- 
rieure de son aire. 

Localités où il repose sur le Callovien. — La plus grande 
épaisseur que j'aie pu constater se trouve dans la chaîne la 
plus extérieure. En contrebas de la roule d'Entremont, vis- 
à-vis du Fort de l'Ecluse, ces couches sont très marneuses, 
d'un gris plus foncé que de coutume, je les estime à environ 
40 m . Elles sont riches en Spongiaires, mais pauvres en autres 
restes organiques. J'y ai recueilli : 

Belemn. aff. Goquandus d'Orb. Ammonites callicerus Opp. 

Ammonites alternans Buch. » Martelli Opp 

» tortisulcatus d'Orb. » sp. nov. (Perisphinctes). 

» Bruckneri Opp. Hexactinellides. 

Elles reposent sur le calcaire callovien décrit plus haut et sont 
recouvertes par des marno-calcaires hydrauliques sans fos- 
siles. 

La Fontaine Napoléon, près de la Faucille, faisant partie 
de la même chaîne que le Fort de l'Ecluse et en étant rela- 
tivement peu éloignée, on devrait s'attendre à y trouver les 
couches de Birmensdorf avec des caractères analogues. Il y 
a, en elfet, une certaine analogie pêtrographique, mais l'é- 
paisseur n'y est que de 2 m 50 (voir la coupe donnée plus haut) 
et la faune beaucoup plus riche en céphalopodes, mais moins 
riche en Spongiaires. J'y ai recueilli : 

Bel. cf. hastatus; Am. altermans, tortisulcatus, Arolîcus, canaliculatus, 
subclausus, stenorhyncus , Bruckneri, Anar, tenuiserratus , crenatus. 
Martelli, OEgir; Terebratula nucleata. 

Au Grêt de Chalam, ces couches se présentent sous le 
môme aspect et avec la même épaisseur qu'à la Fontaine Na- 
poléon. Il n'en est pas de même au Mont du Chat où elles 
ont l'aspect ordinaire, sont très riches en fossiles et ont une 
épaisseur de 12 m (au-dessus de Chevelu, Orgeval près Cha- 



- 131 - 

naz, etc.). Elles sont encore plus fossilifères à Saint-Claudë, 
où elles présentent une épaisseur de 25 m . Elles m'ont aussi 
fourni de nombreux fossiles à Virieux-le-Grand, mais je n'ai 
pas pu voir sur quoi elles reposent. 

J'ai aussi observé ces couches reposant sur le Gallovien à 
Morez (Jura), au pied de la Dent de Vaulion et de l'Aiguille 
de Beaulmes (coupe donnée plus haut), à Saint-Sulpice, au 
Col-des-Roches près du Locle et au Chasserai dans le Jura 
bernois. 

A Gize et à la Billode près de Ghampagnole, les couches 
de Birmensdorf reposent directement sur les marnes à Am. 
Renggeri, la couche de Spongiaires n'a qu'une épaisseur de 
l m 50, elle est par contre surmontée par des calcaires ne con- 
tenant pas de Spongiaires, mais diverses Ammonites qui me 
portent à les ranger dans les couches de Birmensdorf. 

La route de Trept à Mores tel coupe les couches de Bir- 
mensdorf à la sortie du village. J'y ai recueilli : 

Bel. fiastatus; Am. subclausus, OEgir, Martelli , \ptyckus lamellosus, 
Bhync. Arolica; Meg. runcimta. 

Il y existe une dépression correspondant à des marnes entre 
le Bathonien et les couches de Birmensdorf; je n'ai pas pu 
voir ces marnes à découvert, je ne sais par conséquent pas si 
elles correspondent aux couches à Am, Renggeri et à Phol. 
exaltata ou aux premières seulement. Ce dernier cas est peu 
probable, les couches à Phol. exaltata existant encore au nord 
d'Arandaz. 

Dans les environs de Saint-Rambert et de Nantua les 
couches de Birmensdorf ont une quinzaine de mètres d'épais- 
seur et reposent sur les couches à PhoL exaltata (v. les coupes). 

11 en est de même au Mont Rivel et à Andelot (est de la 
gare) où le banc de Spongiaires n'a que i à 2 m d'épaisseur, 
mais où il est recouvert par quelques mètres de calcaires 
analogues à ceux de Châtelneuf. (Voir les coupes). 

Les couches de Birmensdorf se prolongent horizon talemen 



— 132 — 

en dehors du banc de Spongiaires par des calcaires contenant 
une partie des Céphalopodes , des Brachiopodes et des Gri- 
noïdes qui les caractérisent. On peut les observer dans les 
environs de Glairvaux, du Locle et de la Ghaux-de Fonds, et 
enfin au Montoz, au GraiLery et à Reuchenette, dans le Jura 
bernois (t;. 

Les localités où les couches de Birmensdorf sont typiques 
ne présentent que des différences de faunes de peu d'impor- 
tance. Elles portent principalement sur quelques Brachiopodes 
qui semblent manquer dans l'aire extérieure. Parmi ces der- 
niers se trouve le T. nucleata, avant-coureur des Térébratules 
perforées des contrées alpines. 

La liste des fossiles montre une faune parfaitement normale 
à Andelot; à peu de distance, Arc-sous-Montenot présente 
une faune contenant des Héxactinellides et plusieurs fossiles 
caractéristiques des couches de Birmensdorf mélangés à 
d'autres fossiles dont quelques-uns font partie de la zone à 
Am. bimammatus. 



Pleuromya sinuosa Ag. 
Pfwladomya cf. canàliculata Qu. 
Lima Halleryana Et. 
Ostrea hastellata Schl. 



Colly rites bicordata Desm. 
Âpiocrinus sp. 

Millericrinus echinatus d'Orb. 



La roche, au lieu d'être purement calcaire ou marno- 
calcaire comme dans les autres localités, contient des rognons 
de silice ; cette matière forme aussi le test de quelques fos- 
siles. 

Avant de poursuivre leur parallélisme vers le N.-O., je 



(1) J'ai aussi observé ce fait dans la Côte-d'Or et la Haute-Marne. Les 
environs de Chàtillon -sur-Seine présentent les couches de Birmensdorf 
les plus typiques. Au pied de la colline, au sud de la gare de Latrecey, 
oh ne trouve plus qu'une mince couche ne présentant plus de Spon- 
giaires, mais dans laquelle j'ai récolté : Am. canaliculatus , subclausus, 
stenorhynchus et OEgir. 

Le même fait se reproduit du reste pour les autres bancs d'Hexacti- 
nellides, les couches à Am. bimammatus et les couches 'à Am. ténui- 
lobatus. 



- 133 - 

crois devoir faire connaître la composition des strates repo- 
sant sur les couches de Birmensdorf. 

Faune des couches de Birmensdorf. 

Reposant sur les couches à Phol. exaltata. — 1, Arc-sous- 
Montcnot. (Je n'ai pas répété les espèces énoncées ci-dessus 
et qui n'appartiennent pas au faciès typique.) 2, Andelot, 
Supt, Mont-Rivel. 3, Environs de Saint-Rambert. 

Reposant sur les marnes à Am, Renggeri. — (?) 4, Virieux- 
le-Grand. 5, Billode. 

Reposant sur le Callovien. — 6, Saint-Claude. 7, Mont du 
Chat. J'ai laissé de côté les espèces nouvelles ; elles pro- 
viennent principalement de Saint-Claude. 



Faune des couches de Birmensdorf. 







1 


2 


3 


4 


5 


G 


7 


Lamna s p. 


















Belemnites Argovianns M av. 






¥ 






2 




» 


Sauvanausus d'Orb. 








* 




2 




» 


pressulus Qu. 




* 






¥ 


2 




ce 


nastatus Blainv. 




* 




* 


¥ 


3 




Nautilus aganiticus Sclii. 












2 




Aptichus latns Park. 








¥ 




3 




» lamellosus Park. 












2 


* 


Ammonites 


cordatus Sow. 










2 


2 




)) 


alternans Bu ch. 












4 




» 


tortisulcatus d'Orb. 








¥ 




4 


4 


» 


subclausus Opp. 




3 


¥ 


¥ 


¥ 


5 


¥ 


Y) 


stenorhynchus Opp. 










¥ 


3 




)) 


Arolicus Opp. 




2 


¥ 


¥ 




3 


4 


» 


eanaliculatus Buch 




3 


¥ 




¥ 


3 


* 




hispidus Opp. 


3 


3 


¥ 


¥ 


¥ 


2 






Bachianus Opp. (1) 










¥ 


3 




» 


Anar Opp. (2) 
















» 


crenatus Brug. 






¥ 


¥ 




3 


¥ 




callicerus Opp. 














¥ 



(1) J'ai aussi trouvé cette espèce à Virisieu. 

(2) Fontaine Napoléon près la Faucille. 



- 134 — 





t 


0 


3 


4 


5 




7 


Ammonites Gessneri Opp. 












9 




» tenuiserratus Opp. 
















» Bruckneri Opp. 












3 




» Erato Orb. 
















» Gollini Opp. 












3 


3 


» Friekensis Mœsch. 
















» Martelli Opp. 


4 


5 






3 




4 


» Birmensdorfensis Mœsch. 










+ 






» Schilli Opp. 












2 




» spec. inclet. (Perîsphinctes). 














* 


» » » triplex. 










3 






» Hominalis E. Fav. 














1 


» OEgir Opp. 










+ 


o 




» transversarius Qu (1) 










1 


1 




Alaria Gagnebini Th. sp. 














Nerita jurensis Rœ. 












[ 




Turbo valvata alba Qu. 












1 




Pleurotomaria bijuga Qu. 
















Pholadomya acuminata Hartm. 










3 






Nucula Cottaldina de L. 












3 




» Oppeli Et. 












•> 
o 




Isoarca cordiformis Scheuchz. 














* 


Isocardia Schilli Opp. 












Q 

0 




Plicatula Langi Mœsch. 












9 




Hmnites velatus Gdf. sp. 












1 




Lima Streitbergensis d'Orb. 
















» Escheri Mœsch, 










3 






Pecten globosus Qu. 




1 












» subpunctatus Gdf. 












5 




» subspinosus Schl. 


5 


4 












» subtextorius Mu. 


3 














Ostrea rastellaris Sow. 
















» striata {'2) Mu. 
















» Blandina d'Orb. 












_ 

0 




Terebratula bisuflarcinata Schl. 


5 


5 






5 


5 




» Birmensdorfensis Escher. 










5 


5 


1 


» elliptoides Mœsch. 




1 












» nucleata Schl. 












1 


4 


» Kurri Oppel. 
















Waldheimia Mœschi Mayer. 
















Terebratula Etalloni Chotf". 
















Megerlca pectunculu^ bclil. sp. 




4 






3 






» runcinata Opp. 












4 


4 


» orbis Qu. 


4 


4 






4 


5 


5 


» gutta Qu. 












3 




» FriesonensH Schruf. 




2 








3 




Rhynchonella Arolica Opp. 










3 


5 


4 


» sLriocincta Qu. 










4 


5 


4 



(1) J'ai aussi trouvé cette espèce à Virisieu. 
(-2) Confranchette près Pont-d'Ain ; Apremont. 



— 135 — 





1 


2 


3 


4 


5 


6 


7 


Rhynchonella minuta Ruv. 




1 












» strioplicata Ou. 










* 


2 




» triloboides Qu. 










* 






Thecidium antiquum Gdf. (!) 


* 


+ 










* 


Dysaster granulosus Lesk* 




1 








2 




Magnosia decorata Des. 








* 








Pseudodiadema aff. Meriani P. de L. (2j 
















Rabdocidaris cf. maxima Des. 


3 


3 


* 


* 






* 


Cidaris Oppeli Mœsch. 












1 




» coronata Gdf. 


* 


4 


* 




5 


4 


+ 


» leeviuscula A g. 








* 


3 


5 


* 


» propinqua Mu. 




o 






* 


1 




» Ilugii Des. 




3 






I 


2 




Asterias jurensis Gdf. 




9 


* 




2 


3 




Pentagouaster puuctatus Gdf 












1 




Comatula aspera Qu. 












3 




Balanocrinus subleres Gdf. 


4 


4 


* 


* 


* 


5 


* 


Eugeniacrinus Jioferi Mu. 




3 




* 




4 




» caryophyllatus Gdf. 










4 


4 


* 


» nutans Gdf. 










4 


3 


* 


» compressus Gdf. 












2 




Tetracrinus mondiformis Gdf. 




2 








3 




Pentacrinus cingnlatus Gdf. 












3 




Serpula Deshayesi Mu. 


I 


1 








2 




» plunorbiformi* Gdf. 










* 


4 




» spirolinite^ Mu. 










* 


3 


* 


» convoluta Mu. 
















Ceriopora striata Gdf. 




* 












j> radiciformis Gdf. 










* 


3 




» clavata Gdf. 












1 




Hexactinellides 


3 


5 


5 


5 


5 


5 


5 


Tremadictyon crateriformis Et. sp. 








* 




* 




Craticularia parallela Gdf. sp. 




* 












» subclathrata Et. sp. 




* 




* 




* 




Sporadopyle obliqua Gdf. sp. 




3 


* 


* 


* 


5 


* 


» texturata Gdf. sp. 




* 




* 






* 


Verrucocœlia verrucosa Gdf sp. 












* 


* 


Cypellia rugosa Gdf. sp. 












* 




Porospongia dolata Et, 


+ 


* 












» marginata Gdf. sp. 
















Cnemidium aff. lamellosum Gdf. 




3 












Gupulochonia patella Gdf. sp. 




* 













(1) Commun à Apremont. 

(2) Courrerie près Brenod. 



COUCHES D'EFFINGEN. 



§V\0\ÏMIIÎ. 

Argovien (pars). Marcou, 1846 et 185G. Etallon, 1857. 

Couches d'Effingen. MœscK 1857. 

Marnes et calcaires hydrauliques. Desoret Gressly, 1859. 

Zone de VAm. transversarius (pars sup.). Oppel, 1863. 

Zone du Terebralula impressa. Oppel, 1866. 

Marnes oxfordienfes et calcaires marneux. Lory, 1866. 

Oxfordien p. p. dit. (Z. 39 a 42). Ogérien, 1867. 

Pholadomyen (pars) Jaccard, 1869. 

Zone des calcaires hydrauliques. Tribolet, 1873. 

Marnes oxfordiennes. (Niveau sup.). Falsan, 1873. 

Couches d'Effingen ou Argovien IL Ckoffat, 1875. 

Description. — Marnes et marno-caleaircs gris-bleuâtres, 
d'aspect variable. Parfois bancs de calcaire sub-lithogra- 
phique à la base. Les fossiles sont calcaires dans les marno- 
caleaircs etpyriteux dans les marnes ; dans ce cas ils forment 
des bancs bien délimités ou bien sont dispersés dans toute 
l'épaisseur de la zone. 

Les couches de Birmensdorf sont séparées de la zone à 
Ara, bimammatus par une succession de bancs de marnes ou 
de marno calcaires d'une épaisseur généralement considé- 
rable. Ces marno- calcaires contiennent à leur base quelques 
Céphalopodes provenant en partie des couches de Birmensdorf 
et une grande quantité de Brachiopodes qui, pour la plupart, 
manquent dans les couches de Birmensdorf, mais qui exis- 
taient déjà dans les couches à Phol. exaltata; déplus quelques 
Myes, qui ne deviennent fréquentes que dans les couches 
supérieures. 

Ces couches supérieures correspondent aux couches du 
Geissberg de l'Argovic, tandis que les couches inférieures 
correspondent à celles d'Effingen. Mais tandis qu'en Argovie 



— 137 — 

les couches du Geissberg sont formées par des calcaires plus 
ou moins compactes, nous avons ici des marno-calcaires 
depuis la base jusqu'au sommet. L élément calcaire augmente 
à la partie supérieure, mais elle ne présente jamais l'aspect 
franchement calcaire qu'elle a en Argovie. Ce mélange des 
caractères pétrographiques entraîne un mélange des carac- 
tères paléontologie] ues, et les Myes se montrent déjà dans les 
couches d'Effingen, quoique ce ne soit que dans les couches 
supérieures que leur nombre soit assez grand pour imprimer 
un caractère à la faune. 

La limite inférieure des couches d'Effingen est assez nette- 
ment indiquée par le changement pétrographique , la dis- 
parition de la plupart des espèces des couches de Birmens- 
dorf et l'apparition d'autres espèces, soit qu'elles se montrent 
pour la première fois, soit qu'elles aient déjà existé dans les 
couches à Phol. exaltata et seulement émigré pendant le dépôt 
des couches de Birmcnsdorf. 

La limite supérieure est loin d'être aussi tranchée ; elle est 
indiquée par la disparition de la plus grande partie des 
Ammonites, des Brachiopodes et des Crinoïdes des couches 
d'Effingen, et surtout par l'abondance des Myes. 

Les rapports entre ces deux niveaux sont donc très grands, 
et pourtant Etallon prévoyait déjà leur séparation dans son 
esquisse du Haut-Jura. Aujourd'hui elle est de toute néces- 
sité et de nombreux malentendus auraient été évités si on 
en avait compris l'importance. 

Un des caractères qui ne semble jamais manquer à ce 
niveau clans le Jura occidental est la présence de bancs de 
marnes contenant une faune présentant une grande analogie 
avec celle des marnes à Àm. Uenggeri. C'est le faciès pyriteux 
qui se retrouve avec des caractères si voisins jusque dans le 
trias ! Les Ammonites appartenant à des espèces voisines de 
celles des marnes à Am. Renggeri, leur état pyriteux et leur 
petite taille a souvent fait confondre ces deux niveaux conte- 
nant en outre tous deux le Wald. impressa. La liste suivanto 



donne les espèces principales, elle fait voir que ces deux 
niveaux peuvent se distinguer à première vue U), 



Belemnites semisulcatus Ziet. 3. 
» pressulus Qu. 4. 



Turbo Meriani Gdf. 4. 
Terebratula Galliennei d'Orb. 5. 



Ammonites alternans Buch. 3. 
» Arolîcus Opp. 4. 
» Bruckneri Opp. 4. 
» aff. Erato d'Orb. 3. 
» aff. denticulatus 



» impressa Bronn. 5. 
Rhynchonella triplicosa Qu. 3. 



Waldheimia Mœschi May. 5. 



» aff. bisuffarcinata 



Schl. 5. 



Ziet. 3. 



» senticosa Schl. i. 



» virgulatus Qu. 4. 

» convolutus impressa 



» minuta Buv. 3. 

Rabdocidaris cf. maxima Des. 5. 
Gidaris Gartieri Ag. 2. 



Qu. 4. 



Pecten subspinosus Schl. 3. 



» subarrnatus Mu. 3. 



» Matheyi Des. 2. 
Pentacrinus pentagonalis Gdf. 5. 



La planche LXXIII du Juia, par M. Quenstedt, donne une idée de 
cette faune, il faudrait pourtant y ajouter plusieurs espèces qui semblent 
manquer en Souabe. 

A Ghatelneuf les couches d'Effingen montrent trois 
couches à faciès plus moins pyriteux, contenant des espèces 
de petite taille et pouvant être confondues au premier abord. 
La i re (c. 7) contient une grande quantité de radioles de 
Rabdocidaris maxima qui est très rare dans les deux autres. 
La 2 e (c. 9) est le niveau principal des W. Moeschi et impressa 
ainsi que des Ammonites. Le W. impressa ne semble pas 
avoir monté jusqu'à la 3 e (c. 11;. (Voir la coupe.) 

A Saint-Sorlin, près de Blye, la coupe est analogue à celle 
de Ghatelneuf, mais la faune en est beaucoup plus riche et 
les fossiles bien conservés et non écrasés , comme c'est géné- 
ralement le cas à Ghatelneuf. Par contre on n'y voit pas les 
couches supérieures à 9. 

9. Marnes à fossiles pyriteux et W. Mœschi et impressa. 

8, Calcaires marneux à grandes Ammonites t m 

Am. tortisulcatus, Martelli et Perisphinctes indet. 
7. Marnes à Rabdoc. maxima et grosses Terebratules 3 m 



(1) Voir dans la 2 e partie les détails sur quelques-unes de ces espèces. 



— 139 — 

6. Marno-calcaires, visibles sur 20 m 

Perisphinctes indel. Pfioladomia lineata, etc. 



Les environs cTOrgelet et cTArinthod présentent des 
caractères analogues. 

A Saint-Claude, la couche à fossiles pyriteux repose immé- 
diatement sur les Spongiaires des couches de Birmensdorf, les 
Ammonites y atteignent une taille plus grande que dans les 
autres localités et certaines espèces passent par exception à ce 
niveau; ce sont : Âptychus lamellosus, Amm. Collini, crenatus; 
Megerlea orbis et Rhxjnc. slrïocincta. 

A Ceysériat la tranchée avant le tunnel est dans les marnes 
d'Efïïngen ; comme elles contiennent passablement d'Ammo- 
nites pyriteuses et que les marnes à Am. Renggeri sont 
recouvertes, on pourrait les confondre avec ces dernières : 
l'examen de la faune fait facilement reconnaître le con- 
traire. En les suivant le long de la ligne, on les voit reposer 
sur des calcaires et des marno-calcaires j )eu découverts 
îeprésentant peut-être les couches de Birmensdorf. Je n'ai pu 
y observer qu'un ou deux exemplaires d'Am. Martelli; je ne 
crois pas qu'ils contiennent de Spongiaires U). 

Dans les environs de Saint-Rambert on peut observer ces 
couches à Lupieu, Oncieux, Evoges et surtout au Plomb près 
d'Tndrieu. Elles présentent des marnes d'une puissance 
d'environ 30 m ; les fossiles semblent dispersés dans toute 
l'épaisseur, niais avec un peu de patience on finit par 
recueillir une faune assez complète. Elles sont recouvertes 
par les c. du Geissberg. (Voir les coupes de la II e partie). 

C'est encore avec les mêmes caractères qu'elles se pré- 
sentent à Benonces et au-dessus de Virisieu. 

La colline du Brou, près deTREPT, est composée de marnes 
schisteuses grises; elles sont supérieures aux couches de 



(1) Quelques blocs contenant des Spongiaires se trouvent au bord de 
la voie, ils proviennent des couches à Am. biraammatus et ont été 
amenés pendant la construction de la ligne. 



— 140 — 

Birmensdorf et représentent, les couches d'Effîugen. Je n'y 
ai pas trouvé d'Ammonites pyriteuses. 

A Virieux-le-Grand les couches d'EfEingen présentent des 
marno-calcaires compactes, la partie supérieure y donne lieu 
à une exploitation importante, tandis que les couches infé- 
rieures sont trop argileuses pour pouvoir servir à la fabrication 
clu ciment. Dans le bas de la vallée, une galerie destinée à en 
mesurer l'épaisseur n'a pas atteint les couches de Birmens- 
dorf. Les déblais m'ont fourni un ou deux fossiles pyriteux, 
tandis que je n'ai rien pu découvrir dans les couches supé- 
rieures. 

Le Mont du Chat présente aussi des marno-calcaires ho- 
mogènes et peu fossilifères au-dessus des couches de Bir- 
mensdorf; je n'y ai trouvé qu'un Am. tortisulcatus, 

Faune. — J'ai réuni dans un même tableau la faune des 
couches d'Effîugen, des couches du Geissberg et du faciès 
vaseux de l'horizon de l'A m. bimammatus. La colonne I 
indique les espèces qui se trouvaient déjà dans les couches à 
Phol. exaltata : E, ou dans les couches de Birmensdorf : B, 
ou enfin dans les deux : D. La colonne 1 contient la faune 
générale des couches d'Effîugen ; j'ai déjà donné les espèces 
qui se trouvent principalement dans les bancs à fossiles pyri- 
teux. La colonne 2 contient les espèces des couches du Geiss- 
berg et la colonne 3 celles du faciès vaseux de la zone à Am. 
bimammatus. 

Nous ne voyons que peu d'espèces communes aux couches 
à Phol. exalta ta, aux couches de Birmensdorf et aux couches 
d'Efïingen; par contre, plusieurs de celles qui se trouvaient 
déjà dans les c. à Phol. exaltata ont émigré pendant le dépôt 
des c. de Bismensdorf pour ne réapparaître que lorsque des 
conditions d'existence analogues se furent éLabljes une seconde 
fois dans cette contrée. Plusieurs Lamellibranches sont com- 
muns aux couches d'Efïingen et à celles du Geissberg; ils 
sont en général plus fréquents au 2 e niveau qu'au 1 er . 



— 141 — 

Parmi les Brachiopodes, le W. impressa joue un rôle très 
important par suite de sa présence à deux niveaux , les 
couches à A m. Renggeri et les couches d'Effîngen. (Impressa- 
Thone, Quenstèdt). 

Le premier niveau existant seul dans les contrées à faciès 
franc-comtois, tandis que les contrées à faciès argovien 
typique ne possèdent au contraire que le deuxième niveau, 
on considéra souvent ces deux zones comme parallèles. 

Marcou, 1846, pag. 86. 

Etallon est lui-même tombé dans cette errreur en confon- 
dant le faciès franc-comtois de Gray avec le faciès argovien 
de la Haute-Marne. 1860, p. 7 : « Là (Haute-Marne) il (spon- 
gitien) serait surmonté par le précèdent (c. à Am. Renggeri), 
tandis que dans la région précitée (Haut- Jura) il repose au 
contraire sur lui. » Comme la superposition n'existe pas à 
Saint-Claude, Etallon la cite à la Latte près de Nantua et au 
Mont Kivel. La même erreur est reproduite en 1862, p. 232. 

En 1863 Oppel signala cette erreur, et pour y remédier 
désigna le W. impressa des couches à Am. Renggeri sous le 
nom de W. Bernardina d'Orb. (0, laissant le nom de 
W. impressa à celui des couches d'Effîngen. Le nombre des 
espèces qui se retrouvent dans, deux niveaux à faciès iden- 
tiques, séparés par des couches qui ne les contiennent pas, 
est actuellement trop considérable pour que Ton puisse songer 
à leur donner des noms basés sur les niveaux. Aucune diffé- 
rence importante n'existant entre ces deux espèces, ce chan- 
gement de nom était inutile, mais l'avertissement n'en était 
pas moins précieux. 

Les auteurs qui ne l'ont pas pris en considération n'ont pas 
été heureux dans leurs appréciations. M. Ch. Vélain : (Ob- 
servations sur la note de M. Loriol. Bull. Soc. gôolog., 1872, 



(1) D'Orbigny avait donné le nom de T. Bernardina au Waldheiraia 
des marnes à Am. Reuggeri, désignant sous celui de T. impressa le W. 
Meriani du Bajocien. 11 est bien reconnu que Bronn et L. de Buch 
avaient en vue celui des c. d'Effîngen. 



— 142 — 

p. 149) « 77 a tort à mon sens de désigner sons le nom d'Àrgo- 
vien les couches de Birmensdorf , qui comprennent les marnes 
à Terebr. impressa, partie supérieure du Jura de Quenstedt, 
puisque M. Marcou avait parfaitement spécifié comme je viens 
de le dire que son étage était supérieur à ces marnes. » Supé- 
rieur au 1 er niveau à W. impressa, mais pas aux Impressa- 
Thone de Quenstedt qui sont les couches d'Effîngen 1 II est 
vrai que dans sa synonymie, M. Marcou avait parallélisé les 
Impressa-Thone avec les couches à Am. Renggeri, ce qui 
n'est qu'une erreur de synonymie et qui ne diminue pas la 
précision de sa description. 

Ce sont ces mêmes marnes qui forment le 2** niveau des 
marnes oxfordiennes de M. Faisan. L'Am Lamberti y est cité 
par erreur; c'est une confusion avec l'Am. alternans. C'est 
probablement la même erreur qui porte Ogérien à citer 
l'A m. cordatus dans les couches d'Effîngen ; ces deux espèces 
sont parfaitement distinctes lorsqu'elles sont bien conservées, 
mais il est facile de les confondre lorsque la première a perdu 
sa carène 



COUCHES DU GEISSBERG. 



Argovien (pars sup.). Margod, 18'i6 et 1856. Etallon, 1857. 

Couches du Geissberg, Mœsch, 1857. 

Calcaires schisteux, sphéritoïdes. Desor et Gressly, 1859. 

Pholadomyen (par?), Z. 37 et 38, Z 30 pour le Haut-Jura. Ogérien, 1SG7. 

Pholadomyen. Jaccard, 1869. 

Pholadomyen. Tribolet, 1873. 

Couches du Geissberg ou Argovien III. Ghoffat, 1875. 

Description. — Marno-calcaircs gris-bleuâtres, se délitant 
facilement, alternant avec quelques bancs cle marnes et des 
bancs de calcaires plus compactes, souvent gréseux. 

Les coucbcs du Geissberg occupent la même aire que les 
couches d'Effingen dont il est généralement très difficile de 
les séparer ; j'ai indiqué les raisons qui m'ont porté à faire 
cette séparation. 

Leur limite inférieure n'est parfois formée que par l'appa- 
rition en plus grand nombre des myacées qui existaient 
déjà dans les couches d'Effingen et par l'apparition d'une 
certaine quantité d'espèces nouvelles (Chatelneuf) ; d'autres 
fois par l'apparition des myacées lorsque les couches d'Effin- 
gen sont complètement marneuses et n'en contiennent pas ou 
presque pas (Bugey). Voir les coupes. 

La limite supérieure est formée par l'apparition delà faune 
des couches à Amm. bimammatus. Lorsque ces dernières pré- 
sentent le faciès vaseux ou un mélange du faciès vaseux et du 
faciès grumeleux, cette limite est presque aussi incertaine 
que la limite inférieure. Chatelneuf, Chatel de Joux, Pimorin 
près Orgelet, etc. Dans la première localité, plusieurs fossiles 
considérés comme séquaniens se montrent déjà dans des 
couches incontestablement oxfordiennes, tels sont les Cidaris 
Blumenbachi et florigemma, le Stomechinus perlatus, etc. 
Dans les environs de Saint-Claude les c. du Geissberg ont le 



~ 144 — 

même aspect qu'à Ghatelneuf, mais la zone à Am. bimamma- 
tus y présentant le faciès grumeleux, leur limite supérieure 
est nettement tranchée. (Voir la coupe du Pontet, par Etallon, 
1857). Ces couches sont beaucoup plus pauvres à Morez et 
les fossiles semblent y être cantonnés à la partie supérieure. 
C'est encore le cas au Creux-du-Crouaz (U et au Sapelet, dans 
la Chaîne du Noirmont (canton de Yaud). Dans ces deux 
localités la couche fossilifère présente un aspect particulier, 
c'est un banc de calcaire gris ou jaunâtre passant à un cal- 
caire marneux avec taches ocreuses qui colorent principale- 
ment les fossiles dont le test est conservé à l'état de carbonate 
de chaux cristallisé. Cette couche m'a fourni les fossiles 
suivants ; ceux que je n'ai pas rencontrés dans Foxfordien 
d'autres localités du Jura occidental sont marqués d'un 
astérisque. 



Pholadomya lineata Gdf. 

» canaliculata Rœ. 
G-oniomya marginata Ag. 
Anatinu striata Ag. 
Thracia ineerta Desh. 

* Gardium sp. nov. 4. 
Astarte percrassa Et. 
Trigonia cf. Bronni Ag. 

* Arca Sauvagei P. de L. 



* Arca cf. rhomboidalis Gtj. 
Mytilus fornicatus Rœ. 

* » acitiaces Leym. 
Perna subplana Et. 
Pecten subspinosus Schl. 

* Terebratula cf. bicanaliculata 

Schl. 

* Hemipedina Guerangueri Gott. 



Les couches du Geissberg ont une vingtaine de mètres 
d'épaisseur dans le Bugey. 

Faune. — Les Céphalopodes ne sont pour ainsi dire repré- 
sentés que par l'Am. Martelli qui est parfois assez fréquent. 
Le caractère principal est donné par l'abondance de Myes, dont 
quelques espèces font leur première apparition et dont d'au- 
tres existaient déjà dans les couches à Ph. exaltata, mais ne 
réapparaissent qu'à ce niveau. Les bancs supérieurs contien- 
nent parfois le Perna subplana en grande abondance. 



(i) ^oir la coupe. II e partie. 



— 145 — 



Faune des couches d'Effiugen et du Gcissbtrg et du faciès vaseux 
de la zone à Ammonites bimammatus à Châtelneuf. 



Pycnodus sp. indet. 
llybodus sp, indet. 
Orhomalus et Brachyu rites 
Beleinnites Argovianus May. 

» cf. Sauvanausus d'Orb. 
K » hastatus Blainv. 

» redivivus May 

» semisulcatus Ziet. 

» pressulus Qu. 
Nautilus hexagonus d'Orb. 
Aptychus latus Park. 

» Jamellosus Park. 
Ammonites canaliculatus Buch. 

» tortisulcatus d'Orb. 

» crenatus Brug. 

» Col Uni Opp. 

» Schilli Opp. 

» OEgir Opp. 

» alL Rhodanicus Du m. 

» alternans Buch. 

» Arolicus Opp. 

» Bruckneri Opp. 

» aff. Erato d'Orb. 

p aff. denticulatus Ziet. 

» convolutus impressa Qu. 

)) virgulatus Qu. 

» Martelli Opp. 

» sp indet. (Oppelia) 

» aff. Irachinotus Opp. 
Purpura Moreana Buv. 
Natica aff. suprajurensis Et. 
» dubia Rce. 
» hemisphœrica d'Orb. 
Alaria Gagnebini Th. 
Nerita jureusis Gdf. 
Phasianella striata Sow. sp. 
Pseudomelania Heddingtonensis Sow. 
Turbo Meriani Gdf. 

» cf. Erinus d'Orb. 
Pleurotomaria Euterpe d'Orb. 
» clalhrata d'Orb. 

» Munsleri Rœ. 
Tornatina Boucardensis P. de L. 
Bulla Dyonisea Buv. 
Pleuromya tellina Ag. 

» sinuosa Rœ. 
Allorisma latissima Ag. 
Goniomya trapezina Buv. 



T 
tl . 


i 




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0 




2 


1 

2 


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2 


B 


2 








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3 








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B 


2 






B 


1 








2 






B 


3 






B 


4 






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4 








3 








3 








4 








4 






B 


3 


3 
1 


3 








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2 






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3- 








2 


D 




. * 


1 


B 




1 


1 








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3 


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2 












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1 














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3 








3 








5 


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1 




2 




i 



10 



- 146 - 





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J. 


i 


l 


J 


Goniomya marginata Ag. 




3 


3 


_ 

2 


» constricta Ag. 






* 




Pholadomya lineata Gdf. 


E 


3 


1 


1 


» caualiculata Rœ. 


E 


2 


3 


2 


» paucicosta Rœ. 


E 


2 


3 


1 


y> hemicardia Rœ. 


E 




4 


5 


Anatina striata Ag. 






* 


2 


Thracia depressa Morris 




1 


* 




» incerta Desh. 






* 


1 


Gardium sp. nov. 






4 




» pesolinum Gtj. 




2 






Unicardium aff. globosum Ag. 






* 




Isocardia lineata Mu. 








1 


Lucina Wabrensis Buv. 




2 


* 




Astarte percrassa Et. 


E 


3 


5 




» pesolina Gtj. 






2 




Trigonia monilifera Ag 


E 


2 


* 




» Bromii A g. 

» geographica Ag. 






* 


* 






5 


1 


» alina Gtj. 








2 


Nucula Oppeli Et. 

» Gottaldina P. de L. 


B 


9 


* 




B 


2 






» cf. Electra d'Orb. 






* 




Arca concinna Phill. 


E 


3 


3 


1 


» Gontejeani Et. 






* 




» cf. e Ion gâta Gdf. 






* 




» Sauvagei P. de L. 






* 




» cf. rhomboidalis Gtj 






* 




» cf, texta Rœ. 








1 


» cf. Ohoffatî Th. 








1 


Mytilus subaequiplicatus Gdf. 






4 




» subpectinatus d'Orb. 






* 




)> fornicatus Rœ. 






3 


3 


» acinaces Leym. 






* 


2 


Perna lanceolata Sow. 






* 


1 


Pema subplana Et. 






4 




Gervillia tetragona Rœ. 






* 


* 


i> cf. angustata Rœ. 






* 




Lima duplicata Sow. 


E 


1 


* 




» " Halleyana Et 


E 


2 


2 


1 


» tumida Rœ. 




1 


* 




Pecten subspinosus Schl. 


B 


3 


* 




» subarmatus Mu. 




4 






» subcingulatus d'Orb. 




1 






» articulatus Schl. 






* 




» vimineus Sow. 






* 




» lens Sow. 






4 




» intertextus Rœ. 






2 




» subtextorius Mu. 


o 








Plicatula subserrata Gdf. 


E 


2 






» semiarmata Et. 






* 




Hinuites iiiœquistriatus d'Orb. 










Ostrea dilatata Desh. 




1 






» Blandina d'Orb. 


D 


4 







— 147 - 





T 

d . 


i 
i 


9 


A 


Ostrea Brunti'utana Tli. 


E 


1 




* 


» caprina Mer. 




2 


4 


1 


» rastellaris Mu. 


(i 


o 


* 




» spiralis Gdf. 




2 






» Dubiensis Gtj. 










Anomya Monsbelïardonsis Gtj. . 






5 




Terebratula Gallienuei d'Orb. 


Fi 


5 




1 


» afF. bisulfareimita Srlil, 




5 


5 




» cf. bicanalicniiita Schl. 






] 




Waldheimia Mœschi May. 


B 


5 






» impressa Uronu 


E 


5 






Megerlea orlns Qu. 


B 


1 






Rhynchuuella striocincta Qu. 


n 


] 






» triplicusa Qu, 


E 


3 






» senticosa Schl 


E 


4 






» minuta I3uv. 


E 


.3 


* 




» pinrjuis Rœ. 








2 


Thecidea antiqua Munst. 


I] 


1 






Dysaster granulosus Ag. 


B 


3 


* 




Gollyrites capistrata Desm. 




1 






» bieordnta Eeske. 






4 




Echinobrissus Bourgaeti Des. 








1 


» aff. Icaunensis Coït. 








1 


Pedina sublœvis A g, 








] 


Stomecliinus perlatus Des. 






] 




Ilemipedina Guerangueri Cott. 






1 




llemicidaris intermedia Forbes 








4 


Rabdocidaris cf. maxima Des. 


? 


5 






» clavator Des. 








I 


Cidaris Gartieri Ag. 




9 






» Matheyi Des. 




2 






» Blumenbachi Mu. 






1 




» florigemma Phill. 






3 


4; 


Asterias jurensis Gdf. 


D 


4 


5 




Pentacrinus pentagonalis Gdf. 
» cingulatus Gdf. 


E 


5 






B 


2. 


1 




Apiocrinus Royssianus d'Ob. 








4 


Serpula Dclphinula Gdf. 










» alligata Et. 




* 






» gordialis Sclil. 




* 




1 


» ilium Gdf. 










» quadrilatera Gdf. 










» vprtpbrfllic; ftnw 






A 




» alF. conformis Gdf. 










Berenicea densata Et. 




3 






Stomatapora dichotoma Gdf. 




3 






Trochocyathus sp. 




1 






Nulliporites Ifechingensis Qu. 




3 







Voir l'explication des colonnes dans l'a faune des couches d'Effingeiu 



CHAPITRE III 

JURASSIQUE SUPÉRIEUR. 



HORIZON DE L'AMMONITES BIMAMMATUS. 

-ARGILE A MADRÉPORES AVEC CHAILLES (pars). THIRRIA, 1830. 

Terrain à chailles (pars). Thurmann, 1 832. 

'Calcaire compacte et suboolitique avec fossiles siliceux. Thirria, Î833. 

'Calcaire corallien (pars), Marcoit, ISiG. 

'Coral-Rag de la Chapelle (pars). Marcot, 1856. 

Calcaire corallien. Etallon, 1857. 

-Glypticien et Zoanthairien. Etallon, 1858. 

Zone de V Ammonites bimammalus: Oppel, 1863. 

■Calcaires et Marnes a Hemicidaris crenularis. Ogérien, 1867. 

^Terrain à chailles siliceux. lîanracien (pars). Greppin, 1870. Non Ftau- 

racien. Greppin, 18G7. 
■Séquanien inférieur. De Loriol, Royer et Tombeck, Mayer. etc. 
^Séquanien I ou couches a hemicidakis crenularis. Choffat, 1875. 
Terrain a chailles. Auct. 
"Non Argile avec chailles. Thirria, 1833. 
^Non Calcaire a chailles. Falsan, 1873. 

L'horizon de Y Ammonites bimammatus ou de Y Hemicidaris 
'crenularis est considéré par quelques géologues comme fai- 
sant partie de l'Oxfordien, tandis que d'autres en forment la 
base du Jurassique supérieur. Les considérations basées sur 
la faune donnent souvent raison à l'une et à l'autre opinion; 
j'adopte la seconde parce que c'est un des rares niveaux qui 
puisse être constaté dans toute la chaîne du Jura et qua part 
un ou deux cas, il est toujours possible de le séparer nette- 
ment des couches sur lesquelles il repose, tandis qu'il se 
confond au contraire fréquemment avec les couches qui le 
recouvrent. 

L' Hemicidaris crenularis se trouve souvent à un niveau 



- 149 — 

supérieur à celui de la zone <jni porte son nom. Il est cité 
flans i'AsLartien et le Plérocérien rlu Jura central et oriental, 
et vient d'être trouvé (radioles et tests) par M. Girardot dans 
TAstartien moyen de la Marche-Dessus, près Champagnole. 

L'Ain, binianiuiatus semble par contre occuper un niveau 
constant, sauf peut-être dans les contrées alpines. M. Favre 
le cite de la zone de t'Am. ivansversarius dans les Alpes fri- 
bourgeoises et aux Voirons. Ce l'ait se rattache sans doute au 
passage des couches de Birmeusdorf aux couches à Am. bi- 
mammaLus des environs de Salins. M. Tombeck mentionne 
la présence d'un exemplaire d'Am. bimammatus dans l'Oxfor- 
dien de la Haute-Marne. (Bull. Soc. géol. 1875, 111, p. 702). 
Ce cas n'est plus à prendre en considération, de nouvelles re- 
cherches ayant porté M. Tombeck à considérer ces couches 
comme supérieures à TOxfordien. (Bull. 1876. V, p. 29.) 

D'autres auteur» se sont appuyés sur Oppel pour considérer 
l'Am. bimammatus comme espèce oxfordienne; dans ce cas, 
il faut ajouter qu'Oppel rangeait dans l'Oxfordicn, non-seule- 
ment les couches à Am. bimammatus, mais encore le Raura- 
cien ou Corallien proprement dit qui le surmonte. 

Messieurs de Loriol, Royer et Tombeck (0, et plus tard 
M. Maycr(-), ont employé le terme d'étage sequanieu pour 
désigner l'ensemble des couches à Am. bimammatus, du 
Rauracien et de l'Astartien. On leur a reproché cette exten- 
sion d'un terme employé primitivement pour le dernier de 
ces niveaux seulement. 11 arrive pourtant assez souvent que 
les deux premiers de ces niveaux et même une partie du troi- 
sième soient représentés par une couche dans laquelle on ne 
peut pas faire de division. 

Description. — Vhorizon de l'Ain, bimammatus offre des 
variations horizontales plus nombreuses et moins nettement 



(1) Description géologique et paléontotogique des étages jurassiques 
supérieurs de la Haute-Marne, 1872.; 
(2/ Classification méthodique des terrains de sédiment. 



— 150 — 

tranchées que celles que nous avons vues jusqu'ici. Ces va- 
riations peuvent se grouper en cinq faciès passant de l'un à 
l'autre. 

a) Faciès à Polypiers. 

b) Faciès vaseux à Myàcées. 

c) Faciès grumeleux. 

d) Faciès grumeleux à Hexactinellides. 

e) Faciès m arno -calcaire à Hexactinellides. 

a). FACIÈS A POLYPIERS ou GLYPTIGIEN. 

SYNONYMIE. 

GlYPTTCIEN ET ZOANTHAIRIEN (1). EtALLON, 1858. 

Glypticien. Auct. 

Le faciès à Polypiers ou faciès franc-comlois repose sur les 
couches à Pholad. cxaltata dans la partie N.-O. du Jura occi- 
dental. Dans la Haute- Saône il se présente sous divers aspects, 
décrits par Etallon et qui se continuent jusque dans les envi- 
rons de Besançon. 

A Fertans , Eternoz, Nam- sous- Sainte- Anne , La Chapelle 
près Salins, et Sellières, il est composé de marnes ou de marno- 
calcaires contenant des fossiles siliceux généralement couverts 
d'orbicules. 

Les espèces principales sont : 

Pecten globosus Qu. 4. 

» subarmatxts Mu. 
Terebraiula Bourg ueti Et. 4 
» insignis Schubl. 
» Moravica Glock. 
Waldheimia Delemontana Opp 
Ghjpticus liieroglgpkicus Ag. 
Pedina subhevis A g. 



(1) La description qu'en donne Etallon l'ait voir que ce ne sont que 
deux faciès ne se trouvant que rarement dans la même localité, ils ont 
été généralement réunis sous le nom de Giypticien. 



Stomeclnnus perlatus Desm. sp. 
Pseudodiadema pr inceps Des. 
Hemic ida ris ■ cren ula ris L am . 
Cidaris florigemma Phill 

» Pdumenbaclii Mu. 

» cervicalis A g. 
Mille ri ni nus Munsterianus d'Orb. 
Apiocrinus (tiges nombreuses). 



— 151 — 



Montlivaiiltia elongata E. et H. 

» inflata From. 

» Charcennensis Fr. 

Thamnastrea continua Et. 

» arachnoïdes E. et H . 
hastrea explanata E. et H. 



Microsolcna expansa Et. 
Astrospongia corallina Et. 
Pareudea amicorum Et. 

» floriceps Et. 

» gracilis Et. 



Le faciès franc-comtois contient aussi fréquemment des 
bancs de calcaire à débris d'échinodermes, bancs qui se con- 
tinuent parfois dans le Ranracien ; c'est cet aspect que pré- 
sentent ces couches au mont Rivel, mais la base y est peu 
visible et il est probable qu'une partie des marnes qui sup- 
portent ces calcaires sont encore à ranger dans la zone de 
l'Ainm. bimammatus. | Quelques bancs à brèches d'échino- 
dermes se trouvent aussi à Nans-sous-Sainte-Anue. 

La zone à Am bimammatus a une puissance de 30 m au 
Val-Dessus, près de Petites-Chiettes; sa base présente un 
mélange du faciès grumeleux et du faciès vaseux, mais sa 
partie supérieure appartient au faciès franc-comtois. Dans 
cette localité, le Rauracien manque, autrement dit la faune 
de la z. à Am. bimammatus a existé jusqu'à l'apparition de 
l'Astartien. 



Coupe prise sur le chemin de Val-Dessus à Menetru 

Astartien inférieur. G. Calcaire gris-jaunâtre à Polypiers calcaires. 

Confusastrea Burgundix, E. et H. Thecosmilia crassa, d'Orb. Coffw* 
seris irradians, Mi ch. 

Glypticien. 5. Marno-calcaires à fossiles siliceux dans les couches su- 
périeures qui sont sablonneuses et passent insensiblement au calcaire 
à. Polypiers. A la base, couche à grosses trigonies clavellées. \1 m 

Isocardia striata, d'Orb. Tercbratula Moravica, Glock 

Pinna ampta, Gdï. Bhynckonella pinguis, Rœ. 

Lima Ilalleyana, Et. Glypticushieroglypliicus,Ag. 

» Ixviuscula, Desh., 5. fîemicidaris intermedia , 
Pecten vimineus, Sow. Forbes. 

» lens, Sow. Cidaris florigemma, Ag. 
Ostrca hastellata, Schl., 5. » ceruicalis, Ag. 

Terebralula Bourgueti, Et. Millericriwus Hoferi. Mer. 



— 152 — 

Pentacrinus ambtyscala- Serpula alligata, Et. 

ris, Th. Pareudea, Sp 

4. Blanc à concrétions, très marneux dans le dessus. 3 m 50 

Cardium nov. sp., (= Sapelet.) Pecien solidus, Rœ. 

Trigonia monilifera, Ag Penlecrinus amblyscalaris, 
Mylilits fonncalus, Rœ. Th. 

Pecten ocfocoslalits, Rœ. Cidaris florigemma, A g. 

3. Calcaire à oolites fines irrégulières alternant dnns le milieu 

avec des bancs à concrétions et des bancs calcaires à pâte Fine 13 m 
2. Grosses oolites désagrégées rougeâtres. 3 m 

Pkoladomya lineaia. Gdf. Terebratula semifarci- 
» hemicardia, Rœ. nata, Et. 

Analina striata, Ag. Echinobrissus cf. Bour- 
Pleuromya lellina, Ag. gueli, Des. 

« sinuosa, Rœ. Pseudodiadema priscum 
Gervillia angustata, Rœ. Ag. sp. 

Mylilus fornicalus, Rœ. Fiabdoeidaris ckwalor, Des. 

» acinaces, Leym. Cidaris florigemma, Ag. 

Couches du Getssberg. — 1 . Marnes et marno-calcaires gris 
(= partie supérieure de TOxfordien de Chatelneuf), visibles 
sur 10 



b). FACIÈS VASEUX A MYACÉES. 



Je ne connais que Châtelneuf où la zone à Am. bimam- 
matus soit entièrement formée par ce faciès. La faune pro- 
vient en grande partie des couches du Geissbcrg; pourtant un 
assez grand nombre d'espèces y font leur apparition (Rabdoc. 
clavalor, Pedina sublœvis, Echinobr. Bourguelî) ou y prennent 
un grand développement (Rhync. pinguis, Hernie, inter média, 
Cid. florigemma^ etc.). J'ai mis cette faune en regard de celle 
du Geissberg. 

Ces couches sont recouvertes par le Rauracicn à faciès 
corallien, avec nids de fossiles vaseux. (V. la coupe de Châ- 
telneuf.) 

c) FACIÈS GRUMELEUX. 



Couches à grosses concrétions rugueuses, alternant souvent 



— 153 — 

avec des bancs marneux ou marno-calcaires présentant le 
faciès vaseux. 

Les concrétions rugueuses sont des nodules de la grosseur 
d'une noisette ou d'une noix; l'intérieur fait voir que ce sont 
des oolites à plusieurs centres comme les grosses oolites de 
Chassey-les-Montbozon ; l'extérieur en diffère en ce qu'il est 
hérissé de petites rugosités, tandis que celles de Chassey sont 
lisses. 

Ces couches se distinguent des couches à concrétions du 
Val-Dessus par un aspect moins marneux et par une grande 
abondance de Tercb. semifarcinata et de Rlujnc. pectunculata. 

Ce faciès forme un passage entre le faciès franc-comtois et 
le faciès grumeleux à spongiaires ; une ou deux localités pré- 
sentent des polypiers; ils ne forment pas de bancs, mais seule- 
ment des nids isolés. Tels sont les Adrets, près Saint-Claude, 
et la route de Samognat a Oyonnax. Les deux localités m'ont 
fourni des Astrées et des Montlivaultia. 

Un mélange analogue se présente au Creux-du-Crouaz. 
(II e partie.) 

Les couches à concrétions se trouvent dans les environs de 
Glairvaux (bords du lac, Châtel-de Joux, Gourdaine), à Ge- 
vingey et Saint-Laurent-la-Roche (près Lons-le-Saunier) , à 
Augisey, Pimorin, Arinthod, Andelot-les-Saint- Amour, 
Treffort et Samognat. 

Espèces principales : 



Strophodus rcticulalus Ag. 
Ammonites bimammatus Qu 
Pleuromya sinuosa Rœ. 
Unicardium cf. globosum Ag. 
Mytilus subœquiplicatus Str. 

» subpectinatus A g. 

» fornicatus Rœ. 
Pecten octocostatus Rœ. 

j» subspinosus Schl. 

» vimineus Sow. 
Ostrea hastellata Schl. 
Terebralula semifarcinata Et. 



Waldheimya Mœschi May. 
Rhynchonella pectoncuiata d'Orb. 

» minula Buv. 
Pygasler tennis A g. 
Stomechinns periatus Desm. 
liabdocidaris clavator Des. 
Hemicidaris crenularis Lam. 
Cidaris florigemma A g. 

t» cervicalis A g. 
Apiocrinus cf. Hoyssianus d'Orb* 
Serpula alligata Et. 
Parcudea cf. Bronni Et. 



— 154 — 



d). FACIÈS GRUMELEUX A SPONGIAIRES ÉTALÉS. 

Au sud-est de l'aire du faciès grumeleux, les couches à Ara. 
bimammalus se chargent de grands Spongiaires tout en con- 
servant leur caractère grumeleux; ce n'est donc qu'un cas 
particulier du faciès grumeleux analogue aux localités où ce 
faciès contient des Polypiers. Il a pourtant plus d'importance 
que ce dernier, car il forme le commencement du véritable 
faciès à Spongiaires, sa limite N.-O. est clone en môme temps 
la limite du banc de Spongiaires. Cette limite est indiquée par 
la ligne d de la carte. 

Ces couches peuvent s'observer dans les environs de Saint- 
Claude (route, de Montépile et de Chevry, forêt du Tressus, les 
Foules, etc ), aux Bouchoux, à Chaux, entre Oyonnax et Yser- 
nore, à Apremont, au bord du lac de Nantua, à Sonthonnax 
près Leyssard, au Mont-Joly et au Revermont près Ceyzériat. 

La faune est la même que celle qui précède, sauf à y 
ajouter quelques Spongiaires appartenant aux Hexactinellides 
et aux Pétrospongides (0. 

Cribrocœlia striaia Et. 4. Cnemidium parvum Et. 

Porospongia Bourgueti Et. Pareudea Bronni Et. 5. 

Ces Spongiaires ont une couleur rougeâtre, mais sont in- 
crustés d'un calcaire verdâtrequi n'est qu'à la surface, ce qui 
les distingue empyriquernent des Spongiaires des couches de 
Baden qui sont verdâtres et de ceux des couches de Birmens- 
dorf qui ne présentent que rarement une teinte verdâtre. 

Les localités citées plus haut donnent l'aire des couches à 
concrétions et Spongiaires ; immédiatement au sud (Cerdon), 
on se trouve en présence de marno-calcaires dans lesquels on 
cherche en vain le repère si commode que l'on avait plus au 
nord. 



(1) Etallon cite 12 espèces de spongiaires du Glypticien du Haut-Jura, 
dont 7 Hexactinellides. (Voir II e partie.) 



— 155 — 



e). FACIÈS MARNO-CALCAIRE A HEXACTINELLIDES. 

Le caractère ooli tique du faciès grumeleux fait contraste 
avec les bancs marno-calcaires sur lesquels il repose et per- 
met de le reconnaître à première vue. Le faciès marno-cal- 
caire forme une limite tout aussi certaine, mais beaucoup 
moins commode. Ce n'est souvent qu'avec une attention mi- 
nutieuse que Ton parvient à remarquer que les bancs marno- 
calcaires, qui semblent former la continuation des couches du 
Geissberg, contiennent un petit lit avec quelques Spongiaires 
encroûtés et que l'on ne peut souvent reconnaître comme tels 
qu'après les avoir brisés; ces Spongiaires appartiennent aux 
Hexactinellides et ne contiennent plus les Pareudea du faciès 
précédemment décrit. 

Si Ton a la chance de tomber sur un affleurement bien dé- 
couvert, on ne tarde pas à reccueillir une faune très riche qui 
an premier abord peut être confondue avec celle de Birmens- 
dorf. Il y a en effet beaucoup d'espèces communes, apparte- 
nant aux Lamellibranches (U, aux Brachiopodes et aux Echi- 
nodermes, mais les Céphalopodes appartiennent à des formes 
bien distinctes quoique parentes. 

Si j'avais à parler ici d'un niveau d'Hexactinellides encore 
plus récent, celui des couches de Baden, j'aurais encore à 
mentionner le même fait, ce qui est facilement explicable. 
Nous avons un faciès de mers profondes; les animaux restant 
fixés au sol n'ont subi l'influence des variations extérieures 
que longtemps après qu'elles eurent produit leur effet sur 
ceux qui pouvaient nager et s'approcher de la surface de 
l'eau. Ces derniers ont donc été modifiés bien avant les pre- 
miers. 



(1) Parmi ceux-ci se trouve le Pholadomya acuminata qui se retrouve 
toujours dans le faciès à Hexaclinellides typique, tandis que les autres 
Pholadomyes ne s'y trouvent que lorsqu'il y a mélange de fossiles 
d'autres faciès. 



— 156 — 



Dans le ravin au N. de Lupieux et à Evoges, la couche à 
Hexaetinellides n'a qu'un mètre d'épaisseur. Elle est recou- 
verte par 25 m de marnes et de marno-calcaires surmontés d'un 
lit de marne blanche contenant des Ammonites et des concré- 
tions pyriteuses ainsi que de petits cristaux de sulfure de 1er. 
Ce niveau est pour cette contrée un bon point de repère qui 
m'a* permis de retrouver ces couches dans d'autres localités. 

La couche marneuse est recouverte par des marno-calcaires 
contenant de nombreux échantillons de l'Am. Marantianus 
et quelques Ain. bimammatus. La faune de la couche à Spon- 
giaires fait voir qu'elle appartient à la môme zone. Dans ces 
localités le banc de Spongiaires est encore peu puissant, mais 
il augmente rapidement et offre une épaisseur d'environ 5 m à 
Benonces et le triple au nord de Lompnaz. Ces couches sont 
aussi riches en fossiles au bois de la Raife près Virizieu. 

A Virieux-le-Grand, le banc marneux à concrétions pyri- 
teuses se trouve dans le dessus des vignes, à gauche de la 
route de Saint-Martin-dc-Bavcl; à leur base elles contiennent 
quelques Spongiaires et alternent avec des marno-calcaires 
schisteux à Ain. Marantianus On est probablement à l'extré- 
mité de la couche à Spongiaires ; il ne m'a pas été possible 
de la retrouver au Mont du Chat, soit que les couches ne 
soient pas suffisamment découvertes, soit qu'elle fasse com- 
plètement défaut. 



Faune (1). 



f Ammonites alternans Buch. 



* Belemnites semisulcatus Ziet. 
» Royerianus d'Orb. 3. 



Ammonites Marantianus d'Or. 4. 
» nov. sp. afî. hispidus 
» cl', trimarginatus 



)> tortisulcatus d'Orb 
» lingulatus Schl. 3. 
» Pichleri Opp. 4. 



Opp. 



» Achilles d'Orb. 



» colubrinus Rein. 



(1) Les espèces se trouvant déjà dans les couches de Birmensdorf 
portent le signe f ; celles qui existaient dans d'autres couches, le 
signe *. 



- 157 - 



Ammonites afT. Geron Zitt. 

» bimammatus Qu. 3. 
-j- Pholadomya acuminata ïïartm. 

» canaliculata Rœ. 

•J- Isoarca cordiformis Scheuchz. 
Myoconcha perlonga Et. 
f Pecten subspinosus Schl. 
f » subtextorius Mu. 

» octocostatus Roe. 
-J- Ostrea rastellaris Sow. 
f » Blandina d'Ob. 
f Terebratula bi su fia rein a ta Schl. 

» semifarcinata Et. 
-J- » Birmensdorfensis 
Esch. 

f Waldheimia Mœschi May. 

» afT. Delemontana 

Opp. 

•f Megerlea pectunculus Schl. 
f » runcinata Opp. 



* Rhynchonella minuta Buv. 

* j> senticosa Schl. 
f » triloboides Qu. 
f Thecidium antiquum Gdf. 

-j- Dysaster gramilosus Leske. 

* Gollyrites bicordata Leske. 
f Gîdaris propinqiTa Mu. 

-[- » coronata Gdf. 

» sp. afT. Blumenbachi 

Mu. 

-j- Peu tagon aster punctatus Gdf. 
Millericrinus echinatus d'Orb. 
f Balanocrinus subteres Gdf. 

* Pentacrinus pentagonalis Gdf. 
¥ Serpula alligata Et. 

y> Argoviensis P. de L. 
Trochocyathus sp. 
Hexactinellides indét. 
Nulliporites Hechingensis Qu. sp. 



A l'Est de Chevelu , de Lucey et de Veitrier , je n'ai pas 
trouvé de fossiles dans les marno-calcaires compris entre les 
couches de Birmensdorf et la zone de l'Am. acanthicus. Il est 
probable que la couche à Spongiaires n'existe pas, mais il est 
fort possible que l'on y trouverait les bancs schisteux à Am, 
Marantianus, si Ton avait des affleurements mieux décou- 
verts. 

Ainsi s'explique l'opinion des géologues qui croient que 
les couches à Am. polyplocus reposent immédiatement sur 
rOxfordien. Le meilleur connaisseur du Jura bugésien, 
M. Faisan, est lui-même tombé dans cette erreur, malgré le 
beau développement des couches à Am. bimammatus dans ie 
Bas-Bugey. Rangeant les couches à Am. polyplocus dans 
rOxfordien et les couches de Valfîn (faciès coralligène du 
Ptérocérien) dans le Corallien proprement dit ou Rauracien , 
il lui fallait la zone à Am. bimammatus entre deux. Il a en 
effet un « calcaire à chailles » à la base de son corallien ; je 
donne sa description : 

« Immédiatement au-dessus des couches à Am. polyplocus 



— 158 — 

et Schilleri, on voit se dresser une masse de .calcaires blan- 
châtres, durs, compactes, formant souvent de grands escar- 
pements ; ils sont peu riches on fossiles, mais ils renferment 
une quantité considérable de rognons siliceux, dont les plus 
gros ne dépassent pas le volume de deux poings. La présence 
de ces rognons siliceux permet de reconnaître dans ce terrain 
le calcaire à chailles, sur lequel repose, en Bugey, comme 
ailleurs en France, le véritable calcaire corallien. » 

Cette description fait voir que ces couches ne sont sem- 
blables ni au terrain à chailles, ni au Glypticien. Ce sont 
surtout ces chailles qui n'ont aucun rapport avec les véri- 
tables chailles ; ce sont des nodules de silex compactes , gris, 
rubannês, semblables à ceux des carrières d'Armaille que 
M. Faisan range avec raison dans le Kimméridgien. Des 
silex identiques se trouvent à la partie supérieure du Raura- 
cien du Porrentruy et en Argovie dans les couches de Wettin- 
gen (Ptérocérien). 

En fait de fossiles, M. Faisan cite dans son tableau : 
a Rhync. inconstans, Spongiaires et polypiers siliceux. » Ces 
fossiles ne signifiant rien, M. Faisan motive 1 âge qu'il donne 
à ces couches par la présence des chailles qui n'en sont pas et 
par leur position à la base de couches coralligènes qu'il 
considère comme le véritable corallien... preuve en sont les 
chailles sur lesquelles elles reposent ! 

La carrière à la tête du pont de la Balme m'a fourni : 

Belemnites iridet Waldheimia Mœschi May. 

Ammonites indet. Rhyn. trilobata inconstans Qu. 

Pecten Lauree Et. Holectypus orificatus Schl. 

Terebratula spec. nov. Polypiers roulés indéterminables. 

Pétrographiquement, ces couches ont une grande analogie 
avec celles de Wettingen, qui en contieneut les fossiles déter- 
minés, sauf THolectypus orificatus, qui ne se trouve que 
dans les couches de Baden. Elles forment soit la partie infé- 
rieure des premières, soit la partie supérieure des dernières. 



— 159 — 



CHAPITRE IV 

PASSAGE DU FACIÈS FRANC-COMTOIS AU FACIÈS ARGOVIEN. 



Après avoir décrit le faciès argovien des assises oxfor- 
dieimes et des couches qui les recouvrent, je puis aborder la 
rcherche des relations qui existent entre ce faciès et le faciès 
franc-comtois. 

J'ai dit, plus haut, que les couches de Birmensdorf encore 
typiques à Arc-sous-Montenot y contenaient pourtant 
quelques fossiles se rattachant au Glypticien. Dournon, qui 
n'en est éloigné que de 4 kil., présente les sphérites à Phol. 
exaltata recouvertes par des calcaires contenant la faune des 
couches à Ara. bimaramatus mélangée de quelques espèces 
oxfordiennes , soit des -couches de Birmensdorf, soit des 
couches supérieures. J'ai donné la coupe de cette localité 
dans la II e partie, ainsi que les coupes analogues du Grouzet 
et de rAbergement-du-Navois. En réunissant la faune des 
trois localités, on a 0) : 



Belemnites pressulus Qu. 

Rhyncholites sp. 

Ammonites Martelli Opp. 

» sp. ind. (Perisphinctes) 
» cf. Arolicus Opp. 

Pholadomya Uneata Gdf. 

* Lucina sp. 

* Opis Archiacina Buv. 
Lima Halleyana Et. 
Pecten subtextorius Mu. 

» subspinosus Schl. 

* » solidus Rœ. 



* Ostrea hastellata Schl. 

» spiralis Gdf. 
» Blandina d'Orb. 
Terebratula bisuffarcinata Schl. 
» cf. Bourgueti Et. 

* Rhynchonella pectunculata 

d'Orb. 

Gollyrites bicordata Desm. 

* Pedina sublsevis Ag. 

* Hemicidaris crenularis Larn, 

» intermedia Forb. 

Cidaris coronata Gdf. 



(1) Les espèces appartenant au faciès corallien sont marquées d'un 
astérisque. 



— 1G0 - 



* \adaris Blumenbachi Mu. Serpula alligata Et. 

* » florigemma Phill. * Microsolena Cliamplittensis 
Balanocrinus subteres Gdf. From. sp. 
Tetracrinus moniliformis Gtlf. * Tbamnastrea Lomontiaua Et. 
Serpula spiralis Mu * Pareudea gracilis Et. 

Au dessus de cette couche à Hemicidaris crenularis, se 
trouvent des marno-calcaires plus ou moins schisteux; j'es- 
time leur épaisseur à 30 ra à Dournon ; ils sont beaucoup plus 
puissants au Bief des Laizines et encore plus à l'Abergement- 
du-Navois. Leur faune appartient aux couches d'Effingen et 
du Geissberg. 

Ammonites Martelli Opp. Pecten subcingulatus d'Orb. 

» subclausus Opp. Ostrea rastellaris Mu. 

Pholadomya paucicosta Rœ. » cf. caprina Mer. 

» hemicardia Rœ. « multiformis K. et D. 

» lineata Gdf. Terebratula aff. Galliennei Orb. 

Goniomya constricta Ag. Balanocrinus subteres Gdf. 

Perna subplana Et. 

Dans les trois localités ces couches sont recouvertes par des 
calcaires à Polypiers ; au Bief des Laizines il est difficile de 
dire si ces calcaires représentent l'Astartien ou le Glypticien, 
mais à Dournon on peut reconnaître l'Astartien et au-dessous 
une minche couche contenant des fossiles qui généralement 
ne se trouvent pas dans l'Astartien Terebr. Bourgueti, Waldh. 
Delemontana, W. Parandieri, mélangés à des fossiles de ce 
niveau. La séparation est aussi possible à l'Abergement-du- 
Navois, où l'Astartien et le Rauracien ont leur faciès habi- 
tuel. 

La pl. II présente un profil théorique de Saint-Claude 
(faciès argovienj à Fertans (faciès franc -comtois). L'échelle 
des longueurs, 1 : 100,000, n'est appliquée que de la Billode 
à Fertans; je l'ai construite en reliant la Billode-Dessus à 
Fertans et en rabattant sur cette ligne les points où se trouvent 
les coupes. Les hauteurs sont à 1 : 2,000, soit 50 fois plus 
grandes que les longueurs. 

La coupe de Saint-Claude donne le faciès argovien ; les 



couches de Birmensdorf y reposent sur le callovien et les 
couches de Geissberg y sont recouvertes par le faciès grume- 
leux à Hexactinellides de la zone à Am. bimarnmatus. La 
coupe Billode-Châtelneuf montre les couches à Am. Renggeri 
entre le callovien et les couches de Birmensdorf. La même 
superposition se présente àCize, tandis qu'au Mont-Rivel (0 les 
couches à Pholad. exaltata viennent s'intercaler entre deux, 
Ces Couches augmentent d'épaisseur à Andelot et à Arc-sous- 
Montenot ; dans cette dernière localité quelques fossiles du 
faciès à Polypiers et la présence de la silice se mélangent à la 
faune normale des couches de Birmensdorf, ce que j'ai indi- 
qué par un mélange de traits et de points. Au-dessus se 
trouvent des marno-calcaires schisteux à faune oxfordienne. 

A Dournon , Grouzet, ete, les couches qui reposent sur les 
sphérites à PhoL exaltata contiennent une faune appartenant 
en grande partie à la zone de l'Ain, himammatus mélangée 
de quelques espèces des couches de Birmensdorf et des 
couches d'Effingen. Elles sont recouvertes par les marno- 
calcaires de l'Oxfordien supérieur surmontés d'une mince 
assise contenant quelques espèces des c. à Am. himammatus. 
A Nans-sous-Sainte-Anne nous avons déjà le faciès franc- 
comtois typique, presque aussi développé qu'à Fertans. En 
parlant des couches à Phol. exaltata et du Glypticien, j'ai fait 
voir qu'il n'est pas possible d'admettre une lacune entre ces 
deux zones. 

J'ai naturellement cherché à observer les mêmes faits dans 
d'autres parties du Jura; ce n'est possible que dans une con- 
trée où l'on puisse prendre une série de coupes depuis le faciès 
franc-comtois jusqu'au faciès argovien. Au sud de Salins, le 
faciès franc-comtois existe encore à Sellières, mais l'érosion a 
enlevé l'Oxfordien du premier plateau qui s'étend à lest de 
cette localité et le faciès argovien commence déjà au sud de 



(1) J'ai donné Une coupe du Mont Rivel en 1875 (Corallien) ; une 
erreur d'impression donne 20 m de trop à l'oxfordien supérieur. 

11 



Lons-le-Saunier ; il n'est donc pas possible de trouver une 
coupe analogue vers le sud. 

Vers le N.-E. les affleurements oxfordiens sont aussi trop 
espacés jusqu'au Jura bernois, où l'on trouve la possibilité 
d'établir une série de coupes sur une ligne Bienne-Glovelier. 
Les localités y sont moins bien alignées que dans le profil 
Saint-Glaude-Fertans et les coupes y sont moins facilement 
observables. 

Pendant la construction du tunnel de Reuchenette , on 
pouvait observer à l'extrémité sud le Callovien supérieur 
reposant sur la Dalle nacrée et recouvert d'une mince assise 
de marnes à Ani. Renggeri surmontée de calcaires compactes à 
Am. Marlelli. Je n'y ai pas trouvé d'Hoxactinellides, quoique 
cette localité soit sur le prolongement du Chasserai, qui pré- 
sente les couches de Birmensdorf riches en grands spon- 
giaires. Ces calcaires sont recouverts par les couches d'Effingen 
et du Geissberg surmontées de marno-calcaires à fossiles 
siliceux présentant un mélange de la faune du Glyplicien et 
de celle de VAstartien. 

La partie supérieure de cette coupe est analogue au Montoz 
et au Graitery , la seule différence consiste dans la plus 
grande épaisseur des marnes à Am. Renggeri et dans la pré- 
sence d'une trentaine de mètres de sphérites à Phol. exallala 
au-dessous des calcaires à Am. OEgir et Martelli. 

Je n'ai pas pu trouver de coupes suffisamment découvertes 
au Moron, mais les Gorges du Piciioux permettent de recon- 
naître les couches à Phol. exallala recouvertes par des cal- 
caires oxfordiens qui n'ont plus qu'une quarantaine de mètres 
d'épaisseur et qui supportent des calcaires à Polypiers qui 
semblent appartenir ii YAslarlien. 

Au nord d'UNDERVELiER, on a déjà le faciès franc-comtois, 
et le Glypticien repose sur les couches à Phol. cxaltata. 

Nous avons donc ici le même fait que sur la ligne Billode- 
Fertans; il se présente aussi dans le Jura soleurois, suivant 
une ligne Gunsberg, Weissenstcin,Probstenberg et Raimeux, 



— 103 — 

tandis qu'à Test de cette ligne, le faciès argovien atteint le 
bord interne de la chaîne. 

Je me permettrai de développer Y hypothèse qui me paraît 
donner la meilleure explication do ces faits. Les Hexacti- 
nellides actuelles vivent à de grandes profondeurs ; les consi- 
dérations développées par M. Zittel sur les Hexactinellidcs 
fossiles font voir qu'elles vivaient dans les mêmes conditions, 
L'identité remarquable des couches de Birmensdorf dans les 
différentes contrées permet d'admettre que la faune était en 
plus lice à une profondeur donnée. 

La faune des couches d'Effingen est une faune de profon- 
deurs moins considérables, et les nombreuses m y es des couches 
du Geissberg annoncent une mer peu profonde. 

Le faciès franc-comtois de l'Oxfordien présente à sa base 
les couches à Am. Renggeri avec une faune analogue à celle 
des couches d'Effingen, surmontées de couches à Phol exaltata, 
soit d'une faune ayant plus d'analogie avec celle du Geissberg. 

On peut donc admettre qu'après le dépôt du callovien 
supérieur, le fond de la mer présentait une profondeur plus 
considérable dans la région interne de la chaîne que dans la 
région externe. Le banc d'Hexactinellides s'y formait pendant 
que les couches à Am. Renggeri se déposaient en Franche- 
Comté. En même temps avait lieu un affaissement lent vers 
le N.-O., ce qui permettait au banc de Spongiaires de 
s'étendre peu à peu dans cette direction en recouvrant les 
terrains qui s'y étaient déjà déposés, premièrement la partie 
inférieure, puis la totalité des couches à Am. Renggeri, puis 
enfin la partie inférieure des couches à Phol exaltata. Cette 
approche y est signalée par le mélange de quelques espèces 
de la faune de Birmensdorf qui ne se trouvent pas dans les 
localités éloignées du banc de Spongiaires. (V. ch. II). 

Le banc d'Hexactinellides devint donc de plus en plus 
récent jusqu'à ce qu'il atteignît la hauteur rt' Arc-sou s-M on - 
tenot, au moment où il allait être contemporain du Glypti- 
cien. 



— 104 — 

Le mouvement du fond de la mer n'était pas un simple 
mouvement d'affaissement vers le N.-O., mais un mouve- 
ment de bascule qui exhaussait le S.-E., ce qui est prouvé 
par les faunes des couches d'Effingen et du Geissberg qui per- 
dent de plus en plus leur caractère de faune de grande pro- 
fondeur. Au moment où les couches de Birmensdorf attei- 
gnirent Arc-sous-Montenot, le mouvement vers le N.-O. se 
changea en un mouvement contraire, ce qui permit au Glyp- 
ticien de s'étendre vers le S.-E. 

On devrait s'attendre à voir les couches de Birmensdorf 
retourner dans cette direction au fur et à mesure que ce mou- 
vement se produisait, c'eût été le cas sans la grande masse de 
matériaux qui dans l'intervalle s'étaient accumulés au-dessus 
des couches de Birmensdorf. 

L'affaissement vers le S.-E. avait à en tenir compte : aussi 
n'est-ce qua partir de Saint-Claude que les Hexactinellides 
trouvèrent une profondeur suffisante à leur existence. Leur 
banc présente d'abord un mélange de formes pélagiques et 
contient divers Pétrospongides , mais le Bugey ne nous pré- 
sente plus que des Hexactinellides hébergeant de nombreuses 
espèces qui se trouvaient déjà dans les couches de Birmens- 
dorf, ce qui indique que la profondeur était redevenue la 
môme ou à peu près la même que lors du dépôt de ces der- 
nières couches. 

Pour que des espèces liées au fond de la mer et aux bancs 
d'ilexactincliides puissent apparaître à deux reprises dans le 
Bugey, il faut que ces derniers aient pu exister sans inter- 
ruption dans une certaine contrée. Nous venons de voir que 
ce n'est pas vers le N.-O; au S.-E., M. E. Favre a fait voir 
le mélange des horizons de l'Ara, transversarius et de TAm. 
bimammatus aux Voirons et dans les Alpes fri bourgeoises 0). 
Ce n'est qu'une partie du problème à résoudre, car les Spon- 
giaires manquent dans ces localités. 



(1) Loc. cit. 



- 165 — 



CHAPITRE V 

RÉSUMÉ. 



Cette étude a principalement en vue le Gallovien et LOx- 
fordien dans le Jura occidental et le Jura méridional. Dans 
les quelques lignes qui suivent, j'en donne les principaux 
résultats tout en jetant un regard rapide sur la façon dont se 
comportent ces étages dans le reste do la chaîne. Dans la chaîne 
du Jura ces terrains présentent deux faciès principaux : l'un, 
le faciès argovien , occupe les deux extrémités de la chaîne; 
l'autre, la partie médiane sans atteindre le bord intérieur. 
(Voir plus de détails à ce sujet dans l'introduction.) 

Le Gallovien présente deux sous-divisions principales : la 
première, Zone de l'Am. macrocephalus , existe sous diffé- 
rents aspects qui peuvent être groupés en deux faciès : le 
faciès bathonien ou franc-comtois et le faciès callovien. La 
ligne de démarcation de ces deux faciès est encore incomplè- 
tement connue; on peut pourtant considérer le faciès callo- 
vien comme occupant le Jura méridional et se prolongeant 
un peu dans le Jura occidental; d'un autre côté il occupe le 
Jura oriental et se prolonge dans le nord du Jura central jus- 
que dans les environs de Belfort. Ces deux aires ne sont pas 
réunies. 

La division supérieure du Gallovien , ou zone de l'Am. an- 
ceps et de l'Am. alhieta, ne présente pas de faciès aussi tran- 
chés. Dans quelques localités l'absence de la partie inférieure 
fait supposer que le faciès bathonien de la zone à Ara. ma- 
crocephalus a continué à se former pendant une grande partie 
de son dépôt. Elle présente généralement un faciès à Cépha- 
lopodes, sauf dans la partie S.-O. du Jura occidental où elle 
contient un certain nombre de Myacées; c'est précisément 



- 166 - 

vis-à-vis du Maçonnais, où ce sous-étage présente aussi un 
faciès à Myacées ('). 

A la partie supérieure se trouve une couche facile à dis- 
cerner et existant dans la presque totalité de la chaîne. 

I/OxFORDiEN présente aussi deux faciès principaux : le faciès 
franc-comtois se compose de marnes à Céphalopodes (c. à Am. 
Jlenggeri) surmontées de marnes à sphérites et de chailles 
contenant des Myacées et des Céphalopodes (c. à Phol exal- 
tata). 

Le faciès argovien présente trois divisions : les couches de 
Birmensdorj formées par un banc de Spongiaires, les couches 
d'Effingen dont la faune a une grande analogie avec celles des 
marnes à Am. lienggeri, et enfin les couches du Geissberg 
contenant une faune de myacées. 

Au-dessus de l'Oxfordien se trouve I'horizon de l'àm. 
bimam matus ou couches à Hem. crenularis dont le faciès franc- 
corn tois présente un banc de polypiers et le faciès argovien 
un banc d'Hexactinellides, ces deux faciès étant reliés par 
des passages divers. 

Dans les contrées où les deux faciès de TOxfordien existent 
simultanément, le faciès franc-comtois est surmonté par le 
faciès argovien. La base de ce dernier, le banc de Spongiaires 
des couches de Birmensdorf, repose sur des couches de plus 
en rjhis récentes jusqu'à ce qu'il vienne se soudera la zone 
de l'Àm. bimainmatus, autrement dit se transformer en un 
banc à Polypiers et Heniicidaris crenularis. Les couches à 
Hem. crenularis qui recouvrent les couches du Geissberg 
viennent aussi se souder à ce même banc, formant avec les 
couches de Birmensdorf un angle dans lequel les couches 
d'tëihngen et du Geissberg se perdent sous forme de coim 

Ce fait s'observe dans les environs de Champagnole et dans 



(1) La visite des collections Berthaud, à Lyon, et Lemosy, à Mûcon, 
m'a permis de constater une grande identité entre les deux contrées 
citées ci-dessus. 



— 167 — 

les environs de Bieanc (Jura bernois); il peut être expliqué 
par un mouvement de bascule s'etfectuant d'abord vers le 
N.-O. puis vers le S.-E. Il n'est pas sans intérêt de remar- 
quer que la ligne qui joint les deux contrées précitées est dans 
la direction de l'axe de la chaîne, et que les autres principaux 
changements de faciès ont aussi lieu suivant ce même axe(l). 



(i) Choffat, Die Paléontologie (Carte, p. 29), Bàle 1878. 



— 168 - 



II e PARTIE 

PIÈGES JUSTIFICATIVES. 



CHAPITRE I 

NOTES SUR LES MARNES DE CHAMP-FORGERON. 



Le Wald. digona Sow. jouant un grand rôle dans le paral- 
lélisme des couches à Am. macroccphalus et de la dalle nacrée 
et étant généralement confondu en Franche-Comté avec le 
Wald. obovata du même auteur, je crois devoir donner quel- 
ques explications sur les niveaux qu'occupent ces deux es- 
pèces. 

Entre le Forest Marble et le Cornbrash des géologues franc- 
comtois, se trouve fréquemment une couche de marne très 
fossilifère que je nomme provisoirement marne de Champ- 
Forgeron, en raison de son beau développement dans les fossés 
du petit fort de Champ-Forgeron près Besançon. 

Cette marne se distingue des marnes de la dalle nacrée non- 
seulement par son niveau complètement ditïérent, mais aussi 
par sa faune dont quelques espèces passent pourtant dans les 
marnes de la dalle nacrée. Elle forme le niveau principal du 
Wald. obovata, tandis que les secondes sont le niveau du W. 
digona, comme nous l'avons vu précédemment. (Voyez plus 
haut la description de ces deux espèces.) 



— 169 — 



Faune des marnes de Champ-Forgeron (1). 



Pholadomya Murckisoni Sow. 
Ceromya concentrica M. et L. 
Avicula cchinata Sow. 



* » cf. peregrinus M. et L. 
Pticatula Chavanni Choff. 
Ostrea obscura Sow. 

* » costata Sow. 

* » Marchi var. Sow. 

* » grcgarea Sow. 

* Acrosalenia spinosa Ag. 
Pseudodiadema nov. sp. 
Ilemicidaris Langrunensis Cott. 
Apiocrinus elegans d'Orb. 
Serpula lumbricalis Schl. 
Microsolcna excelsa E. et H. 



* Pecten demissus Phill. 



» costata Sow. (2) 
Perna rugosa M. et L. 
Zi??i<z impressa M. et L. 



• » duplicata Sow. 
Terebratula intermedia Sow. 



» cardium Lam. 



* » coarctata Park. 
Waldheimia obovata Sow. 
Rhynchonella Marier ei Dav. 



» obsoleta Sow. 



» concinnoides Orb. (3). Berenicca dituviana Lamour. 



11 faudrait ajouter à cette faune un certain nombre d'es- 
pèces dont je ne possède que des exemplaires incomplets. Sur 
30 nous n'en voyons que 8 passer à la dalle nacrée; il faudra 
probablement y ajouter le Lima duplicata que Ton trouvera 
sans doute à ce niveau , puisqu'il passe à des couches plus 
élevées. 

Les marnes de Champ-Forgeron semblent aussi contenir 
une belle faune à Verges, canton de Gonliége (Jura). 



(1) Les espèces pmsant dans les marnes de la dalle nacrée sont mar- 
quées d'un astérisque. 

(2) L'Avicule que MM. Terquem et Jourdy nomment Av. costata est 
sans doute Y Av. Munsteri Bronn. VAv. costata n'a pas de côtes secon- 
daires, comme le font parfaitement voir MM. Morris et Lycett. 

(3) Cette espèce est souvent confondue avec le Rh. varians Schl.; ces 
deux espèces ne présentent d'autre ressemblance qu'une petite taille, 
leur forme différant complètement. 



* Pecten vagans Sow. 



Luccnsis d'Orb. 



CHAPITRE II 

COUPES LOCALES. 



J'ai l'avantage de pouvoir publier une coupe relevée avec 
le plus grand soin par mon ami M. Abel Girardot, instituteur 
à Châtelneuf. Elle part de la Billode-Dessus et suit les diffé- 
rents ravins de la Fugemaille jusqu'au-dessus du village de 
Châtelneuf. Dans l'étude de cette coupe, M. Girardot a dis- 
tingué 83 couches dans l'oxfordien ; la place de chaque fossile 
lui est donc parfaitement connue. Ce n'est qu'après l'examen 
des faunules qu'il les a groupées en 23 couches; quelques- 
unes sont distinguées à cause de leurs caractères pêtrogra- 
phiques ou des points de repère qu'elles présentent. 

N° 1 COUPE DE LA BILLODE A CHATELNEUF (U, 

Par M. A. Girardot. 

ASTARTIEN INFÉRIEUR. 

3i. Calcaire gris peu compacte. (Taureau, Champs-Mar- 
tinet, etc.). 8 m » 

Natica yniUepora Buv.-, Diceras Monsbeliardensis Gtj . ; Lithodo- 
mus socialis Th.; Ostrea sequana Th.; Tereb. Bauhini Et.; T. 
Gessneri Et.; Wal. humeralis Rœ.; Hhyn. pinguis Rœ.; Hemici- 
daris intermedia Forbes; Cidaris florigemma Phill.; Rabdo- 
phyllia flabellum Et.-, RIripidogyra flabellwn E. et H.; Stylina 
spissa Beck.; Cyatfiophora semiradiata Et.-, Confusastrea 
rustica Defr.; Isastrea heliantoides Gdf.; /. Bernensis Et.; 
/. Grcsslyi Et.; /. explanata Gdf. (A peu de distance, au Sur- 
mont, la même couche a fourni plusieurs exemplaires de 
Pseudodesorella Orbignyana Et.) 



(i) M. Girardot a bien voulu me confier ses fossiles pendant un temps 
assez long, ce qui m'a permis de les déterminer avec soin. 



- 171 — 



30. Calcaire gris, roux par altération, à oolites irré- 
gulières, pétri de Wald. humeralis ou de radioles 
tT Hemicidaris slramonium. 0 m 50 

Rauracien. 

29. Calcaire à oolites fines et régulières, en bancs 
minces, bleu intérieurement, blanchâtre par altéra- 
tion, avec marnes oolitiques fines qui parfois prennent 
le dessus. Quelquefois on n'a que des calcaires (Car- 
rière de Pillemoine, Franois , Chevrotaine). Marnes 
visibles à Champs-Martinet et au Breuil. Cette couche 
contient des îlots de Polypiers qui s'élèvent parfois 
jusqu'à sa partie supérieure. Puissance de 6 à lû m . 8 m » 

Bel. semisulcalus Mu.; Phol. hemicardia Rœ.; Trigonia Lruncata 
Ag.-, Lima Halleyana Et.; Ostrea rastellaris Mu.; Waldh hu- 
meralisRœ.; Terebr. trigonella Schl.; Echinobrissus Bourgueii 
Des.; E. avellana Des. 

28. Calcaire compacte, bleu, jaunâtre par altération, 
passant à une oolite très fine, puis à une oolite gros- 
sière, blanche avec débris d'Echinodermes. Epaisseur, 
5à6 m . 5 m 50 

Présente tantôt le faciès corallien à Polypiers et Nérinées (car- 
rières et tranchée du n° 40), tantôt des nids du faciès vaseux 
(dessus du village). Cette couche est représentée à Pillemoine 
par des calcaires grossièrement oolitiques à débris d'Échino- 
dermes. 

Faciès coraliex. Nerinca depressa Voltz; A r . eîegans Th.; N. sp. 
ind ; Terebr. insignis stri cliva Qu.; T. Moravica GL; Rh. pin- 
guis Rœ.; Rhabdophyltia flabcll am Et ; Rliipidogyra flabclltun 
E. et H.; Slylina ienàx Et.; S. decipiens Et.; S. Giraudi Et.; 
Actinocœnîa minima Et.; ïsasirea famtlus Et 

FAcrès a Miacèes. Phol. paucicosta Rœ.; P. hemicardia Rœ.; 
P. robusta Desh.; P. Tombecki P. deL.; Thracia incerta Desh.; 
Myoconcha perlonga Et.; Diceras suprajurensîs Th.-, Trichites 

, Saussurei Th.; Perna subplana Et. 

Horizon de l'Am. bimammatus. (Faciès vaseux à Mya- 
cées) . 

27. Marno-calcaires grisâtres. Les calcaires prennent 



le dessus à la partie supérieure et la couche se termine 
par un banc à aspect plus ou moins dolomitique. 
(Depuis le bas du village jusqu'au-dessus de l'école ; 
fontaine de la Dame). 25 m » 

Fossiles nombreux à la partie inférieure, très rares vers la 
partie supérieure, Hemicidarîs intermedia. Rabdoccidaris 
ïavator. (V. le tableau de la faune.) 

OXFORDIEN\ 
Couche du Geissberg 0). (Puissance 67 m 15.) 

26. Marne grise, jaune par altération, avec pla- 
quettes gréseuses, surmontée par un banc de calcaire 
gréseux de 0 m l0 à 0 m 1 5 d'épaisseur. Fossiles rares. 
(Fouille à Piron, la Toupeta, la Dame). 

25. Marne intercalée dans des calcaires lumachelles 
analogues à e. 24, mais ne contenant pas de gros 
fossiles. 

A la base nombreuses Trigonia geographica ; à la partie supé- 
rieure des marnes Colhjriles bicordata 3. Cette couclie présente 
quelques rares fossiles dont le niveau principal est dans la 
couche 27 Tornatina Boacardensis , Xatica aff. saprajurensis , 
Nerita jurensis; le reste de la faune la rattache à TOxfordieu. 

24. Marnes ayant cà leur base un banc de lumachelle 
de 0^30 tantôt uniquement composée de valves d'Ano- 
mia Monsbeliardensis Ctj., contenant parfois des fossiles 
de plus grande taille (Fontenette). 2 m 40 

23. Marne grise, fossiles nombreux h la base (Nord 
de Clos-Romand et Fontaine-Petitgnou. 15 m 60 

i\.a faune des c. 23 et 24 est caractérisée par une grande quan- 
tité d'espèces de petite taille : gastéropodes, astartes, nucules, 
huîtres et serpules dont on trouvera les noms dans la faune des 
couches du Geissberg. 



(1) Je n'indique que les fossiles caractérisant la couche dans laquelle 
ils se trouvent, ou présentant un intérêt particulier par suite de leur 
niveau; les autres sont dans le tableau. 



4 m » 
4 60 



- 173 - 

22. Calcaire marneux, très dur, pétri de fossiles 
parmi lesquels dominent le Pema subplana Et. et un 
Unicardium voisin de VU. globosum Ag. (Bord du 
Clos-Romand). 

21, Marne grise friable. 

20. Calcaires marneux jaunâtres durs, formés en 
majeure partie de fossiles et de leurs débris. (Oratoire, 
chemin de la Plaine au Chalet). 
Pecten vimineus Sow.; Ostrea rastellaris Mu.; 0: nana Gdf. 

19. Marno-calcaire siliceux, se désagrégeant en frag- 
ments anguleux de grandes dimensions; 13 bancs avec 
marnes sèches intercalées. Fossiles à la base et à la partie 
supérieure. (Tranchée et cascade de la Fourche). 4 m 70 

Phasianella slriala. Pholadomyes et pleitromyes . Oidams blumen- 
bachi, Stomechinus pErtLATus ; Pseudodiadema sp. incl. 

18. Marne sèche, siliceuse, assez friable. Diminue 
d'épaisseur vers le nord. (Marne siliceuse près de 
l'Oratoire (1) Z. 3G Ogérien). Tranchée de la Fourche. 0 m 40 

17. Marne sèche, dure, et marno-calcaire gréseux se 
délitant en sphérites. (Tranchée du haut de la Fourche.) 
Fossiles rares. 4 m 70 

16. Marne et calcaire marneux. Dysasler granulosus. 9 m 10 

15. Marno-calcaire siliceux très dur pétri de Pema 
subplana, 0 m 50 

14. Alternance de marne grise très friable et de 
marno-calcaires, fossiles assez rares. 15 m 45 

13. Deux bancs de calcaire marneux dur de 0 m 30 
séparés par des marnes. (Ces bancs forment la partie 
supérieure de la grande cascade du ravin S.-E.). 1 m » 

Pholadomya canaliculata, Pema subplana, Lima tumida. 



0*40 
2 m 10 

2 m 20 



(1) Depuis la publication du frère Ogérien, l'oratoire a été transporté 
à l'ouest, sur la couche 20, tandis qu'il occupait l'emplacement de la 
tranchée actuelle. 



Couches d'Effingen. (Puissance 95 m 40). 

12. Marnes grises, très friables, contenant quatre 

bancs de marno-calcaires. 19 m 20 

Turbo Meriani; Pleurotomaria Euterpe-, Pholadomya canalicu- 
lata; Thracia incerta; Cardhim pesoliiium-, Ostrea caprina; 
Waldh. Mœschi. 

11. Deux bancs marno-calcaires séparés par des 
marnes. (Visibles au-dessous de l'Oratoire et au-des- 
sous du chemin de la Fourche). l m » 

Faune analogue à celle de la couche 9, mais moins riche en 
Ammonites et ne contenant pas le W. impressa, par contre 
T. Galliennei 5. 

40. Marnes avec quelques bancs de marno-calcaires; 
(fossiles très rares). 37 m » 

Pholadomya uneata. Wald. impressa. 

9. Marnes avec nombreux fossiles pyriteux de petite 
taille. (Visible des deux côtés du ravin à 100 m plus 
haut que l'aqueduc des Terreaux et surtout dans un 
petit ravin latéral à l'Est). 5 m 60 

Bel. pressulus 2 ; Am. Bruckneri 2 ; Am. Arolicus 4 ; Virgulatus 3; 
Terebr. aff. bisuffarcinata. Waldh. Mœschi 3; Rhync. senticosa 
4; Pentacrinites pentagonalis 5. (Même faune que c. 9 Saint- 
Sorlin.) 

8. Quatre bancs calcaires avec marnes intercalées 4 m 60 
Fossiles rares. Am. Marlelli. Pholadomya paucicosta. 

7. Marnes et marno-calcaires. (Près de l'acqueduc 
des Terreaux). 4 m » 

Faune très riche. (= c. 7 St-Sorlin.) Bel. pressulus % B. semisuî- 
catus } Ostrea caprina, Terebr. aff. bisuffarcinata, T. Galliennei 
Rhynch* senticosa; Rabdocidaris maxima (très fréquenta la 
partie supérieure). 

6. Marnes grises alternant avec sept bancs de marno- 
calcaires. 24 m » 
Am. cànalicuîatus, Ostrea dilatata, Dysaster granulosus (3). 



- 175 - 

Couches de Birmensdorf. 

5. Marno-calcaires et marnes schisteuses blanchâ- 
tres, dures. (Visibles dans le ruisseau des Terreaux 
jusqu'à la seconde cascatelle où ils se terminent par 
un banc de calcaire hydraulique très dur. ll m 50 

Fossiles rares, en général calcaires, quelques-uns siliceux, 
quelques Ammonites de la couche précédente, mais absence 
de Spongiaires. 

4. Cinq bancs de calcaire gris à veines bleues, 
séparées par des marnes intercalées. Spongiaires dans 
les calcaires et dans les marnes. (Première cascatelle 
du ruisseau des Terreaux et chemin du haut de la 
Liège h Vaudioux). Faune riche. (Voir le tableau, 
l r0 partie.) l m 50 

Couches a Ammonites Renggeri. 

3. Marne argileuse, bleuâtre, avec fossiles pyriteux 
abondants. (Visible près de la Billode-Dessus et à l'en- 
trée du ravin de la Fugemaille.) 25 m » 
Amm, tunula 5, plicatilisb, cordatus 5, scapfiytoides 3, Renggeri 3. 

CALLOVIEN 

Callovien H. 

2. Calcaire marneux, jaunâtre, peu compacte avec 
nombreuses oolites ferrugineuses. (Billode-Dessus, 
fossé de la route. l m 60 

Faune assez riche ; v. le tableau. 

Dalle nacrée. 

i. Calcaire compacte bleuâtre à l'intérieur, gris- 
jaunâtre par altération. La partie inférieure est pins ou 
moins oolitique et contient des débris de crinoïdes qui 
prennent le dessus h la partie supérieure. (Partie infé- 
rieure à la Billode-Dessus et sur la route de Cize vis- 
à-vis de la 72 e borne kilométrique). l m 80 



— I7G - 



Lithodomus inclusus, Lima duplicata, Avicula Munsteri. Pecten 
vagans, P. cf. Rhypheus, P. fibrosus. Serpula confbrmis. 

BATHONIEN. 

Marne grise avec taches jaunes, repose sur un calcaire ' 
compacte gris à surface irrégulière, criblée de trous de 
pholades. Ep. de la marne. l m » 

^Exploitée pour terre à fours vis-à-vis du chemin du 
Vaudioux; peut aussi s'observer au-dessous de la dalle 
nacrée vis-à-vis du h il. 72). 

Faune des marnes. Pholadomya Murchisoni Sow. 5 ; P. deltoi- 
dea Sow.; Ceromya concentrica M. et L. Homomya gibbosa 
Ag.; Isocardia minima Sow.-, Avicula echinata Sow. 5; Pecten 
vagans Sow.; Ostrea costata Sow. 4 ; 0. obscura Sow.; 0. Knorri 
Sow.-, 0. Marshi Sow.; Terebralula intermedia Sow.; Rkync. 
decorata Schl.; Rhync. obsoletaSow.; Acrosalenia spinosa Ag. 

N° 2 COUPE DE PRÉNOVEL. 

(Tranchée du chemin près de la scierie), 

Couches d'Effingen. Dans la combe. 

Couches de Birmensdorf. 3 bancs calcaires, avec 
marnes intercalées. 2 m » 

Am. iVartelli, Am. Œgir, absence de spongiaires. 

Couches a Am. Renggeri. Am. cordatus, punctalus, den- 
ticulatus, etc. 25 m » 

CALLOVIEN. 

Niveau de l'A m. athleta. 

6. Calcaire marneux blanc. 
5. Marnes à oolites ferrugineuses. 

Am. perarmatus, Lamberti, subcostarius, superba; Alaria sp.; 
Tereb. dorsoplicata-, Wald. pala; Rhync. minuta. 




— 177 — 



Niveau de l'Am. anceps. 

4. Marno-calcaire gris-jaunâtre à oolites ferrugi- 
neuses. • 2 m » 
Am. coronatus, anceps, athleta, Herveyi, Jason, etc. V. la liste. 

Couches a Am. macrocephalus. 

3. M arno-calcaires jaunes à oolites fines rares. Bra- 
ehiopodes très nombreux. l m 50 

2. Calcaires plus marneux que c. 1 Am. macrocepha- 
lus, funalus, etc. 0 ra 30 

1. Calcaires gris avec rares oolites ferrugineuses. 0 m 70 
Faune assez riche, v. la liste. 

BATIIONIEN. 

Marnes schistoïdes , gris-bleuâtres. Fossiles aésez 
rares. Calcaire gris-clair. l ra 20 

Une coupe analogue est observable au pied du Bois 
sur les rochers (N.-O. des Crozets), dans le lit du ruis- 
seau. Le callovien supérieur y est plus puissant; les 
marnes à Am. Renggcri n'ont par contre que cinq 
mètres d épaisseur. 

N° 3. COUPE D'ANDELOT-EN-MONTAGNE. 

Couches d'Effingen. 

10. Couche remaniée avec nombreuses ostrea ca- 
prina. (2 e tranchée à l'est du tunnel de la Haute- 
Joux.) 

Am. Martelli; Arca concinna; Trigonia clavellata-, Ostrea 
caprina; Anomya canaticulata-, Serpula conformas ; Bere- 
nicea densata. 

9. Marno-calcaires feuilletés 
Bel. redioivus; Asterias jurensis. 



8 m * 
12 



- 178 — 

8. Interruption correspondant à environ 30 m »• 

7. Calcaire blanc grisâtre en bancs de 1 à 4 cent, 
d'épaisseur, cassure conchoïdale, marnes schisteuses 
intercalées. (3 e tranchée). 6 m » 

Anatina antica-, Pecten subcingulatus -, Waldh impressa. 

6. Marnes grises avec un banc calcaire. 2 m 50 
5. Calcaire blanc fendillé par la gelée', fragments 
aigus. 2 ro » 

Couches de Birmensdorf. 

4. Marnes et calcaires analogues aux bancs infé- 
rieurs, mais deux bancs seulement. Spongiaires rares ; 
Am. Martelli. 2 ro 50 

3. Six bancs calcaires alternant avec des marnés. 
Spongiaires dans les calcaires et dans les marnes. 
(Petit ravin au-dessous de la voie). Faune très riche. ' 2 m » 

Couches a Pholadomya exaltata. 

2. Alternance de marnes à fossiles pyriteux et de 
couches de sphérites marno-calcaires à fossiles cal- 
caires. Faune riche. V. le tableau. 13 m » 

Couches a Ammonites Renggeri. 
Marnes très fossilifères, visibles sur 14 m » 



N 8 4. COUPE DE DOURNON. 

Cette coupe est prise aux S.-O. de la Côte-aux- 
Chèvres , depuis le fond de l'entonnoir jusqu'au-dessus 
des marnières, puis continuée de la tranchée de Dour- 
non jusqu'au-dessus du village. 

Entre la marnière et la tranchée se trouve une petite 
faille qui a permis de trouver les sphérites à PhoL 
exaltata au-dessus de Ja source. La coupe est donc par- 
tagée par un dénivellement; je n'aurais pas osé m'en 
servir si l'on ne pouvait constater la même succession 



- 179 - 

sans dénivelleuient au Bief-des-Laizines et près du 
Crouzet, ainsi que dans d'autres localités du voisinage 
qui ne présentent par contre que l'une ou l'autre partie 
de la coupe. 

ASTARTIEN INFÉRIEUR. 

16. Marno-calcaire gris avec polypiers. (Champs et 
chcmiu au-dessus du village , et chemin de Sainte- 
Anne.) 

Lithodomus socialis Th.; Mytilus fornicatus Rœ.; Lima ef. astar- 
tifia EL; Cidaris florifjemma Phill.; liabdophyllîa flabellumEt.; 
hastrea explanata Gdf. sp.; Tkamnasivea Lomontiana EL; 
7\ Genevensis E. et H.; T. arachnoïdes Park.; Gonvexastrca 
minima Et. sp.; Goniocora socialis E. et H. 

Glypticien. 

15. Marne et marno-calcaires très fossilifères, mais 
ne contenant presque pas de polypiers. (Champs au- 
dessus du village). Environ 1 m ». 

Pleurotomaria aff. armata; Pecten globosus-, Oslrea ef. Thur- 
manni; 0. rastellaris ; 0. pulligera ; Terebr. Bourgueti; 
T. Daufiini; Wald. Delemontana 4; W. Parandieri; Rhync. 
pectuncul'oides ; Glypiicus Méroglyphicus-, Cidarîs florigemma; 
Thecosmilia laxata. 

OXFORDIEN. 

Couches du Geissberg et d'Effingen. 

14. Calcaires marneux, schistoïdes , durs, Cassure 
esquilleuse. (Visibles au-dessus de 13, dans une petite 
carrière au bord du chemin, puis dans le village et 
sur le chemin de Sainte-Anne). 20 m ï> 

Couches inférieures a Hemicidaris crenularis. (Tran- 
chée avant la marnière.) 

13. Marno-calcaires fossilifères. l m 80 
12. Calcaire blanc, compacte, avec débris de cri- 
noïdes et d'Echinodermes. l m 20 



11. Marno-calcaires avec polypiers et Hernie, crenu- 



Faune des couches il à 13. Pecten subspinosus, solidus, subtexto- 
iius; Oslrea hastellata,spiralis; Citlaris cervicalts, floriyemma\ 
lie micidans c renula ris (4), intermedia-, Pedina sublœvis ; Ser- 
pula spiralis, alligala ; Microsolena Champlittensis; Thamna- 
strea Lomontiana; Paveudea gracilis. 

10. Calcaires plus compactes que 9, avec nombreux 
débris de crinoïdes. 0 m 90 
Rhtjnc. peclunculata d'Orb." 

9. Calcaires plus marneux. l m » 

Hhyncholites: Am. aff. Martelli: Am. aff. pticatUis; Am. aff, 
Aroticus ; Lima Halleyana; Peclen sublextorius ; Terebraiula 
bisuffarcinaia : Hcmicidaris crenularis. 

8. Calcaire gris ou jaunâtre, plus ou moins spa- 
thique, à aspect de dalle nacrée. (Visible dans les prés 
au-dessous de la tranchée et au-dessus de la mar- 
nière). m 4 m » 

Couches a Pholadomya exaltata. 

7 Marnes avec sphérites. Faune assez riche. (Visibles 
dans la marnière). 28 m » 

Couches a Ammonites Rènggeri. 

0. Marnes exploitées dans la marnière et se conti- 
nuant jusque dans l'entonnoir. Faune très riche. 25 m » 

CALLOVIEN. 

Niveau de l'Am. athleta. (Visible dans l'entonnoir). 
5. Marnes avec oolites ferrugineuses. .4m. tmatus 



laris assez nombreux. 



0 m 70 



Schl. 



0*35 



Niveau de l'Am. anceps. 

4. Marno-calcaire plus riche en fer. 
BeL haslalus; Am. athleta: Pholad. Eschcri. 



0 m 35 



— 181 — 

3. Marnes grises aves oolites ferrugineuses. Très 
fossilifères. 0 m 60 

2. Marno-calcaire avec oolites disséminées, moins 
fossilifères que 3. 0 m 60 

Am» anceps, hecticus, Rhync. Royerianu. 

Dalle nacrée. 

Calcaire ooli tique, rosé ou grisâtre, en dalles plus ou 
moins épaisses. 

N° 5. COUPE DU BIEF-DES-LAIZINES AU CROUZET, 

ASTART1EN ? GlYPTICIEN ? 

5. Calcaire blanc-jaunâtre à Polypiers. (Bien décou- 
vert sur la nouvelle route de VilltMieuve). 

Phasianella striata -, Pxnna ampla\ Pecten articulatus, intertex- 
tus; Ostrea rastellavis: Rhync h. pectunculoides ; Gidaris flori- 
gemma. 

OXFORDIEN. 

Couches du GEissBERCr et d'Effingen. 

4. Marno-calcaires gris. Visibles au-dessus du ravin 

et sur la rouie de Villeneuve). 50 m » 

Am. Martelli; Pholad. jmucicosta, lineala: Goniomya constricta; 
Perna subplanai Oslrea aff. caprina: 0. multiformis-, Tereb. 
a ff. Galiennei. 

Couches inférieures a Hemicidaris crknularïs. 

3. Calcaire roux à structure confuse ; à la partie 
supérieure calcaire gris formé de fossiles, aspect de 
dalle nacrée. Rognons siliceux dans la masse, fossiles 
généralement à test siliceux. 2 m » 

Bel. pressufus; Am. Martelli 4 ; Pholad. lineaia; Colly rites bicor- 
data-, Hemicidaris crenularis; Gidaris cervicalis, G. ttlumen- 
bachi, c. fiorifjemma; Balanochnus subte7*es; Tetacrinus moni- 
li for mis. 



- 182 - 
Couches a Pholadomya exaltata. 

2. Marne et sphérites très fossilifères. 27 m » 

Couches a Ammonites Renggeri. 
Visibles dans le fond du ravin.. 

N° 6. COUPE DE L'ABERGEMENT-DU-NAVOIS. 

(En sortant du village, sur la route de Levier). 

ASTARTIEN. RAURACIEN. GlYPTICIEN. 

5. Calcaires avec polypiers nombreux mais non déter- 
minables. 12 m » 

Neritoma Hermanciana-, ffli.pectunculata; Gidaris Blumenbachi. 
Cid. florigemma. 

OXFORDIEN. 

Couches du Geissberg et d'Effingen. 

4. Marnes blanches et calcaires schisteux avec 
quelques rares empreintes de bivalves. Arca, cardium. 45 m » 

3. Calcaire grisâtre avec lits de marnes. 25 m .» 

Am. Martelli; Am. subclausus; Pholad. hemicardia; Ph. pauci- 
cosla: Pecten subcingulalus; Ostrea rastéllaris ; Tereb. bisuf- 
farcinata; Balanocrinus subteres. 

Couches inférieures a Hemicidaris crenularis. 

2. Calcaires jaunes, grisâtres, à aspect de dalle 
nacrée. Rognons siliceux pris dans la masse et fossiles 
à test siliceux. 10 » 

Belemii. ind.; Am. Martelli; Pholadomya lineata. Terebratula 
bisuffarcinata; Hemicidaris sp.; Balanocrinus subteres. La 
pauvreté de cette faune provient de ce que les couches ne 
sont presque pas découvertes. 

Couches a Pholadomya exaltata. 
Marne et sphérites en partie couvertes. 



— 183 



. N° 7. COUPE DU CREUX DU CROUAZ. 

.(Prise de la partie inférieure du Creux du Crouaz (chaîne du Noirmom) 
au chemin du Gravier.) 

10. PORTLANDIEN . 

9. Ptérocérien. Calcaire rosé, jaunâtre, à aspect 
moitié coralligène. Rhync. pinguis, trace de Polypiers 
et de Nérinécs. 

8. Astartien. Calcaires bleuâtres, marneux, pré- 
sentant un mélange de fossiles astar tiens et de fossiles 
des couches de Baden. 

7. Rauracien. Calcaires gris-jaunâtres très puissants 
ayant à leur base une couche contenant beaucoup de 
Brachiopodes et de Polypiers. Les fossiles les plus 
inférieurs sont siliceux, les autres calcaires. 

Tric/iiies Sauss.urei Th. Hemicidaris cf. crenutaris 
Ostvea spiraîis Gdf. Lam. 

Terebraiula semifarcinata Et. Cidaris florigemma Phill. 

Terebratella trigonella Schl. Apiocrinus sp. 

Rhynctionella peclunculata d'Orb. Polypiers indét. 

Glypticien 

6. Calcaire marneux jaunâtre. Pleuromya sp. 4 m » 

5. Calcaire compacte bleu, en couches de 10 à 20 cent, 
d'épaisseur avec intercalation de marnes. Quelques 
fossiles de 4. 10 m » 

4. Marnes avec concrétions à points rouges, mal 
.formées. 2 m 50 

>Lucina rugosa Rœ. (Mya.) Waldheimia humeralis 
Pinna lanceolata Sow. Rœ. sp. 

Gervillia angustata Rœ. Rhynchonella pectuncu- 
Trichites Saussurei Th. lata d'Orb. 

Pecien vimineus Sow. » pinguis Rœ. 

Ostrea rastellaris Mu. Pedina sxibl&vis Ag., 

Terebraiula cf. subcanali- Polypiers indét. 
culata Opp. 



OîFORDIEN. 

3. Alternance de marnes et de calcaires. 2 m 50 
3. Calcaire jaunâtre à taches ocreuses. Fossiles avec 
test, mais difficiles à dégager. 0 m 30 

Goniomya marginata A g. Mytilus fornicatus Rm. 
Pholaclomia lineata Gdf. » acinaces Leym. 

« canalicutata Uœ. Perna subplana Et. 

Astarte percrassa Et. Pecten subspinosus Schl. 

1. Marnes et marno-calcaires, visibles sur 30 à 35 m » 



Les coupes suivantes ont été levées en compagnie de 
mon excellent ami M. Fontannes, avec qui j'ai eu le 
plaisir de passer quelques jours dans les environs de 
Saint-Rambert. 

N° 8. COL DE SAINT-CRISTIN, ENTRE LE PLOMB 
ET INDRIEU. 

Les couches supérieures sont en partie recouvertes 
et difficilement observables ; on peut distinguer les 
couches à Am. bimammatus, mais pas celles du Geissberg. 
La faune est la même que dans les autres coupes de 
cette contrée. 

Couches d'EFFiNGEN. 



9. Marnes avec fossiles pyrileux. 40 m » 
8. Couches de Birsmensdorf. 15 m » 
7. Couches a Phol. exaltata. Sphérites marno-cal- 
caires avec intercalation de marnes. 6 m » 
6. Couches a Am. Renggeri. 15 m » 
5. Niveau de l'A m. athleta. Marno-calcaires fer- 
rugineux. 0 m 50 
L Niveau de l'A m. anceps. Marno-calcaires gris, 10 m » 
3. Couches a Am. macrocepiialus. Oolitc ferrugi- 
neuse. l m » 



— 185 — 

Bathonien. 

2.. Marnes et marno-calcaires gris, peu compactes. 
Phol. Murchisoni. 10 m » 

1. Calcaire h Echinodcrmes. Banc à oolites ferrugi- 
neuses à la partie supérieure. 



N° 9. COUPE DE LUPIEU. 

(Prise du ruisseau du Brévon sous Granges-Crétel, au ravin du ruisseau 

Chazot). 

Couches a Am. bimammatus. Marno-calcaires à Spon- 
giaires. l ra » 

Bel. semisulcatus ; Am. lingulatus-, Isoarca cordiformis; Ostrea 
rastellaris; Tereb. bicanaiiculata ; Wald. Mœschi. 

Couches du Geissberg. 

Alternance de marnes et de calcaires. Fossiles à la 
bafte seulement. 18 m » 

Pholad. lineala; P. hemicardia ; Allorisma latissima; Astarte 
percrassa; Unicardium a/f. globosum; Mytilus sub wquipli- 
catus. 

Couches d'Effingen. Marnes bleues, sèches. 8 m » 

Anatina striala; Astarte percrassa; Ostrea caprina; Waldh. 
impressa: IViync, minuta. 

10. Marnes bleues argileuses, à fossiles pyriteux. 
(Visibles dans la combe). 30 m » 

Am. Arolicus, IJrukîwri, virgulatus etc. 

9. Couches de Birmensdorf. Faune très riche. Envi- 
ron 15 m » 

8. Couches a Phol. exaltata. Alternance de marnes 
et de sphérites. 3 m » 

Bel. hastatus -, Tereb. Galliennei; Nulliporitcs Hecfiingensis. 
7. Couches a Am, Kenggeri. Faune ordinaire, 1Q M » 



- 186 — 

Niveau de l'Ail athleta. 

6. Assise très mince, à fossiles phosphatés, communs. 
Environ 0 m 02 
Am, coronatus, ornatus, Jason, Mespilocrinus macrocephalus,eic. 

5. Calcaire jaune à oolites ferrugineuses. 0 m G0 
Am. athleta et tortisulcatus. 

Niveau de l'Am. anceps. 

4. Alternance de marno- calcaires et de marnes 

dures, gris-jaunâtres. 9 m 30 

Fossiles rares. Bel. hastatus; Am. Greppini, hecticus, sulci férus, 
Dysaster Mœscki. 

3. Marnes grises, sèches. avec rares oolites ferrugi- 
neuses. 5 m » 
Fossiles très rares. Bel. sp. Waldh. pala. 

Couches a Am. macrocephalus. 

2. Marnes grises, très ferrugineuses. Fossiles très 
nombreux. (V. la liste). i m l 0 

Bathonien. 

I. Marno-calcaire en bancs minces. La partie supé- 
rieure est plus compacte et présente de nombreuses 
perforations. 

N° 10. COUPE D'EVOGES. 

(Entre le village et la cote 838). 

I I . Calcaire gris en bancs minces. 

Couches a Am. bimammatus. - 

10. Calcaire compacte et marno-calcaires grands 
Spongiaires. l m 50 

.Am. Marantianus Achilles, Pichleri, Tereb. bicanaliculata -, 
ty. Mœscki ; Cidaris propinqua. ' . 



— 187 — 

9. Calcaire à Spongiaires rougeâtres avec nombreux 
Tereb. bicanalicuiala et bisuffarctnaia à test violet-. En- 
viron 0 m 30 

8. Marne blanche à concrétions et fossiles pyriteux. \ 
Am. Pichleri: Dysaster granulosus; Trochocyathus. } l m » 

7. Marne grise schisteuse. ) 
Am. Mariantianus k, bimammatus, lingulatus, aff. Geron. 

6. Marne et marno-calcaires. 26 m » 

5. Marno-calcaires à Spongiaires. l m » 

Belem. semisulcatus 5, Hoyerianus 4 ; Am. Pichleri 4, lingulatus 3, 
bimammatus 1; Tereb. bisufjarcinata 5, Birmensdorfensis 3; ; 
Wald. Mœschi 5; Cidaris coronata 4, propinqua 2. 

Couches du Geissberg. 

4. Marnes et marno-calcaires. 20 ra » 

3. Calcaire. 2 m » 

Allnrisma latissima; Anatina slriata ; Phol. lineata; Unicardium 
aff. globosum. 

2. Couches d'Effingen. Marne avec fossiles pyri- 
teux, faune ordinaire. 30 m » 

1. Couches de Birmensdorf. Faune très riche. 



- 188 — 



CHAPITRE III 

OBSERVATIONS SUR QUELQUES-UNES DES ESPÈCES 
CITÉES. 



Belemnites semisulcatus , Mu, 

Quenstedt, Ceplialopoden, pl. XXIX, fig, 32. 

Couches d'Effingen. — Faciès marno-calcairc à Hexacti- 
nellides de l'horizon de l'Ani. bimammatus, 

Belemnites pressulus, Qu. 

Quenstedt. Der Jura, p. 579, pl. LXXIII, fig. 22 à 27. 

Cette espèce atteint une taille beaucoup plus grande dans le 
Jura occidental qu'en Souabe, ou elles semblent atrophiées; 
les figures de M. Quenstedt ne peuvent par conséquent n'en 
donner qu'une idée bien imparfaite. 

Diagnose. Rostre claviforme, très mince à son extrémité 
supérieure qui ne ma jamais présenté l'alvéole; sclargissant 
peu à peu jusqu'au tiers inférieur et s'atténuant plus ou moins 
brusquement en formant une pointe aiguë légèrement mn- 
cronée. Coupe pentagonale ou subpentagonale arrondie, jus- 
qu'au tiers inférieur, subovale vers l'extrémité inférieure. Le 
canal est très court, il atteint à peine le tiers de la longueur 
et semble souvent faire complètement défaut; les sillons laté- 
raux sont par contre fortement accentués. 

Longueur moyenne, 25 à 30 mm . 

Exemplaire de grande taille. Longueur, 40 mm ; largeur à 
la partie supérieure, 3 mml ; à la partie renflée, C,5 mm ; diamètre 
antéro-postérieur, 5,5 mm . 

Gisement. Couches à Am. Kcnggeri. C. à Phol. cxaltata, C. 
de Binuensdori et d'Effingen. 



Belemnites Royerianus, d'Orb. 



D'Orbigny. Céphalopodes, p. 132, pl. XXII, fig. 9-15. 

Cette espèce a la môme taille que la précédente. Elle s'en 
distingue par son ensemble moins claviforme, par sa forme 
non pentagonale mais ovale-oblongue, et par son sillon plus 
long et plus profond, quoique très étroit. 

Longueur, 1G à 40 ram . 

Gisement. Faciès marno-calcaire à Hexactinellides de l'ho- 
rizon de l'Ara, bimammatus. 

Aptychus Berno-jurensis, Th. 

1851. Thurmann. Ab. Gagnebin, p. 138, pl. II, fig. 26. 
1837. Apt. Thurmanni, Voltz, Jahrbuch (simple indication). 

Cet Aptychus, d'une grande importance pour la distinc- 
tion du niveau de l'Am. athleta, se reconnaît facilement à sa 
forme étroite, voûtée obliquement, et à sa surface externe 
ponctuée ou lisse. 

Ammonites cordatus var. 

Dans les marnes à Am. Renggeiï, les côtes de l'Ain, cor- 
datus ne présentent en général qu'une division vers le milieu 
delà hauteur des tours. Dans les couches à Phol. exaltata, il 
existe généralement une seconde division près de la carène. 
Une forme analogue est représentée par d'Orbigny : Votjage 
en Russie , pl. XXXIV, fig. 1. Lorsque ces côtes secondaires ne 
sont que très faiblement marquées, on a une forme voisine 
de l'Am. alternans. 

Une autre variété particulière à ce niveau est remarquable 
par la finesse de ses côtes; elle présente jusqu'à 40 côtes om- 
bilicales se partageant en 3 ou 4 côtfcs secondaires, 



- 190 — 



Ammonites Arolicus, Opp. 

1830. Ara. complanatus Zieten. Pl. X, fîg. 6 (non Brug M non Rein.) 
1857 et 1863. Am. nudisipho Oppel. 

1857. Am. complanatus Etallon. — 1867. Ogérien. 

1858. Am. complanutus Qu. Jura.. Pl. LXXIII, fig. 11-13. 

En 1857, Oppel proposa la désignation de nudisipho pour 
l'Ammonite des couches d'Efïingen que plusieurs auteurs nom- 
maient Am. complanatus , cette dernière désignation apparte- 
nant à une espèce liasique. Dans son étude des Céphalopodes 
jurassiques, il conserva la désignation de nudisipho, parce 
que la petite taille de ces exemplaires ne permet pas de 
reconnaître s'ils appartiennent à l'Am. arolicus ou à l'Am. 
stenorhynchus. 

Quelques exemplaires de grande taille, trouvés à ce niveau, 
ne présentent aucune différence avec l'Am. arolicus. 

Gisement. Couches de Birmensdorf et d'Effingen. 

Diamètre d'un grand exemplaire des couches d'Effingen ne 
présentant pas la dernière loge : 55 mm . 

Diamètre ordinaire au môme niveau, 10 à 15 mm . 

Quoiqu'un peu plus grand, l'échantillon figuré par Quens-" 
tedt rend bien compte de la forme des exemplaires pyriteux. 
Même dans cet état, il se distingue facilement de l'Am. Eu- 
charis par ses flancs plus convexes, tombant dans l'ombilic 
sous forme de carène anguleuse, et par sq, région siphonale 
tronquée carrément, tandis qu'elle est presque tranchante 
dans l'Am. Eucharis. 

Am. nov. sp. aff. hispidus. 

Se distingue de VAm. Marantianus d'Orb. par sa plus grande 
épaisseur et par ses côtes beaucoup plus fortes et non bifur- 
quées. Elle présente la même épaisseur que VAm. hispidus 
Opp. (1863, pl. LU), mais s'en distingue par ses côtes ex-, 
ternes, soit complètement droites, soit légèrement arquées à 



— 191 - 

l'extrémité siphonale, tandis qu'elles sont au contraire inflé- 
chies vers le canal dans l'Am. hispidus. 

Gisement, Faciès marno-calcaire de l'horizon de l'Am. bi-' 
mammatus, Evoges, Virisieu. — 4 exemplaires. 

Ammonites aff. denticulatus. 

Am. flexuosus. Quenstedt Jura. Pl. 1/XXIII, fig. 19-21. 

Mes exemplaires ont les tours moins élevés et la région 
siphonale plus obtuse que ne l'indique la figure de M. Quens- 
tedt. Les flancs sont ornés de côtes flexueuses très fines, sou- 
vent à peine visibles. Ils se distinguent facilement de YÀm. 
deniieuialus Ziet. par leurs tours plus déprimés et ayant leur 
plus grande épaisseur vers la région siphonale. 

Cette espèce semble nouvelle et méritera une description' 
lorsque l'on possédera des matériaux plus complets. 

Diamètre, 7 à 13 m,n . 

Gisement. Fréquent daus les couches d'Effingen. 
Ammonites Renggeri , Opp. 

1823, Am. cristatus Sow, non Deluc. 

1.847. Am crenatus (pars) d'Orb. Géplial. jurass. (texte non fig. 8. 

Pl. LXXVIJ, non Brug. 
185S. Am. dentatus (pars) Quenst. Jura. Pl. LXXVI. fig. 8, non Rein. 

1862. Am. crenatus Eiallon. — 1867. Ogérieu, 

1863. Am. Renggeri Opp., p. 203. 

L'Am. crenatus de Bruguière est basé sur l'exemplaire 
figuré par Lang; cet exemplaire montre la dernière chambre 
et ne peut laisser aucun doute, c'est l'espèce des couches de 
Birmensdorf et non celle de l'oxfordien franc-corn tois. 

D'Orbigny donne les marnes oxfordiennes de Franche- 
Comté (couches à Am. Renggeri) comme provenance de son 
espèce. J'ai examiné une centaine d'exemplaires récoltés à ce 
niveau dans le Jura bernois et les départements du Doubs, du 
Jura et de l'Ain. Aucun ne présente l'ombilic figuré par 



— 192 — 

d'Orbigny; tous l'ont, au contraire, réduit à un point et coupé 
obliquement tel que le donne la figure 8 de Quenstedt. 

Gisement. Fréquent dans la zone qui porte son nom , très 
rare dans lés couches à Phol. exaltata. 

Ammonites crenatus, Brug. 

1708. Am. spina dentata. Lang. Hist. lap. Helvet. p. 92. Pl. XXIII, 
fig. 2. 

1792. Am. crenatus Brug. Encycl. méth. p. 37. 
1847. ? Am. crenatus (pars) d'Orb. p. 521. 
1858. Am. dentatus (pars) Qu. Jura. Pl. LXXVI, fig. 6. 
18G3. Am. crenatus Oppel, p. 203. 

Se distingue de la précédente par son ombilic plus large, 
s'accroissant plus régulièrement. Ses crénelures sont moins 
fortes et n'atteignent pas l'extrémité de la dernière loge, ce 
qui est le cas chez la plupart des exemplaires d'Am. Renggeri. 

Gisement. Couche de Birmensnorf. 

Ammonites Bruckneri, Opp, 

18G3. Am. Bruckneri Oppel. Pl. LIV, fig. 4. 

Gisement. Couches de Birmensdorf, Virieux- le-Grand, 
Pontet, Mont-du-Chat. 

■ Couches d'Efûngen, partout. A ce niveau cette espèce at- 
teint rarement un diamètre de ll min , tandis qu'il en présente 
souvent 17 au nivéau précédent. 

Ammonites aff. Erato. 

Se distingue de YAm. Erato, d'Orb., pl. CCI, par un om- 
bilic plus étroit et des tours moins élevés. 
Diamètre, 10 à 16 mra . 
Gisement. Couches d'Effingen» 

Ammonites convolutus impressa, Qu. 

Quenstedt, Jura. Pl. LXXI1I, fig. H-tG. 
Ses côtes fines et aiguës permettent généralement de le 



— 193 — 

distinguer des nombreux Perisphinctes des marnes à Am. 
Renggeri. La même remarque est applicable à YAm. virgu- 
latus (Qu. Jura, pl. LXXIV, fig. 4) qui s'en distingue par ses 
nombreuses côtes ombilicales. 

Ammonites aff. Rhodanicus. 

Ses côtes le rapprochent de l'Ara. Rhodanicus Dum. (Sur 
quelques gisements de ÏOxfordien de l'Ardèche, 1871 , pl. III, 
fig. 9-10.) Ses tours sont par contre beaucoup plus déprimés 
et son côté siphonal plus arrondi. 

Diamètre, 87 mm ; hauteur de l'ouverture, 32; largeur, 24. 

Gisement. Couches d'Effiiigen de Saint-Sorlin près Clair- 
vaux. 

Ammonites Achilles, d'Orb. 

D'Orbigny, Céphalopodes, p. 540. Pl. GGVII, fig. 1-2. 
De Loriol, Royer et Tombeck, Etages supérieurs de la Haute-Marne, 
p. 62. Pl. IV, fig. 3. 

Gisement. Faciès marno-calcaire à Hexactinellides de l'ho- 
rizon à Am. bimammatus. 

Un exemplaire de Virizieu présente un diamètre de 180 mm , 
l'ouverture a 4i ,nm de hauteur, les côtes sont encore régulières. 

Un fragment d'Evoges d'une hauteur de 70 mm présente les 
côtes ombilicales espacées, correspondant à 4 côtes externes. 
Il est analogue à la figure de d'Orbigny, avant le dernier 
étranglement. 

Ammonites bimammatus , Qu. 

Quenstedt, Jura, p. G16. Pl. LXXVT, fig. 9. 

De Loriol, Royer et Tombeck, loc. cit. Pl. V, ûg. 3. 

E. Favre, 1875. Pl. II, fig. 10. - 1876. Pl. IV, fig. 10. 

Dans sa monographie des Voirons, M. E. Favre figure un 
exemplaire de grande taille ne présentant aucune différence 
avec ceux du Randen ou de la Souabe. Il fait voir des côtes 

13 



- 194 — 

simples, épaissies, se terminant par une forte crénelure. Dans 
la jeunesse les côtes sont beaucoup moins épaisses, moins 
droites, fréquemment bifurquées près de l'ombilic; les tours 
sont aussi beaucoup moins comprimés, comme le fait voir 
l'exemplaire figuré par M. de Loriol et surtout la figure don- 
née en 1876 par M. Fav.re. A cet état il se rapproche de l'Am. 
Berrensis du même auteur (1876, pl. III et IV). — Les exem- 
plaires sont en général de plus grande taille dans les marno- 
calcaircs que dans les calcaires compactes ou oolitiques. 

Gisement. Horizon de l'Am. bimammatus. 

Le [faciès marno-calcaire à Hexactinellides m'a fourni des 
exemplaires à côtes épaisses à Evoges et des exemplaires de 
taille plus petite à Bénonce et à Virisieu. — Le faciès grume- 
leux m'a fourni plusieurs exemplaires dans les environs de 
Glairvaux. 

Cardium nov. spec. 

Coquille très allongée, arête saillante limitant le côté anal, 
forme générale intermédiaire entre l'Opis Champcourtensis 
etTOpis Gaulardea (de Loriol, loc. cit., pl. XVI, fig. 16-17). 
Stries concentriques très fines cessant à la carène pour faire 
place à des stries rayonnantes qui couvrent la région anale. 

Gisement. Couche du Geissberg. Sapelet. Assez commun. 

Ostrea Blandina, d'Ord. 

1847. D'Orbigny, Prodrome de paléontologie. 

Ostrea ungula Merian in Mœsch. 1857 et 1867. 

1858. Plicatula sp. ind. Quenstedt, Jura. Pl. LXXVIII, fig. 5. 

1866. Ostrea Blandina Oppel. 

WaldheiHiia obovata, Sow. sp. 

Terebratula obovata. Sowerby, d'Orbigny, et auct. 
Davidson. Oolitic Brachiopoda, p. 39. Pl. V, tig. 14-17. 

En Franche-Comté, cette espèce est généralement plus 



- 195 - 

renflée que ne l'indique la fig. 15 de Davidson, et les valves 
se réunissent sous un angle frontal généralement aigu. 
Gisement. Marnes de Champ-Forgeron. 

Waldheimia digona, Sow. sp. 

Terebratula digona. Sowerby, Lamarck, Deslongchamps, Buch, d'Or- 
bigny. 

Davidson, loc. cit. p. 38. Pl. V, fig. 18-24. 

Cette espèce présente deux types principaux. L'un a ses 
deux valves fortement bombées sur toute la hauteur de la 
coquille et se réunissant à la région frontale sous un angle 
très obtus; il en résulte un méplat laléral s étendant du cro- 
chet aux pointes frontales. La largeur du front est générale- 
ment la plus grande largeur de la coquille. 

Dans le deuxième type, la courbure des valves est beau- 
coup plus régulière, le méplat est à peine marqué et la plus 
grande largeur est au-dessus du tiers inférieur. Tels sont les 
exemplaires de Ranville ; ceux du Jura appartiennent au 
contraire presque tous au premier type. 

Quelles que soient ses variétés, le W. digona se distingue 
facilement du W. obovala par sa forme anguleuse, triangu- 
laire ou subtriangulaire et non globuleuse, par son front tou- 
jours proportionnellement plus large et coupé carrément, par 
ses arêtes cardinales dirigées vers les angles frontaux, tandis 
qu'elles sont obliques et se perdent dans la grande valve dans 
le W. obovata. 

La forme triangulaire des exemplaires du Jura empêche de 
les confondre avec le W. biappendiculata Desi. qui a sa plus 
grande largeur au tiers supérieur. 

Gisement. Dalle nacrée : Maison-Monsieur près de la Chaux- 
de-Fonds, Besançon, Ornans, Epeugney, Salins, Augisey, 
Meillonnaz. 

Couches à Am. macrocephalus : Bourrignon (Jura bernois), 
Belfort, Prénovel et Bois-sur-les-Rochers près Clairvaux, 



- 196 - 

Echantillons étudiés : 150 à 200. 

(Voir plus haut l'extension et la valeur stratigraphique de 
cette espèce.) 

Waldlieimia Mœschi, May. 

1867. Mayer in Mœsch Àargauer Jora. Pl. VI, fig. 4 a-1". 
Terebratula vicinalis et -T. indendata auct. non Schlottbeim, non So- 
werby. 

Dans les couches de Birmensdorf cette espèce présente la 
forme élevée des fîg. a, b t f, e; elle est beaucoup plus petite 
et plus globuleuse dans les marnes des couches d'Effingen et 
reprend sa grande taille dans les deux faciès à Hexactinellides 
de l'horizon de l'A m. bimammatus. Je n'en connais pas d'exem- 
plaire du Rauracien, mais elle se trouve par contre , quoique 
rare, dans les couches à Am. tenuilobatus des environs de 
Saint-Claude où elle est beaucoup moins renllée et générale- 
ment déformée. 

Terebratella Etalloni, Choff. nov. sp. 

Diagnose. Coquille peutagonale analogue h celle du Retzia 
trigonella. Valves ornées de quatre côtes rayonnantes, légè- 
rement saillantes, débordantes sur le pourtour et marquant 
quatre des coins du pentagone, le cinquième étant formé par 
le crochet. Les intervalles et quelquefois les côtes elles-mêmes 
sont ornées de stries fines, longitudinales avec granulations 
provenant de stries d'accroissement. A l'œil nu, cet entrecroi- 
sement ressemble à un treillis régulier. Petite valve plane ou 
bombée vers le crochet seulement, grande valve à courbure 
régulière, terminée par un crochet délié; foramen assez petit. 
La réunion des deux valves a lieu dans un môme plan et 
sous un angle aigu. 

Dimensions, Longueur 13 mm , largeur 16, épaisseur 6. D'au- 
tres exemplaires sont au contraire légèrement plus longs que 
larges. 

Caractères intérieurs inconnus. 



- 197 — 

Cette jolie coquille, qui figure dans quelques collections 
sous le nom de T. Fleuriausa, se distingue de toutes les formes 
analogues par les stries qui ornent l'intervalle de ses côtes. 
C'est sans aucun doute l'espèce qu'Etallon (1857) désignait du 
nom de Spirigera subtrigonella dans sa liste des fossiles du 
Spongitien et dont il a indiqué les différences avec le Ter. 
Fleuriausa, sans répéter sa première désignation, dans son 
Corallien du Ha ut- Jura, 

Oppel (18()G) a décrit une forme analogue des couches de 
Binnensdorf du canton d'Àrgovie sous le nom de Megerlea 
subtrigonella, en pensant qu elle serait peut-rtre à réunir au 
Sp. subtrigonella d'Etallom 

L'appareil brachial n'étant connu ni de l'une ni de l'autre 
de ces deux espèces, elles appartiennent, soit au même sous- 
genre, soit cà deux sous-genres du même genre; j'ai donc du 
donner un nouveau nom spécifique à celle qui n'avait pas été 
décrite. 

Gisement. Couches de Birmcnsdorf : Saint-Claude, Lupieux, 
Àpremont. 

Echantillons étudiés : 1 !. 

Spongiaires. 

L'importance du rôle que jouent les Spongiaires dans la 
formation jurassique est depuis longtemps reconnue ; malheu- 
reusement leur état de conservation ou plutôt le peu de certi- 
tude des données que Ton possédait jusqu'à ces derniers temps 
les a fait négliger par les stratigraphies qui se sont générale- 
ment bornés à les considérer en masse. 

Etallon a étudié les Spongiaires du Haut-Jura et a établi 
un grand nombre d'espèces nouvelles. Celles du Glyptieien, 
publiées dans sa monographie du Corallien, sont caractérisées 
par nue petite diagnose qui permet en général de les recon- 
naître; il n'en est pas de même de celles des couches de Bir- 
mcnsdorf qui ne sont que mentionnées dans son étude sur 
« la classification des Spongiaires du Haut-Jura. » Ces der- 



— 198 — 

nières ont été étudiées à nouveau par M. de Fromentel et 
comprises par Oppel dans sa « zone de l'Am. transversarius ; » 
ce n'est aussi que la citation des noms, sans figures et sans 
diagnoses. 

Etallon classe les Spongiaires des deux zones précitées dans 
deux familles, celle des Dictyonocœlides et celle des Pétrospon- 
gicles. Il fait remarquer que les couches de Birmensdorf ne con- 
tiennent que des espèces (29) appartenant à la première fa- 
mille, tandis que la zone de l'Am. bimammatus (faciès grume- 
leux à Hexactinellides) contient 7 espèces appartenant à la 
première et 5 appartenant à la seconde; en outre, que les 
bancs de coraux de la même contrée ne contiennent que des 
Spongiaires de cette dernière famille. 

Les Spongiaires fossiles ayant été considérés jusqu'à ce 
jour comme n'ayant plus leurs analogues dans les faunes ac- 
tuelles, on n'avait pas de bases certaines pour expliquer cette 
intéressante découverte; il n'en est plus de môme aujour- 
d'hui, grâce aux remarquables travaux de M. le professeur 
Zittel d). Cet éminent paléontologue a démontré que la plus 
grande partie des genres qu 'Etallon comprenait parmi ses 
Dictyonocœlides appartiennent à Tordre des Hexactinellides, 
ordre qui compte actuellement de nombreux représentants 
habitant tous les grandes profondeurs de la mer. 

Les Spongiaires de la zone de l'Am. bimammatus du Haut- 
Jura appartenant à la deuxième famille ont les faciès de rivage 
pour habitat principal, ils ne forment ici qu'un mélange en 
quantité minime et disparaissent vers le sud. (V. chap. III.) 

M. Zittel n'ayant publié jusqu'à ce jour que ses recherches 
sur les Hexactinellides , j'ai employé les anciens noms pour 
les genres appartenant aux autres ordres. 



(\) Ueber Cœloptycium. Abfi. der K. bayer. Ak. 1876. 
Studien iiber fossile Spongien. Loc. cit 1877. 
Beitrœge zur Systematik der fossilen Spongien. Neues Jahrbuch, 
1877. 



— 199 — 



SUPPLÉMENT 

AUX 

COUCHES A AMMONITES ACANTHICUS 

DANS LE JURA OCCIDENTAL . 



En 1875, la visite de Ja Société géologique de France au 
Corallien du Salève me procura l'occasion de détacher un 
fragment de mes études sur le Jura, en publiant une notice 
sur les couches coralligènes des environs de Saint-Claude (1). 

Leur position stratigraphique dépend de celle des couches 
sur lesquelles elles reposent : des couches oifrant un mélange 
de la faune de YAstariien ft anc-comlois et de celle des couches 
à Ammonites tenuilobatus fc. à Am. polyplocus de plusieurs 
auteurs). 

En me basant sur la faune et sur la stratigraphie, j'ai es- 
sayé de démontrer que ces couches sont un faciès de VAstar- 
tien. Depuis cette époque aucun écrit démontrant le contraire 
n'est venu à ma connaissance; je ne crois pourtant pas inu- 
tile de donner quelques nouvelles observations en faveur de 
cette opinion. 



(1) Voir la liste des auteurs. 

(2) Ne connaissant alors l'Ain, tenuilobatus que du Jura oriental, je 
n'ai pas cru devoir employer cette dénomination, et je me suis abstenu 
de me servir de l'Am. polyplocus' à cause du désaccord qui règne à son 
égard. J'ai employé l'Am. acanthicus pour désigner ces couches, sans 
savoir que M. Neumayer l'avait employé dans un sens différent, sa zone 
à Am. acanthicus comprenant l'Astartien et le Ptérocérien. Depuis lors 
j'ai trouvé l'Am. tenuilobatus, mais beaucoup plus au sud, dans les 
gorges du Fier, près Saint-André, et an Marteray, près Morestel, où la 
faune n'est plus mélangée d'espèces du faciès franc-comtois. 



— 200 - 



Les chapitres qui précèdent ont fait voir que dans toute 
l'aire qui nous occupe, YOxfordien est immédiatement recou- 
vert par Y Horizon de VAm. bimammatus : les couches à Ara. 
tenuilobatus ne se sont montrées nulle part au-dessous de ce 
dernier horizon; elles existent cependant dans un grande 
partie de cette contrée, mais bien au-dessus de la zone à Am. 
bimammatus, car le Rauracien se trouve entre deux. 

Le faciès franc-comtois du Rauracien est le Corallien pro- 
prement dit que nous avons vu exister à Ghatelneuf , quoique 
mélangé d'îlots de calcaires contenant une faune de myacées. 
Son caractère coralligène se perd de plus en plus en se rap- 
prochant du bord intérieur de la chaîne ; dans les environs de 
Saint-Claude il est représenté par 1 20 m de calcaires compactes 
ne contenant que très peu d'oolites. 

En 1875, j'ai donné quelques espèces provenant de ces 
couches (Roche-Blanche, I du tableau). Ayant trouvé de 
meilleurs affleurements, il m'est aujourd'hui possible d'en 
donner une faune plus complète. Les espèces ne se trouvant 
pas dans le tableau précédemment cité ont été recueillies sur 
la route des Bouchoux à la Pesse. 



Picnodus sp. indet. 
Ammonites sp. indet. 
Nerinea (i esp.) 
Natica turbiniformis Rœ. 
Rostellaria sp. ind 
Gerithium sp. ind. 
Pleiiromya si nu osa Rœ. sp. 
Goniomya cf. marginata A g. 

» eonstricta Ag. 
Pholadomya paucicosta Rœ. i. 

» hemicardia Rœ. 
Thracia incerta Desh. 
Cardium Pesolinum Gtj. 4. 
Lucina substriata Rœ. 

* Wabrensis Buv. 
Astarte Pesolina Ctj. 1 

» cingulata Ctj. 4. 
Tnigoiiia spinifera d'Orb. 
> Bronni Ag. 



Arca Mosensis Buv. 
Mytilus perplicatus Et. 

» subpectinatus d'Orb. 

» acinaces Leym. 
Lithodomiis socialis Th. 
Avicuïa oxyptera Ctj. 
Myoconcha percrassa Et. 
Gervillia tetragona Rœ. 
Lima sp. ind. 
Pecten solidus Rœ. 

» octocostatus Rœ. 5. 
Ostrea semisolitaria Et. 

» pulligera Gdf. 

» afF. virgula Sow. 
Waldheimia humeralis Rœ. 5. 
Rhynchonella semiconstans Et. 
Rabdocidaris sp. 

Montlivaultia vasiformis E. et H. 
Polypiers indét. (Astréides). 



- 201 - 

Cette faune montre que le caractère coralligène n'a pas 
complètement disparu. Il en est de même d'un autre point, 
encore plus rapproché du bord intérieur du Jura, le Creux-du- 
Grouaz dans la chaîne du Noirmont; la coupe donnée fait 
voir que le caractère coralligène est plus fortement prononcé 
que dans les environs de Saint-Claude. Ces couches y sont par 
contre moins puissantes et moins fossilifères, à en juger du 
moins par les rares affleurements que j'ai pu étudier. 

Dans ces deux localités, le Rauracien est recouvert par la 
Zone de l'Am. tenuilobatus. 

La faune que j'ai donnée de ces couches dans les environs 
de Saint-Claude (colonnes 2 à 6), fait suffisamment voir le 
mélange du faciès argovien et du faciès franc-comtois. J'ai 
retrouvé le même mélange au pied de la Dole (Cavaloup de 
Saint-Cergues) et au Creux-da-Croitaz. Les Sèches des Ambur- 
nets se trouvent sur le prolongement du Noirmont; en 1875, 
j'ai indiqué les fossiles que M. Jaccard y a recueillis à ce ni- 
veau; depuis cette époque, j'ai pu me convaincre que les es- 
pèces du faciès franc-comtois y sont en proportion plus grande 
que dans les localités situées plus au sud. Il est surtout inté- 
ressant d'y voir la première apparition des Encrinites et des 
Polypiers si fréquents dans l'Astartien. 

J'y ai récolté en plus des fossiles cités : 

Ammonites polyplocus Rein. Apiocrinus sp. ind. 

Pinna ampla Sow. Rhabdophyllia fîabellum Bl.sp. 

Trichides Saussurei Desh. Galamophyllia sp. 

En continuant vers le nord, le Sapelet ma présenté un 
Rauracien analogue à celui du Greux-rïu-Crouaz : les calcaires 
qui le recouvrent ont une grande analogie avec l'Astartien 
des Sèches; il ne ma pourtant pas été possible d'y trouver 
d'Ammonites. Encore pins au nord, on trouve l'Astartien 
typique, sans mélange de fossiles du faciès argovien. 

Les Sèches présentent un fait d'une importance encore plus 
grande que celle du mélange des Polypiers astartiens avec les 
Ammonites de la zone à Am. tenuilobatus. 



- 202 — 

Le Corallien de Valfin est compris entre les couches à 
Am. tenuilobatus et le Portlandien. Le même espace est oc- 
cupé aux Sèches par des calcaires blancs, subcrayeux, conte- 
nant en grande quantité le Terebratula subsella et le Pseudoci- 
daris Thurmanni. Dans le Jura, ces deux espèces sont carac- 
téristiques du Ptérocérien. 



Saint-Claude, Les Sèches. 



Portlandien. 



Corallien de Valfin. 



Ptérocérien. 



Mélange de la faune de FAstartien et de celle des couches 
h Am. tenuilobatus. 



RÉPONSE 



A LA NOTE DE M. DIEULAFAIT, 



Le manuscrit de mon travail n'était plus entre mes mains 
lorsque me parvint la notice de M. Dieulafait intitulée : Etude 
sur les étages compris entre l'horizon de l'Arnmonites transver- 
sarius et le Ptérocérien en France et en Suisse W. 

Le nombre des géologues qui ont vu la succession des 
strates de TArgovie(-) est actuellement assez grand pour que 
l'on puisse passer sous silence les objections qui la concer- 
nent; il n'en est pas de même du Jura occidental. Je relèverai 
donc les passages qui s'y ratachcnt. Je réponds dans cette 
étude et non dans le bulletin, parce que les chapitres qui 
précèdent contiennent les preuves à l'appui de ce que j'oppose 
aux allégations de M. Dieulafait. 

J'admets donc que le lecteur a connaissance des chapitres 
qui précèdent; j'admets aussi qu'il a sous les yeux l'article de 
M. Dieulafait, les nombreuses répétitions qui s'y trouvent 
sous différentes formes ne me permettant pas de citer tous les 
passages auxquels se rapportent mes réponses. 

J'ai fait mon possible pour grouper les faits d'une manière 
logique et claire; si je n'ai pu y parvenir complètement, le 
lecteur voudra bien se reporter à la notice de M. Dieulafait et 
considérer que j'étais tenu à ne pas m écarter de la succession 
qui y est adoptée. 



(ij Cette notice est datée du 3 décembre 1877. Elle a paru dans le 
Bultetin de la Société géologique de France, 3 e série, t. VI, — n° 2 , mars 
1878, distribué fin avril. 

(2) Voir les comptes-rendus de l'excursion de MM. E. Favre, de Loriol, 
Lory, Mœsch, Neumayer et Pillet. 



— 204 — 

P. 141. « D'un bout à l'autre du Jura, depuis Trept dans 
» l'Isère jusqu'à Champlitte qui confine à la Haute-Marne, la 
» zone à Ammonites tenuilobatus existe, caractérisée par un 
» certain nombre de ses Céphalopodes les pins typiques; par- 
» tout elle est inférieure à ce que les géologues du Jura ont ap- 
» pelé Corallien, en y comprenant le Glypticien; partout elle 
» est dans la partie supérieure de la division appelée Pholado- 
» myen *, pour la Haute-Marne, elle correspond exactement à 
» la zone du Belemnites Royeri de MM. Tombeck et Royer.» 

La limite N.-O. de la zone à Àm. tenuilobatus dans le 
Jura occidental et méridional correspond approximativement 
à une ligne passant par Yverdon, Saint-Claude et Ambé- 
rieux(t). 

Si M. Dieulafait a rencontré ces couches depuis Trept jus- 
qu'à Champlitte, c'est qu'il range sous ce nom quatre zones 
différentes : i° la zone du Pholadoimja exaltata, 2° les couches 
du Geissberg, 3° le faciès marneux à Hcxactinellides de l'horizon 
de V Ammonites bimammalus (couches à Belemnites Royeri), 
4° la zone à Ammonites tenuilobatus ; autrement dit tous les 
faciès à Céphalopodes qu'il a rencontrés dans les terrains 
jurassiques supérieurs, sauf les couches à Am. Renggeri et 
celles de Birmensdorf. 

J'ai dit (I re partie) qu'Etallon a confondu à tort la zone du 
Phohulomya exaltata avec les couches du Geissberg. Dans la 
citation précédente, ainsi que dans plusieurs autres passages, 
M. Dieulafait place sa zone à Am. tenuilobatus dans la partie 
supérieure du Pholadomien d'Etallon , inférieurement à son 
Glypticien. Dans les contrées à faciès franc-comtois, c'est par 
conséquent la zone à PhoL exaltata qui forme la zone à Am. 
tenuilobatus de M. Dieulafait et les couches du Geissberg dans 
les contrées à faciès argovien. 

Son assimilation de la zone à Ain. tenuilobalus et de celle 
du Belemnites Boyeri ne rentre pas dans la contrée que j'ai-en 



(1) Ghoffat, 1877 et 1878. 



- 205 - 

vue; il se borne à accepter l'opinion de M. Tombeck, opinion 
que je ne partage pas et qui n'est du reste basée que sur des 
preuves insuffisantes. 

J ai fait connaître la faune des couches à Pholadomya exâl- 
tata : aucune de ses Ammonites ne peut être confondue avec 
celles de la zone à Am. tenuilobatus. Dans les couches du 
Geissberg se trouve une certaine quantité d'Ammonites (Pé- 
risphinctes) à côtes espacées, droites, bifurquées; elles appar- 
tiennent donc au groupe de l'Ain. Martelli, mais nullement 
au groupe de l'Am. polyploeus qui caractérise la zone de 
l'Ain, tenuilobatus sur le pourtour du banc de Spongiaires. 
Jl est fâcheux que M. Dieulafait n'ait pas donné la faune de 
ces deux niveaux, puisqu'il y a trouvé « les Céphalopodes les 
plus typiques de la zone à Am. tenuilobatus. » 

La critique de mon interprétation des environs imm èd iats 
de Saint-Claude me fournit la preuve de ce que j'ai avancé 
en dernier lieu. Je ferai remarquer que c'est M. Guirand qui 
a conduit M. Dieulafait aux couches à Am. polyploeus de 
Montépile, et que c'est ce même géologue qui a eu l'obli- 
geance de me guider dans les environs de Saint-Claude deux 
années plus tard ; il n'y a donc pas possibilité de malentendu 
sur les lieuxdits que cite M. Dieulafait. 

Coupe de Montépile, P. 126. « A la base, dans les deux 
» coupes (coupe Etallon et coupe Choffat), vient une zone 
» épaisse d'un ou deux mètres, que M. Choffat appelle zone à 
» Hemicidaris crenularis, qu'Etallon dénomme zone à Cidaris 
» Blumenbachi. Ici il est nécessaire de nous arrêter et d'exa- 
» miner une question qui me semble de la plus haute impor- 
» tance. 

» M. Choffat place ce qu'il appelle zone à Hemicidaris cre- 
» milans au point même où Etallon signale le Cidaris Blu> 
» menbachi; il n'y pas le moindre doute à avoir cà ce sujet. 
» Mais M. Choffat n'a trouvé dans cette couche aucune espèce 
» du niveau de l'Hcmicidaris crenularis; je n'ai pas été plus 
» heureux. 11 est certain, d'un autre côté, que les bancs dont 



- 206 — 

» il est ici question ne représentent pas, comme aspect, Fho- 
» rizon glypticien du Jura; ce n'est pas même un faciès à 
» Oursins. Enfin Etallon n'a cité à ce niveau que quatre fos- 
» siles : Rhynchonella inconslans d'Orb. , Terebratula vicinalis 
» Ziet. , Th. insignis Schl. et Cidaris Blumenbachi. Or, ces 
» quatre espèces sont signalés par d'Orbigny, non-seulement 
» dans le Corallien, mais aussi dans l'Oxfordien ; de plus, les 
» trois premières que j'ai rencontrées, très communes dans 
y> les environs de Nantua, y sont dans des bancs qui dépen- 
» dent de la zone à Ammonites transversarius. 

» Il n'est donc*pas douteux que pour une cause ou pour 
» une autre, il y a là erreur d'assimilation delà part d'Etal- 
» Ion -, la couche à Terebratula insignis de Montépile n'est 
»pas, à coup sûr, le Glypticien d'Etallon. Du reste, c'est 
» M. Chottàt, et non Etallon, qui appelle à Montépile cette 
» couche zone à Hemicidaris crcnularis. » 

Dans ma coupe de Montépile, j'ai dit que cette couche 
n'est découverte que sur un mètre carré; il n'est donc pas 
étonnant que, visitée comme elle l'est, on n'y trouve plus 
guère de fossiles. On est pourtant certain d'en trouver quel- 
ques-uns; si je ne les ai pas cités en 1875, c'est que je ne 
pouvais pas supposer qu'il pût s'élever le moindre doute sur 
l'assimilation des divers affleurements de l'horizon de l'Am. 
bimammatus dans les environs de Saint-Claude (t). 

M'. Dieulafait reconnaît du reste que la couche que je 
nomme zone à Hemicidaris crenularis est bien la couche à 
Cidaris Blumenbachi d'Etallon, par conséquent la base de son 
calcaire corallien « qui forme un des meilleurs horizons du 
Haut-Jura (2) » et qu'il nomma une année plus tard Glypticien. 



(1) J'y ai trouvé un peigne et une lime dont j'ignore le nom, mais qui 
se trouve au même niveau dans les affleurements voisins; en outre : 
Terebratula semifarcinata, T. elliptoides, Waldh. Mœschi, Pareudea 
Bronni, ainsi que des fragments d Hexactinellides. Dans ma coupe j'in- 
dique : « Térebratules, pectens, etc.. » (p. 767). 

(2) Etallon, 1857, p. U. 



— 207 — 

M. Dieulafait a tronqué sa citation de fossiles; nous lisons 
en elfet p. 67 : « Fossiles nombreux : Rhynchonella inconstans, 
Terebralula vicinalis, T. insignis, Cidaris Blumenbachi , Spon- 
giaires. » 

Etallon n'y a donc pas trouvé quatre fossiles seulement, 
comme le fait supposer la phrase de M. Dieulafait, mais de 
nombreux fossiles; ceux qu'il en cite sont donc ceux qu'il 
considère comme caractéristiques. 

De ces quatre fossiles, le T. vicinalis (Waldh. Mœschi) se 
trouve en effet aussi dans les couches de Birmensdorf , dans 
les environs de Ghampagnole et de Saint-Rambert; mais il 
semble manquer lorsque ces couches reposent immédiate- 
ment sur le Gallovien, comme c'est le cas à Saint-Claude. 

Etallon entendait par T. insignis le T. semifarcinata, et par 
Rhync. inconstans, le Rh. pectunculataW. Ni l'une ni l'autre 
de ces deux espèces ne se trouvent à Nantua dans les couches 
de Birmensdorf, qui contiennent par contre le T. bisuffarci- 
nala et le Rh. Arolica. Pour considérer les deux Térébratulcs 
comme identiques, il faudrait considérer toute les Térébratules 
biplissées comme appartenant à la même espèce; et quant au 
Rh. Arolica, il appartient à un groupe complètement différent 
de celui du pectunculata : le groupe du Rh. lacunosa. Etal- 
Ion ne cite du reste pas ces fossiles dans sa faune de l'Oxfor- 
dien de Saint-Claude; peu importe donc qu'ils se trouvent 
dans TOxfordien du Prodrome. 

Le mot Spongiaires n'est pas moins caractéristique. Il n'y 
a dans les environs de Saint-Claude que deux niveaux carac- 
térisés par des Spongiaires : les couches de Birmensdorf et le 
Glypticien. Deux autres niveaux présentent encore quelques 
Spongiaires (n'appartenant pas aux Hexactinellides) , ce sont 
le Dicératien et le Ptérocérien (2). 

Il serait superflu de prouver que la couche qui nous occupe 



(1) Etallon, 1858. 

(2) Etallon. Spongiaires» 



- 208 - 

ne peut représenter ni les couches de Birmensdorf, ni le Di- 
cératien, ni le Ptérocérieu; elle ne peut donc se rapporter qu'au 
Glypticien. 

En continuant, nous voyons ce que M. Dieulafait considère 
comme zone de l'Am. bimammatus : 

(P. 12G.) a Si on veut trouver à Montépile le Glypticien 
» d'Etallon, celui de Ghaniplitte et de la Haute-Marne, il faut 
» aller le chercher à 163 mètres au-dessus de la zone à H. 
» erenularis de M. Choffat, à la hase de la division 6 d'Etal- 
» Ion, où du reste ce dernier auteur signale parfaitement la 
» présence d'Oursins. C'est la faune A de ma coupe de Mon- 
» tépile. *> 

D'un autre côté nous trouvons p. 122 : « Ce n'est pas cepen- 
» dant que les horizons fossilifères manquent à Montépile; 
» j'en citerai seulement deux, parce que leur connaissance 
» suffira à la marche de mon travail. 

» Le premier est surtout développé dans la partie supé- 
» rieure de la division 4 de M. Choffat. Il y a là un grand 
» nombre de bivalves, de Gastéropodes , d'Oursins, etc. Cet ho- 
» rizon avait été parfaitement vu et signalé par Etallon; il 
» occupe la partie basse de la division 6. Désignons-le provi- 
» soirement par la lettre A. 

» Plus haut, mais dans la division 5 de M. Choffat, on ren- 
» contre un second horizon fossilifère qui renferme des Am- 
» monites. Désignons-le par B. Nous sommes ici à plus de 
» 150 mètres au-dessous de la série corallienne de Montépile, 
» quel que soit l'âge qui lui sera dêiinitivement attribué. » 

Eu relevant une coupe on est obligé de distinguer un grand 
nombre de couches qu'il serait fastidieux de publier sans réu- 
nir celles qui présentent la même faune. J'ai dû grouper sous 
le n° 4 de ma coupe, huit couches que j'avais distinguées en 
la relevant. 

La couche supérieure, qui n'a que 0 m 20 d'épaisseur, ma 
fourni : 

Belemn* semisulcatus, Am. Lothari, Am. polyptocus, Am. polygyratus, 



- 209 - 

Am. indét. 2 sp., Ghemmilzia cf. limbata, Fusus sp., Natica turbîni- 
formis, Goniomya lilterala, fliracia incerta , Gyprina argoviensis, 
Lucina (Mactromya) rugosa, Arca sp., Isoarca sp., Mytilus perpli- 
catus, Pecien erinaceus, P. solidus, P. subcingulatus , Rhync. tncons- 
tans, Cidaris indel. 

Cette couche étant h IG8 mètres et à la partie supérieure de 
ma couche 4, est par conséquent le (Uypiicien de M, Dieulafait 
ou une couche supérieure. J'ai, en elfet, trouvé à quelques 
mètres au-dessous une autre couche de 0 m 20 qui m'a fourni : 

Trigonia saprajurensis , Pinnaampla, Mytilus perplîcatus, Gervillia 
tetragona, Rabdocidaris trispinata. 

N. 

Les fossiles signalés dans la couche supérieure de ma divi- 
sion 4 se trouvent aussi vers sa base. 

il est bien fâcheux que M. Dieulafait n'ait pas publié ses 
coupes et surtout donné ses listes de fossiles. Quant à la 
couche B, il n'eu est plus question dans le reste de sa notice; 
je ferai pourtant remarquer que la base de mon n° 5 corres- 
pondant au lG9 e mètre de la coupe d'Etallon et celle de son 
Dicératien au 250 e ; l'espace compris entre les deux n'est que 
de 87 m et non de 150. 

J'ai, du reste, à relever une erreur beaucoup plus grave. 

Nous trouvons à la même page : « M. Chottafc signale, sans 
» citer aucun fossile, les 58 mètres qui constituent son Astar- 
» tien supérieur, et se contente pour les 45 mètres inférieurs de 
w la mention : Mélange de la faune de Badcn et de celle de l'As- 
» larlien. » 

Je ne vie suis pas contenté de donner la liste des fossiles trou- 
vés dans la couche 4 de ma coupe de Monlépilc (tableau en regard 
de la page 768, I e colonne) , mais j'ai de plus exposé tous les 
fossiles contenus tant dans cette colonne que dans les autres 
colonnes , sous les yeux de la Société géologique de France, lors 
de sa réunion générale à Genève. Us y ont été examinés par les 
géologues s'intéressaut à ce sujet, qui y ont ont reconnu le mé- 
lange de la faune de Baden et de celle de TAstartien. 

Ce qui précède fait voirie peu de fondement de la première 

14 



- 210 — 

conclusion de M. Dieulafait. (p. 128). « La zone à Am. tenui- 
» lobatusde Montèpile non-seulement ri est pas associée avec les 
» fossiles de l'A star tien et du Ptérocérien, mais elle est séparée 
» du Ptérocérien de tous les géologues du Jura par un 
» ensemble épais de 200 mètres au moins, comprenant les 
» différents horizons fossilifères signalés dans le Jura, et en 
» particulier dans la Haute-Marne, entre la zone à Belemnites 
» Royeri de AL Tombeck (Pholadomyen des géologues du 
» Jura) et le Ptérocérien. » 

Pour démontrer la présence du Ptérocérien, M. Dieulafait 
cite un passage d'Etallon , dans lequel ce géologue dit au 
contraire qu'il ri existe qu'au pour tour du terrain auquel il a 
restreint ses courses (l). M. Dieulafait oublie de plus de nous 
faire voir TA star tien. 

Gomme il est ici question d'Aslartien et de Ptérocérien , je 
saisis cette occasion pour protester contre le changement de 
signification que voudraient lui faire subir MM. Tombeck et 
Dieidafait. 

Ces dénominations, ainsi que celle de Virgulien, ont été 
créées par Thurmann en 1852 P) pour le Porrentruy. On les 
trouve sous une autre forme dans : « Calcaire à Astartes » 
(Thirria 1830), « faciès a Ptérocères » (Gressly 1840), « cal- 
caires et marnes à Exogyres » (Thirria 1830). Or, l'Astartien 
de la Haute-Saône est identique à celui du Porrentruy, et 
Gressly appliquait sa dénomination au Porrentruy et à la 
Haute-Saône (3). 

Si donc les géologues du bassin de Paris ont appelé A star- 
tien ce que Gressly, Thirria et Thurmann considéraient 
comme Ptérocérien, c'est aux premiers et non aux géologues 
du Jura à en subir les conséquences. 



(1) V. aussi Ktallon 1857, p. 08. « L Astartien et le Ptérocérien sont 
absents ici on ne se distinguent pas des étages voisins. » 

(2) Thueuiann. Lettres écrites du Jura. (VIII), Soc. d'hist. nat. Berne 
1852. 

(3) Recherches sur le Jura soleurois. 2 8 partie, p. 12G. 



— 211 — 

Passons à la coupe du Pontet. M. Dieulafait parle de la 
partie supérieure de l'Argovien d'Etallon , les couches du 
Geissberg. Il les étudie principalement à la base de la cor- 
niche du Crét-Dcssus, y recueille des Ammonites et reconnaît 
que c'est parfaitement l'horizon de l'Ain, tenuilobatus. Il 
oublie par contre de nous faire connaître les fossiles qu'il y a 
recueillis. 

Si Etallon et moi n'avons pas pu reconnaître cette zone, 
c'est que : (p. 128) ce Les dépôts qui, à Montépile, supportent 
» la faune à A m. tenuilobatus, sont constitués par des cal- 
» caires compactes, tandis que ceux qui supportent cette faune 
» à Crêt-Dessus sont très marneux, » 

Si M. Dieulafait, au lieu de s'arrêter au pied delà corniche 
du Crèt-Dessus, avait suivi ce pied vers le N.-E., il aurait 
trouvé un chemin lui permettant de franchir les calcaires qui 
la composent; il aurait traversé le Ghjplicien (on peut du 
reste l'observer au pied de la corniche), puis les calcaires que 
j'attribue aux couches de Wangen, et serait enfin arrivé aux 
couches à Âm. tenuilobatus, La surface d'un banc est bien 
découverte ; j'en ai détaché à coups de ciseau les fossiles men- 
tionnés dans le tableau précité sous la rubrique Frênois. 
Gette surface est à 150 mètres au-dessus de la couche à Am, 
tenuilobatus de JVL Dieulafait. Il est vrai que cette coupe est 
identique à celle que ce géologue ne veut [tas voir à Monté- 
pile. 

Ainsi donc, dans les environs immédiats de Saint-Claude, 
la couche à Ain. tenuilobatus est toujours au-dessus de l'horizon 
de ÏAm. bimammatus. Si ce que j'en ai dit pins haut ne suffi- 
sait pas, j'en appellerais au témoignage du meilleur connais- 
seur de cette contrée, M. Guirnud , dont la magnifique 
collection 0) prouve avec quel soin minutieux il en a étudié 
tous les niveaux. 

Je conserve précieusement une lettre que cet excellent 



(1) Actuellement au musée de Lyon. 



- «12 - 

observateur tti'a fait l'honneur do m écrire lo 9 août 1877. 
M. Guirand termine sa lettre en affirmant, que les couches 
qu'il a indiquées sur la route de Montépile comme étant celles 
à 'Gidaris ïlorigemma appartiennent bien à ce niveau et que 
là position de l' Ammonites polyplocus est toujours supérieure 
à ces couches, au-dessus des grandes roches du Brayon, du 
Septmoncel, du Chabot et du Tréhayard. 

Les couches que M. Guirand nomme couches à Gidaris 
llôrigemma représentent l'horizon du Glypticien d'Etal ton; 
j'ai dit antérieurement que Saint-Claude présente le faciès 
grumeleux et <esl à la limite du banc tTHexactinellides. 
M. Guirand partage l'opinion d'R-tallon en considérant ce ni- 
veau Coiïwiitë un des meilleurs, sinon le meilleur des envi- 
rons de Kaint-Claudè; il m'a chargé de protester en son nom 
centre lôn'i essai de le faire passer pour supérieur aux couches 
!i Am. polyplocus. Sa lettre contient encoré d'autres détails 
împorlïints, dont je me servirai si la discussion le nécessite. 

Coupe prise sur la route de Ravilloles aux Crozets (i). 

M. Dieulafait considère ainsi que moi que la couche 12 de 
ma coupe appartient au Ptérocérien. Il compare le reste a. la 
Cdupe de Montépile et dit que les c. 8 a 1 1 (I3 ra 80) correspon- 
dent h la partie inférieure de ma c. 7 (9 d'KtaMon ) , mes 
couches 7 à 5 à sa couche 8 et la. partie supérieure de mOn 
Corallien proprement dit à son Dicératien. Je n'ai aucun fait 
paléoutnlogïquc à opposer h cette manière de voir. 

Àu-rlctfsous du Dicératien devrait venir le Glypticien; 
M. Dieulafait évite de se prononcer sur sa position, mais il dit 
que la zone a Am. ten ni loba tus est an -dessous de ma divi- 
sion 4, et quelle cM u sinon aussi riche, au moins aussi bien 



(I) M. Dieulafait on parlant t/intôl son« le nom de Ravilloles , tantôt 
sous celui de Pnhiovel, je ne snis pas si nous sommes bien d'accord sur 
la localité. 



— 213 - 

caractérisée qu'à Mon Lé pi le. » Bien entendu que M. Dieulafait 
n'en cite aucun fossile. 

Au-dessous de ma couche 4 vient un banc sableux d'un 
mètre d'épaisseur, avec radio les de Cidaris et petits Di curas, 
et au-dessous ma couche 2 , qui représente le faciès grume- 
leux de l'horizon de l'Ain, bimammatus, avec T. semifarci- 
nata y Rhync. pectunctilata, Hem, crcnularis, etc. 

Ce ne sont pas ces couches que M. Dieulafait a prises pour 
la zone à Ani. tenuilobatus, mais, de même qu'au Crêt- Dessus, 
la partie supérieure des couches du Geissberg. 11 en fournit 
la preuve en disant que je ne les ai pas reconnues parce 
qu'elles sont marneuses et non calcaires comme à Moutépilc. 

M. Dieulafait ne peut admettre les grandes différences 
d'épaisseur qui existent entre la coupe de Montépilc et celle 
des Crozets. Kn poursuivant le Ptéroeérien de cette dernière 
localité à 10 ou 20 kil. vers le nord, dans les environs de 
Saint-Laurent, de Petitcs-Chiettcs ou de Ghâtelneuf, il aurait 
vu que les couches qui se trouvent entre la partie supérieure 
du Corallien et la base du Portlandicn ont une épaisseur de 
200 à 250 m au lieu de n'avoir que 16 m 50 connue aux Crozets. 
// est vrai que le Corallien de Chalclneuf est le Ihiiiracien cl non 
le Corallien de Val fin ! (V. le tableau ci-après). 

Dans les chapitres 111 et IV, la récurrence de faune est 
suffisamment ôclaircie pour que Ton puisse voir qu'elle est 
non-seulement possible, mais qu'elle est une conséquence 
forcée des mouvements lents du fond de la mer. 

Les exemples rigoureusement prouvés ne sont pas rares. 
Pour ne pas sortir du Jura, je ferai remarquer qu'elle ne se 
présente pas seulement dans le faciès argovien , mais aussi 
dans le faciès franc-comtois. Il y a longtemps, eu effet, qu'il 
est reconnu que les couches isolithes sont fréquemment iso- 
zoïques 0). M. Dieulafait le reconnaît du reste lorsqu'il se 
base sur la récurrence de faune [tour combattre la désignation 



(1) V. surtout Greppin, 1870, p. 77 et 100. 



— 214 — 

de Glypticien (p. 118). J'ai donc été fort surpris qu'après 
avoir affirmé qu'on Argovie la couche à Am. tenuilobatus 
est au-dessous des couches à Hemicidaris crenularis (H, 
M. Dieulafait puisse dire (p. 140) : a De cette façon tout 
rentre dans l'ordre et on voit surtout disparaître la récurrence 
de [aune, cette autre calamité de la géologie actuelle, V un des 
produits directs et fatals de la théorie des faciès. » 

Gomme résumé je donne le petit tableau suivant en faisant 
remarquer que le trait oblique qui sépare les deux faciès de 
l'Oxfordien n'indique pas le parallélisme de détail, mais le 
mode de superposition développé dans la planche II. 



(t) V. les pages 139 et 142 où c'est écrit en toutes lettres. 



Faciès franc-comtois. 



Jura occidental et méridional. 



DlEl'LAFAlT 


Cho] 


? FAT. 


Etallon 
1857. 


Dieulafait 
Montépile. 


Dieulafait 
Pontet, Crozels 




Portlandien. 


Portlandien. 


Corallien. 




Ptérocérien. 


Couche de Valfin. 


Dicératien. 


Astartien. 


Couche à Am. tenuilobatus. 


Calcaire co- 
rallien. 


A. tenuilob. 


Corallien. 


Pvauracien ou Corallien. 


Couche de Wangen. 




Glypticien. 


Glypticien ou couche à Hem. crenularis. 


A. tenuilob. 


Couche à \ Couche du Geissberg. 
Pholarîomya exaltata. \ Couche d'Effingen. 
Couche à A m. Renggeri. \ C. de Birmensdorf. 


Argovien. 


A. tenuilob. 


Spongitien. 



TAULE DES MATIÈRES. 



INTRODUCTION. 

Division de la chaîne «lu Jura — Nécessité de monographies locales. — 
Les faciès des lorrains jurassiques. — Côlè interne et côté externe de 
la chaîne. — Synonymie straligraphiquo. — Horizon, zone, couche et 
niveau. — Echelle de t'réqueueé 81 

Liste des auteurs cités en abrégé 87 



P« PARTIE. 

STR ATir,RA*PH IE ET PARALLÉLISME. 



CHAPITRE I™. — Étage callovien. 

Pag. 

Callovien I ou Horizon de l'Am. macrocephalus. — Ses deux faciès. 

a) . Dalle nacrée. — Synonymie. — Description. — Besancon. — 
Fpcugney. — Ornan s. — Salins. — Coupe de Clucy. — Champa- 
gnole. — Augisey. — Trelfort 8!) 

b) . Faciès à aolites ferrugineuses. — Synonymie. — Description. — 
Clairvaux. — Parallélisme avec la dalle nacrée. — Saint-Claude. 
Saint-Ramberl. — Mont-du-Chat. — Coupe de Lucey. — Coupe de 
Chevelu m 

Faune |5 

Parallélisme dans le Jura bernois et nenchâtelois. — Rôle strati- 
graphique du W. digona et du Rhync. varians % 

Callovien IJ ou Zone de l'Am. anceps et ue l'Am. atiileta. — Sy- 
nonymie. — Séparation en deux niveaux 101 

Niveau de l'Am. anceps ou Callovien II a. — Description. — Besan- 
çon. — Ornans. — Epeugney. — Salins 1 . — Champagnoie. — Clair- 
vaux. — Cressia. — Loisia. — Meillonnaz. — Gonfranchette. — 
Coupe de Valfin-sur-Valouze. — Saint-Rambert. — Mont-du-Chat. 

Faune 103 

Niveau de l'Am. atiileta ou Callovien 11 b. — Description. — Be- 
sançon. — Dournon. — Prénovel. — Saint-Claude. — Nanlua. — 
Gonfranchette î 04 

Faune 106 



— 217 — 

Pag. 

Localités présentant un aspect particulier. — Aiguilles de Beaulmes. 

— Chaîne du RecuIeL — Coupe de la Fontaine-Napoléon. — Fort 

de l'Ecluse 107 

Considérations sur l'ensemble du Callovien ; ses rapports avec le 
bathonien 109 

CHAPITRE II. — Étage oxfordien. 

De l'étage argovien. — Faciès de l'Oxfordien , 110 

Couches a Am. Renggeri. — Synonymie, — Description. — Limites 

horizontales 112 

Faune U3 

Couches a Pholadomya exaltata.— Synonymie.— Coupe de Chassey 
et de Fontenois-les-Montbozon. — Coupe de Patente. — Place 
stratigraphique du terrain à chailles. — Plioladomyen. — Confu- 
sion avec les couches du Geissberg. — Limites verticales et limites 
horizontales 117 

Faune , 123 

Couches de Bihmensdorf. — Synonymie. — Description. — Limites 
horizontales. — Banc d'Hexactinellides reposant sur le Callovien : 
Fort de l'Ecluse, Mont-du-Chat, Saint-Claude, Virieux-le-Grand. 

— Reposant sur les marnes à Am. Renggeri ' Billode, Trept. — 
Reposant surjes couches à Phol. exaltata : Saint-Rambert, Nan- 
tua, Mont-Rivel , Andelot. — Prolongement do ces couches en 
dehors du banc d'Hexactinellides 128 

Faune 133 

Couches d'Effingen. — Synonymie. — Description. — Nécessité de 
la séparation des couches du Geissberg. — Faciès pyriteux. — 
Chatelneuf. — Saint-Sorlin. — Saint-Claude. — Ceysériat. — Snint- 
Rambert. — Dénonce. — Virisieu. — Trept. — Virieux-le-Grand 

— Mont-du-Chat. — Considération sur la faune. — Doux niveaux 

à W. impressa; leur confusion par plusieurs auteurs 13G 

Couches du Geissbisug. — Synonymie. — Description. — Chatelneuf 

— Saint-Claude. — Chaîne du Noirmont (Vaud). — Bugey W'A 

Faune des couches d'Elïïngen, du Geissberg et du faciès vaseux de 

l'horizon de l'Ain, bimammatus 145 

CHAPITRE III. — Jurassique supérieur. 

Horizon de l'Am. bimammatus. — Synonymie. — Ses faciès 148 

a) . Faciès à Polypiers ou Glypticien. — Coupe de Val-Dessus 150 

b) , Faciès vaseux à Myacôcs 152 

c) . Faciès grumeleux, 1 52 



— 218 — 

d) . Faciès grumeleux à Uexaclincl Iules 154 

e) . Faciès mar no-calcaire à Hcxactinellhlcs, Récurrence des faunes. 155 
Absence de fossiles au Mont-dn-Gliat où les couches à Ain lenuilo- 

batus semblent reposer sur l'Oxfordien. — Calcaire à chaillles de 
M. Faisan 157 

CHAPITRE IV. — Passaue du faciès franc-comtois 

AU FACIÈS ARGOV1EN. 

Couches du Geissberg et d'Ellingen comprises entre deux niveaux à 
faune du Glypticien. — Explication de la planche II 150 

Profil analogue dans le Jura bernois. - — Explication par l'hypothèse 
d'un mouvement de bascule 1G2 

CHAPITRE V. — Résumé. 165 
II e PARTIE. 

PIÈGES JUSTIFICATIVES. 



CHAPITRE I. — Note sur les marnes de champ-forgeron. 168 

CHAPITRE IL — Coupes locales: 

N° i. Coupe de la Billode à Ghatelneuf, par M. Girardot 170 

2. — de Prénovel 176 

3. — d'Andelot-en-Montagne 177 

4. — de Dournon 178 

5. — du Bief-des-Laizines au Crouzet 181 

6. — de l'Abergement-du-Navois 182 

7. — du Creux-du-Crouaz 183 

8. — du Col de Saint-Crispin, près Indrieu 184 

9. — de iiupieu 185 

10. - d'Evoges 186 

CHAPITRE III. — Observations sur quelques-unes 
des espèces citées. 

Belemnites semisuleatus Mu. — B. pressulus Qu. — B. Royeriantis 
d'Orb. — Aptychus Berno-jurensis Th. — Ammonites cordatus 
var. — Am. Arolicus Opp. — Am. sp. nov. alT. hispidus. — Ain, 
afî. denticulatus. — Am. Renggeri Opp. — Ain. crenatus Brug. — 
Am. Bruckneri Opp. — Am. afT. Erato. — Am. convolutus im- 



— 219 — 

Pag. 

pressa Qu. — Ain aiï. Rhodanicuy. — Ain. Achilles d'Orb. — Am. 
bimammatus Qu — Cardiinn nov. sp. — Ostrca Blandina d'Orb.— 
Waldheimia obovala Sow. sp. — W. digona Sow. sp. — W. Mœs- 
chi May. — Terebr. Etalloni ChofT. nov. sp. — Spongiaires 188 

SUPPLÉMENT 
AUX COUCHES A AMMONITES ACAKTUICDS DANS LE JURA OCCIDENTAL. 

Rauracien. Les Bouchouxet Creux-du-Crouaz. — Zone de l'Ain, te- 
nuilobatus. Apparition des Polypiers. — Corallien de Valftn et 
Ptérocérîen des Sèches 199 

RÉPONSE A LA NOTE DE M. DlEULAFAIT 203 



Table des matières 



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